Eloge farfelu de la paranoïa, philosophie du doute poussée jusqu'à l'absurde ou véritable délire complotiste ?

Je me garderai bien de trancher et souhaite bon courage aux futurs historiens et biographes qui se pencheront sur la vie et l'œuvre de Robert Crumb. En attendant, on peut lire ses "Chroniques de la paranoïa" récemment sorties chez Cornélius, et en complément utile son entretien avec Marie Klock paru dans Libération.

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Chroniques de la paranoïa | Editions Cornelius

• Robert Crumb • Collection Solange • 40 pages en noir • 22 x 29 cm • Couverture souple Crumb est-il réellement aussi paranoïaque que tout le monde le dit ? Ou bien est-ce simplement ce qu’ILS veulent que vous pensiez ? Dans Chroniques de la Paranoïa, le dessinateur de 82 ans sort de sa retraite pour explorer en profondeur les mécanismes à l’oeuvre dans son esprit torturé. À travers douze histoires inédites — dont le dernier épisode de Dirty Laundry, dessiné par Crumb sur un scénario coécrit avec Aline Kominsky-Crumb avant sa disparition en 2022 — l’artiste plonge dans les terriers de lapin d’Internet et de la presse écrite pour interroger la frontière ténue entre esprit critique et théorie du complot. Mêlant mémoire intime, essai, pamphlet et méditation obsessionnelle, Crumb s’emploie à décortiquer les informations qu’il accumule, comme pour tester la solidité de ses propres peurs. Ses angoisses trouvent peut-être racine dans une enfance marquée par une mère au système nerveux fragilisé par une consommation régulière d’amphétamines. Ou bien dans ce mystérieux bad trip au LSD, en 1966, dont il ne garde aucun souvenir conscient. Mais une chose est certaine : Robert Crumb se méfie viscéralement de l’autorité et du discours officiel. À travers l’autobiographie, la satire et l’analyse sans complaisance de ses propres névroses, Crumb transforme ses obsessions en une matière artistique dense et troublante. Avec Chroniques de la paranoïa, il nous invite à rester vigilants, à questionner sans relâche les récits dominants et à déceler, derrière le vernis d’un langage policé, les rapports de pouvoir qui façonnent notre vision du monde.

Editions Cornelius