Chers fols gauchistes de ce réseau (composé a 90% de handifols donc je fais confiance)

C'est quoi les endroits / orga / sujets de militante qui pour vous sont compatibles avec la folie?

De mon expérience j'ai l'impression que tout ce que j'ai testé dans ma vie (association queer ou feministe ouverte, collectifs pédé.e.s ouvert, groupe semi-affinitaire sur les VSS) fini par me faire vriller complet à un moment, parce que je reste profondément inadapté.

Est ce que ya des moments/façons de militer qui vous font pas vriller?

Et si j'essaie d'analyser ce qui me fait vriller c'est souvent le sentiment d'exclusion, de mise au banc, d'être le fou du groupe, ou le rabat joie du groupe (sur autodéfense sanitaire notamment), ou le problématique du groupe.

Et dans certains groupe je suis trop radical et dans d'autre pas assez.

Aussi dans les milieux totos le fait d'être autiste (peerdiag) et donc poser plein de question, être radicalement honnête, mettre les pieds dans le plat etc me rend suspicieux ou pénible.

Mais dans les trucs plus organisé je suis pas assez fiable ou performant

Plutôt quand je réfléchis aux fols autour de moi bah je constate que
soit iels se sont jamais mis.e.s dans quelquonque groupe/orga militant,
soit y ont été et sont en pause / en train de partir,
soit encore a fond dedans mais en burn out
soit complètement hors milieu

Et aussi plutot les fols que je connais qui perdurent dans des orga cest aussi des fols qui arrivent a tenir un travail et qui sont plutôt fonctionnels la plupart du temps, et le militantisme cest du bonus

Alors que moi plutot cest toute ma vie depuis 6 ans et là je me demande si c'est pas délétère pour ma santé mentale lol

Bref j'attends sincèrement des retours d'expérience car ca me travaille énormément en ce moment, notamment parceque je suis on the verge d'une crise psychotique A CAUSE de bails militants et c pas la première fois que ca m'arrive

@Maeltem_ là où j'ai pu m'investir le plus c'était un lieu où j'étais pas indispensable, je venais sur une plage de temps définie (lieu physique à ouvrir) qu'on redéfinissait chaque semaine et je pouvais m'investir dans des tâches en plus ponctuellement mais c'était pas une obligation

j'ai prévenu dès le début que j'étais pas fiable, je le fais toujours, personne me croit mais à un moment donné tant pis

c'est quand je me suis investi plus que ça a été difficile

sinon, m'investir dans les trucs qui m'intéressent pas trop, j'y arrive beaucoup mieux mais c'est pas satisfaisant

@Maeltem_ J'aimerais trop avoir des pistes concrètes aussi pour me remettre dans l'associatif.

Les 2 fois que j'en ai fait c'était une asso zéro déchet où c'est trop le bins avec des trucs de dernières minutes en mode on était pas assez et c'était épuisant... et ensuite j'avais fait partie d'une boutique associative artisanale et pareil j'ai jamais réussi à poser mes limites. J'étais toujours en dehors de moi-même et c'était pas assez structuré.

Le problème c'est que j'ai grave envie de m'y remettre parce que mille trucs m'intéressent mais j'ai peur de devoir compter que sur moi-même pour que mon handicap soit pris en compte, ça me fout dans le mal...

@Maeltem_ tu veux des retoots ?

moi d'avoir une tâche fixe, travailler ensemble sur un cadrage, ça m'aide
ne pas avoir trop de taf, ça m'aide (mais ça fluctue selon les besoins donc des fois je fais aaaah et je me remets en marche après une ou deux semaines)
(je bosse pas à côté)
pas trop de réunions (1 par mois c'est bien), mais se tenir au courant des avancées
limiter le courrage dans tous les sens

@Zeph retoot: en vrai oui je veux bien si ça fait un peu parler des gens

Sinon: je vois ce que tu veux dire aur avoir des mandats et taches claires, je crois que justement je suis trop dans des bails autogestionnaire/toto ou ya pas de mandat et tlm fait un peu tout tout le temps, et je crois que sans cadre ca me fait un peu vriller justement!!

@Maeltem_ l'autogestion c'est pas non plus censé être le bordel X_X (fin genre ARRA c'est de l'augestion et y'a quand même des mandats sur les trucs qui font tourner l'asso)
@Zeph mdr ouais bah jai pas trop trouver d'endroit d'autogestion ou l'autogestion etait bien faite au long terme... plutot ca fini par reposer sur les personnes les plus valides ou apte a performer (dont souvent je fais parti, jusqu'à ce que burn out ou phase dep...)
@Maeltem_ ce qui marchais le mieux pour moi ct une orga plateformiste ou gt engagé à côté d'amis/colocs/partenaires psk on pouvais alterner qui allais aux AG, se filer nos mandats et débriefer ensuite, y avait une rigueur sur les CR de l'orga et des inter-orga donc je pouvais sand avoir une implication constante être au courant des actu et savoir exactement où me rendre utile. Dès que j'ai plu eu de binome/trinôme affinitaire ça s'est compliqué pis aujd elle existe plu.
Je suis sans doute aujd dans la catégorie j'arrive à tenir un job et faire ça en bonus, je trouve des endroits ou je peux m'investir sur du concret et ponctuel, en mode là aujourd'hui, cette semaine ou pendant 2 mois je suis sur ça, ensuite on verra.
@Ortie franchement je me pose la question en ce moment de mon incapacité aussi à faire du militantisme avec de laffinitaire pcq du coup ca fragilisé aussi la lutte quand ya des conflits etc. Genre a la théière si les anciennes sont parties c pcq elles étaient en groupe affinitaire et elles peuvent râler ensemble sur les pénibles sans trop rendre des comptes ou regler les conflit tu vois
@Maeltem_ oue moi j'ai toujours eu un truc assez clair de j'ai besoin d'avoir des camarades de qui je suis proche affinitairement mais j'essaye de faire gaffe que mes affinités amoureuse/amicale aient pas d'impact sur les collectifs, si je fais des projets avec des gens psk c des amis faut q ce soit des projets temporaires

@Maeltem_ Moi j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'endroit qui soit réellement adapté pour les handifols. Je suis dans une asso de manière assee irrégulière mais c'est vraiment parce que sur le temps long (3 ans) je persévère à être présente et à faire des petits trucs que j'arrive à y trouver une place, je crois.

Au début je me sentais en décalage complet et globalement je ne comprenais pas les interactions sociales au sein de l'asso (comme dans la plupart des autres domaines de la vie). Mais j'en ai parlé de manière direct à une ou deux personnes et puis ça s'est arrangé de manière étonnamment simple. Mais pour moi c'est vraiment le temps et la maturité qui a fait que je me sens mieux dans des collectifs.

Aussi j'aime beaucoup les gens de cette asso sur le plan personnel.

@Maeltem_ ma cantine : on prend des rôles de fond pour 2 mois (ensuite ça tourne) et des respos d'event au cas par cas, ça tourne à fond, et on est beaucoup, ce qui permet à des gens de pas beaucoup venir, voire pas du tout pendant le temps qui leur est nécessaire pour faire des pauses!! On se fait des check-up internes de temps en temps et on essaie d'être clair.e.s sur l'énergie qu'on peut mettre ou si on sait pas justement
@Maeltem_
J'ai envie de dire les groupes militants anti-validiste, c'est là où je me suis senti le plus integré entendu respecté utile.
Mais peu importe les collectifs même handi ou non, le collectif c'est jamais confortable. Il y aura toujours des dramas, des histoires d'égo, des quiprocos. C'est usant mais faut passer outre pour garder en vue le plus important les objectifs qu'on défend.
Moi ça a fait exploser mes certitudes.
Mais honnêtement avec #emsfc et les handicap psy. La majorité des périodes ou j'ai fait de la militance en collectif IRL, ça c'est toujours traduit par des burn-out.
@oblio @Maeltem_ Je pense que je peux passer outre les quiproquos, les conflits etc moi c'est vraiment l'organisation structurelle des tâches et du collectif qui m'a miné super fort. Genre j'ai l'impression c'est toujours désorganisé sans planification. Quand tu veux cadrer tu passes pour le rabat-joie alors que ça allégerait tout le monde valides compris :/
@Maeltem_
je suis pas très doué pour la mesure donc quand j'arrive dans un groupe ça devient ma vie et moi non plus j'ai pas d'autre travail donc je me surmène très facilement
là dans le collectif où je suis depuis juin j'y trouve une remise en question générale, ça veut pas dire que tout est parfait parce que les dynamiques de groupe c'est complexe, mais par exemple la RdR covid peut réellement être un sujet depuis janvier et ça me soulage en partie au moins sur ça parce que ouais les camarades sont sympa mais bah je me suis quand même senti très seul avec mon masque et le fait que la socialisation du groupe passe beaucoup par aller boire des coups après les réunions alors que je suis déjà bien saturé