Pollution et gestion de l'eau : le massacre macroniste
Un sujet passe étrangement sous les radars ces derniÚres semaines : le gouvernement est en train de totalement démanteler 40 ans de politiques progressives (et transpartisanes) de protection des ressources en eau.
C'est un monstrueux scandale sanitaire, écologique et démocratique, juste pour plaire à l'agro-industrie. Les conséquences sont gigantesques et multiples, ça devrait faire la "une" de tous les journaux.
Edit [09 mars 20026 à 9h20] pour préciser :
Comme l'article se concentre sur le blocage gouvernemental du SAGE "Vilaine", j'ajoute que mon commentaire gĂ©nĂ©rique renvoie plus largement Ă des reculs structurels extrĂȘmement prĂ©occupants, rĂ©cents ou en prĂ©paration :
đ abaissement des seuils de pollution de l'eau (pour garder "potables" des eaux qui ne devraient plus ĂȘtre distribuĂ©es),
đ rĂ©forme des CLE ("commissions locales de l'eau", instances remarquables de dĂ©mocratie locale et de concertation constructive) pour augmenter la reprĂ©sentation agricole et industrielle, et en faire des lieux de conflit et de rapport de force au profit de l'agro-industrie,
đ rĂ©duction de la protection des aires de captages d'eau potable,
đ rĂ©duction de la protection des zones humides,
đ abandon des fondements principaux de la directive europĂ©enne "Nitrates" (qui est l'un des seuls rĂšglements protecteurs de l'eau depuis 40 ans, mĂȘme si son application trĂšs imparfaite en France est pointĂ©e du doigt par les instances de contrĂŽle de l'UE).
Sur la directive Nitrates comme sur d'autres dossiers européens de pollution de l'eau par les pesticides (rÚgles d'évaluation) ou de protection de la biodiversité (dans la PAC), la France est l'un des pays les plus actifs en faveur du démantÚlement.

« Le gouvernement Lecornu actionne tous les leviers pour empĂȘcher les collectivitĂ©s de protĂ©ger leur eau, au risque de piĂ©tiner lâEtat de droit »
En instaurant un moratoire sur toutes les dĂ©cisions concernant la politique de lâeau, lâexĂ©cutif fait une nouvelle fois primer les desiderata de lâagro-industrie sur lâintĂ©rĂȘt collectif, relĂšve, dans sa chronique, StĂ©phane Foucart, journaliste au service PlanĂšte du « Monde ».

