hé la team historien·nes, j’ai une question.

J’ai appris que dans la Rome antique, en raison du type de constructions très inflammables les foyers étaient interdits, et donc il y avait beaucoup de cuisines / restaurants dans la rue.

Dans un contexte de villes denses, depuis Rome jusqu’à maintenant, pour le peuple (et pas spécialement pour les riches qui avaient cuisiniers à domicile), à quel point est-ce que la pratique de “cuisines commune”, “cantines”, “restaurants” était répandue ?
En fait ma question est plutôt : est-ce que le fait de cuisiner chez soi était courant ?

@joachim j'ai répondu sur le sujet des fours banals et de la féodalité médiévale mais j'ajoute un autre exemple qui répond plus directement à ta question : au XIXe les Maisons du Peuple, un "espace d'entre-soi ouvrier", par et pour la classe ouvrière, où dans certains cas (notamment dans la première du genre) on fait pleins de trucs mais notamment on achète la nourriture en gros et on la transforme pour la partager (source https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2012-4-page-583?lang=fr#s1n2)
@Julianoe génial, merci ! Et justement l’angle de l’économie énergétique m’intéresse particulièrement dans ma question originale (sans la mentionner directement)
@joachim dans le monde ouvrier du 19e, on a pas de quoi préparer à manger en avance, on cuisine et on mange au jour le jour, et dans certains lieux et époques, la pause de midi ça n'existe pas. Ou alors le domicile est trop loin pour y rentrer manger (quand on charbonne pendant 70h par semaine, c'est chaud). Du coup on "casse la croûte" directement à l'usine ou dans la mine... Il faut se rappeler que la cuisine ouvrière est ... rudimentaire.
@joachim
Du coup on comprends TRES BIEN en lisant tout ça la révolution pour la vie que c'est de mettre en commun la cuisine dans les cantines ouvrières.
à lire : https://books.openedition.org/editionsmsh/8136
Le temps consacré à l’alimentation par les familles ouvrières en Europe aux xixe et xxe siècles

L’alimentation de la classe ouvrière en Europe au cours des XIXe et XXe siècles a fait l’objet de recherches suffisamment nombreuses pour que l’on puisse repérer les traits essentiels de son évolution. Un de ses aspects reste cependant presque inexploré, à savoir le temps consacré à la production des aliments, à l’approvisionnement, à la cuisine, au repas, et aux activités domestiques relatives à la préparation et à l’organisation de ceux-ci. Il s’agit pou

@joachim ça a un double lien avec la question de l'économie énergique : parce qu'il faut aussi payer le charbon quotidien pour se chauffer/cuisiner et l'énergie/le temps pour le faire (on est pas dans les années 50-60, à l'époque les femmes travaillent comme les hommes et leurs enfants les plus "vieux" aussi). Si tu n'as pas de quoi payer le charbon, tu ne cuisines pas chaud.

Avoir accès à une cantine coopérative à bas prix on imagine assez bien à quel point ça change la vie.

@joachim je trouve le second article super intéressant car il met en exergue un truc : la culture et les pratiques culinaires populaires dont on est les héritiers (ils citent l'exemple du repas et de la cuisine du dimanche), viennent notamment de la réduction du temps de travail de la toute fin du 19e et début 20e. Le temps "retrouvé" a notamment été consacré à la cuisine et au temps du repas.