#vendredilecture avec deux romans historiques qui traitent du même sujet (la persécution des chrétiens au Japon du 17e siècle) à plus de 50 ans de décalage de parution : « 沈黙 » (muet, silencieux) de #遠藤周作 #EndōShūsaku (lauréat du prix Tanizaki en 1966) et « パシヨン » (passion) de #川越宗一 #KawagoeSōichi (prix Chūōkōron 2023). Je lis le premier en allemand, « Schweigen », traduction par #RuthLinhart datant de 1970 mais qu’elle a corrigé et augmenté personnellement pour la réédition en 2025 au Septime Verlag à Vienne. Le deuxième ne peut être lu qu’en japonais, je ne pense pas qu’il existe de traductions d’œuvres de #川越 #Kawagoe, dans quelque langue que ce soit. 1/3
C’est au niveau des personnages qu’on voit les différences entre les deux approches. #Endō parle des jésuites portugais et du véritable calvaire qu’ils subissent pendant la première moitié du 17e, après la fin de la 戦国時代, l’ère des rivalités féodales et des guerres interminables pour la suprématie dans le pays, mis à terme par la prise de pouvoir du shogunat des Tokugawa, avec sa répression intérieure et l’isolement total du Japon, le 鎖国 (sakoku, fermeture du pays) qui durera jusqu’au mi-19e – la pratique religieuse chrétienne n’a été rétablie légalement au Japon qu’en 1873. Le livre a été re-popularisé par le film « Silence » de #MartinScorsese en 2017. 2/3
#Kawagoe écrit sur le personnage historique de Konishi Mancio (マンショ小西), petit-fils d’un daimyō, banni à Kyūshū avec sa mère suite à la bataille de Sekigahara, exilé à Macao puis parti en Europe, étudiant à Coimbra, adhésion aux jésuites, retour au Japon en 1632. Ce dernier des prêtres catholiques japonais ordonnés par Rome fut exécuté en 1644, par 穴吊るし, méthode très violente de torture par suspension avec la tête en bas. Le point de repère commun des deux écrivains est l’inspecteur (et amant) du shogun, persécuteur fervent des chrétiens, mais en même temps le principal artisan des échanges culturels et commerciaux avec l’Europe : Inoue Masashige (井上政重). 3/3