Les révélations sur l’idéologie néonazie de Quentin Deranque mettent l’Assemblée nationale dans l’embarras.

La minute de silence en hommage à Quentin Deranque avait provoqué un malaise chez certains députés. C’est encore plus le cas après les révélations de Mediapart sur ce militant néonazi.

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Le 17 février, l’Assemblée rendait hommage à Quentin Deranque avec une minute de silence. Trois jours plus tôt, ce jeune militant d’extrême droite était décédé à Lyon après une altercation avec un groupe antifasciste, événement qui avait percuté de plein fouet la campagne municipale. La commémoration parlementaire avait mis mal à l’aise certains députés de gauche.
Moins d’un mois plus tard, la gêne est encore plus justifiée, après les révélations de Mediapart sur l’activité numérique de ce militant d’extrême droite. Le site a retrouvé des milliers de posts, notamment sur X, dans lesquels il multiplie les propos racistes et antisémites et nostalgiques du nazisme comme «On veut le fascisme», «Moi je soutiens Adolf, mais chacun son truc».
Il trouvait aussi «très bien» que le RN ait été fondé par des Waffen SS. Ou encore sur l’Allemagne : «On les a trop culpabilisés d’avoir eu une excellente utilisation des réseaux ferrés.»
«Vraiment, je suis content de ne pas m’être rendu à ce scandale», nous confiait Pouria Amirshahi, quelques jours après la minute de silence. Le député écolo «assume» d’autant plus après ces nouvelles informations : «Je n’ai souhaité et ne souhaite jamais la mort de personne, mais ces révélations confirment à quel point honorer la mémoire d’un nazi était une déchéance morale qui a sali la République. Décidément, cette minute de silence ne m’aura pas manqué.»
«On avait demandé qu’elle soit plus large que Quentin si elle devait avoir lieu», nous rappelle un député PS qui, lui aussi, avait boycotté l’hommage et regardé le moment depuis son bureau du Palais Bourbon. Et le même de regretter que la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet a «cédé à Ciotti et à la pression médiatique».
«Il ne s’agissait pas d’héroïser un jeune homme d’extrême droite mais de dire qu’on ne peut pas mourir pour ses idées», ajoute un cadre de la gauche à l’Assemblée qui reconnaît toutefois avoir été «estomaqué qu’on ait fait ça».
(Il n'est pas mort pour ses idées, il est mort d'avoir cherché la bagarre et d'avoir perdu NDLooping)
«Le chantage à la fois politique, médiatique et émotionnel qui a été imposé par Ciotti [à l’origine de la demande de la minute de silence au nom de son groupe UDR, ndlr] et le RN est typique de la fourberie dont l’extrême droite s’est toujours rendue capable. Que la présidente de l’Assemblée y ait cédé avec tant de facilité dit tout d’une époque où les esprits se fragilisent. Nombre de démocrates sincères ont été pris au piège de la sidération et de ce chantage», poursuit Amirshahi.
«La présidente de l’Assemblée est horrifiée par ces révélations», répond à Chez Pol l’entourage de Braun-Pivet, rappelant que «la minute de silence a été adoptée à l’unanimité en conférence des présidents avec même un avis favorable de Mathilde Panot». (ce baiser de la mort)
L’hommage était «lié au contexte de grand émoi», poursuit-on, avant d’ajouter : «Rendre hommage à un jeune homme mort de manière violente ne signifie en aucun cas approuver ses idées ou ses propos. Ces hommages rappellent le rejet de la violence par l’Assemblée.» Mais tous les présidents de groupe ne sont pas de cet avis. L’un d’eux reconnaît qu’il «n’a pas fait preuve d’un grand courage», en refusant de s’opposer à la minute de silence demandée par Ciotti.
«Une lâcheté collective», appuie-t-il, «y compris de la part de Panot sous la contrainte du moment». Mais plus que le profil politique de Deranque, celui-ci pointe la multiplication des «minutes de silence» et cible Braun-Pivet. «Elle se soumet à toutes les injonctions du temps. Avec Bartolone ou Debré, c’était pour les militaires ou les agents du service public en fonction, point barre. Ça permettait de se prémunir de ce genre de conneries.»
«Ça rejoint une réflexion plus globale sur les règles des minutes de silence. On a l’impression qu’elles sont à géométrie variable. Il y a une forme compassionnelle et émotionnelle en permanence», regrette un autre président de groupe qui insiste sur le fait qu’il «faut toujours être vigilant sur les réactions trop rapides sous le coup de l’émotion».

Sur X, le patron du PS Olivier Faure, après avoir rappelé que «le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque», a fustigé une droite et une extrême droite qui ont «cherché à transformer en héros un jeune néonazi» : «Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros.»

(une victime qui cherchait la bagarre, encore)

Et côté RN alors ? On était allé très loin dans l’éloge du militant néonazi à l’instar du vice-président Sébastien Chenu. Le 6 mars, pendant un meeting de soutien à Matthieu Valet, candidat à Lille, il dédiait son discours à «ce jeune homme qui a laissé sa vie pour défendre des idées […] pour en réalité défendre nos idées [sic] ou défendre plutôt l’idée qu’il se faisait de notre pays».
Après les révélations de Mediapart, Chenu esquisse un début de mea culpa, chose inhabituelle dans les rangs de la formation d’extrême droite. «Si ce type d’engagement était confirmé et ou si ce type de propos l’étaient tout autant, ils m’amèneraient à reconsidérer mon propos évidemment», déclare-t-il à Chez Pol.
La participation de Deranque à la marche néonazie du C9M avait pourtant été documentée dès le lendemain de sa mort, ne laissant aucun doute sur ses convictions politiques au moment où Chenu faisait son éloge à Lille.
Les autres représentants du parti joints par Chez Pol déplacent le sujet malgré les nouvelles preuves de l’idéologie de Deranque. «Que Mediapart fasse la chasse aux victimes plutôt qu’aux assassins n’a rien de surprenant, quand on sait qu’Edwy Plenel participait fièrement à des événements aux côtés de la Jeune Garde», persévère l’eurodéputé Pierre‑Romain Thionnet, qui ajoute :
«Le seul regret que j’ai est de n’avoir pas davantage pointé dans mon intervention la responsabilité de journalistes comme ceux de Mediapart ou leurs confrères aux méthodes antifascistes dans la mort de Quentin.»
Thionnet, cofondateur du syndicat la Cocarde étudiante, mis en cause dans plusieurs affaires de violences, était l’un des orateurs lors de l’hommage rendu à Deranque, le 15 février. Le 28 février, ce proche de Jordan Bardella récidivait en déposant une gerbe, accompagné des militants de RNJ 69, sur les lieux du meurtre.

@Looping
"Sur les lieux du meurtre" il y a 2 lieux pour un même "meurtre"! C'est ça?
Où il y a d'autres lieux du "meurtre" que le lieu de la bagarre où avait tendu l'embuscade des fascistes et deranque contre des antifascistes et celui de son malaise à 2 km de là qui l'a conduit (eeenfin) aux urgences?

Dans tous les cas 2 ou + lieux du "meurtre" C'est une première mondiale, une découverte pour notre perception de la réalité de notre espace temps!! Wouah cette histoire est décidément incroyable

@mo ouais bon j'ai pas écrit l'article. Mais déjà parler de meurtre c'est donner une catégorie judiciaire qui n'existe pas encore.
Mais je suppose que c'esr scène de crime va du coup fatal est la ou il est mort ouais.
@Looping
Oui c'est ce que je voulais dire... Le "meurtre" n'est pas défini et même plutôt pour l'instant contredit par le déroulé des circonstances et puis tout ce déballage, même l'emploi du pluriel, est bien un gonflage artificiel de ce qui c'est passé qui en définitive, comme il est rappelé depuis par énormément de médias et personnes, ce décès n'est que le deuxième depuis 30 ans alors qu'illes (les fascistes) ont un certain nombres d'assassinats à leur actif dans la même période
Bref quoi!