Attention, long thread en miroir de l'article ci-dessous sur mon évolution personnelle par rapport à la question de l'avion, en particulier dans ma vie pro

https://freakonometrics.hypotheses.org/87730

En faire des tonnes pour quelques grammes

Même s’il me démange depuis des mois (des années?), j’écris ce billet un peu à reculons. Il me gêne, il me tire par la manche, et je le repousse depuis. D’abord parce qu’il est inconfortable. Ensuite parce qu’il touche à une problème où le monde universitaire est étrangement incroyablement polarisé. L’avion (dans un contexte de … Continue reading En faire des tonnes pour quelques grammes →

Freakonometrics

Il y a quelques années, je me posais 0 questions. Je voyageais déjà pas mal avant de commencer une carrière académique, et ça me plaisait et je partais loin dès que c'était possible. Et la vie universitaire m'a attiré aussi pour ça.

Pendant ma thèse, puis en post doc à l'étranger, j'ai beaucoup bougé, j'avais à peu près toujours une réservation d'avion en attente avec au moins 1 traversée de l'Atlantique par an, souvent 2 ou 3.

Ça a contribué à me faire connaître, à faire connaître mon travail, à mettre en place des collaborations et relations de travail.

Lors de ma prise de poste en 2014, personne ne parlait de réduire l'avion et pas même tellement de réchauffement climatique. J'ai continué à pas mal voyager même si un peu moins du fait de mes obligations sur place, genre enseigner.

Puis comme les choses évoluent et que je me renseigne et m'informe, il a commencé à m'apparaître qu'il y avait un (gros) problème et qu'il allait falloir collectivement réduire beaucoup les émissions et ça passait par réduire ou arrêter l'avion.

Prise de conscience assez douloureuse au niveau individuel vu l'habitude que j'avais prise de ce mode de vie.

À peu près au moment où je commence à me poser des questions, il se passe 2 trucs : j'ai un bébé en 2019 et le covid arrive en 2020 donc je suis forcée de réduire fortement les déplacements.

En 2021 et 2022, je reprends et je pars vivre 1 an au Canada ce qui implique encore des vols transatlantiques. En 2023 et 2024 je commence à changer mes habitudes, à chercher des alternatives, je me désengage de certaines choses qui impliquent des voyages.

2025 doit être la première année depuis peut-être 15 ans voire + où je n'ai pas pris l'avion. Je n'ai pas décidé d'arrêter de façon définitive mais je réduis beaucoup et j'essaie de voir.

@pyviv Merci de partager vos réflexions, avec certaines interrogations que je partage. Plusieurs choses me gènent cependant dans le raisonnement et notamment la règle du 1 trajet/an/personne. Cela donne l'impression que le déplacement est une gratification individuelle pour le chercheur alors qu'il faut surtout se poser la question de son utilité pour sa mission (de recherche). Bref c'est une vision de la recherche qui me semble découplée des attentes de la société (qui nous paye).
@jnmrcdvl je parle de cette règle au niveau de mon laboratoire et je simplifie un peu aussi, c'est une réflexion et un travail en cours pour déjà amener l'ensemble des membres à questionner leur pratique