Il y a longtemps que je me pose des questions sur mon côté un peu “à côté”. Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours vécu à côté des autres, dans un monde un peu à part. Toujours en décalage avec le reste du monde. Ça s’est arrangé avec les années surtout parce que je suis entourée de gens plus ou moins comme moi. N’empêche, j’ai tjr voulu comprendre pourquoi. Un jour, on m’a orienté vers le HPI. Alors j’ai passé le test chez une psy. QI plus gros qu’une large majorité de mon rang percentile. Mais selon elle, zéro certitude quand au fait que je sois HPI ou non. ⬇️
Retour à la case départ. L’impression aussi d’être au pas d’une porte dont on ne veut pas m’ouvrir l’accès. Je suis encore à la marge des autres. Bon. Au moins, le haut QI explique en partie ma marginalité dans ma jeunesse. Et puis la vie faisant, je réalise que dans ma famille (et ma belle famille) il y a des gens avec des traits très caractéristiques du spectre autistique. Je ne pense pas l’être. Ou alors à un niveau très très très léger. Et puis je constate aussi : j’ai des routines. ⬇️
J’ai des procédures pour limiter le stress au changement quand il doit s’en produire (genre aller dormir une nuit à Paris après une soirée en compagnie de bcp de gens). Et puis je me dis que ce genre de contournements peut tout aussi bien s’adapter à une personnalité anxieuse qu’à une personne atteinte de trouble du spectre autistique (TSA). Alors je suis pas plus avancée. D’autant moins que beaucoup de choses se mélangent, se confondent et sont parfois associées. Alors on fait quoi ? ⬇️
Ben je sais pas trop. Je suis pas trop malheureuse, en fait, même, plus du tout, grâce au chéri avec qui je vis et qui me soutient et me comprend comme personne ne m’avait jamais comprise avant lui. Donc je n’aurais sûrement jamais la réponse de pourquoi ça a été si difficile de me faire des amis, pourquoi les centres d’intérêts étaient si éloignés des autres. La seule chose dont je suis sure c’est qu’on peut décemment dire que je suis neuroatypique. Et c’est pas grave. C’est même cool. Parce que la vie est merveilleuse.
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Y a pas vraiment de conclusion ni de réponse définitive à ça. Juste qu’il faut peut être apprendre à lâcher prise. Surtout si la vie s’est adoucit avec le temps.
#neurodivergent #neuroAtypique #hpi #autiste #autisme #marginalité
@irisdessine Envie de lire un témoignage/réflexion écho (le mien) sur le sujet?
(c'est ok de refuser, parfois on écrit pour poser là, sans vouloir de réponses, je le comprendrai)
@Ronce ah mais pas de souci, vas-y, c’est toujours intéressant a lire ! Je suis contente que tu aies envie de partager ton témoignage ! ☺️
@irisdessine En préambule, je dirai que ce qui va suivre ne concerne que moi. J'aurai peut être des abus de langages, mais il ne s'agit pas de jugement/ remise en cause des identités / diag d'autrui.
L'image qui me vient, n'est pas un porte qui ne s'ouvre pas mais un ressort qui me jette quand je tente de me "conformer" ou de m'intégrer à un groupe.
Et comme toi, c'est depuis belle lurette; la divergence des centres d'intérêts, le sentiment "d'à côté".
J'ai un véritable groupe d'ami.es du lycée, sinon ce sont des affinités ponctuelles. Pas facile l'apprivoisement... Je me demande pourquoi parfois aussi.
@irisdessine En terminale, je suis tombé sur ces livres: "je pense trop", "trop intelligent pour être heureux". Sur le moment, poser des mots était un soulagement. Puis l'aigre-doux s'est fait sentir.
"Et puis quoi?" Dans ces lectures, il n'y a qu'une petite dizaine de pages de "solutions". Dont certaines incitant à ne fréquenter ou ne se mettre en couple qu'avec des zèbres. C'est le chemin qu'a pris une amie 5ans plus tard. Au début elle m'identifiait comme "zèbre" manifestement. Je ne suis pas sûre que ce soit encore le cas et je n'aimais pas le privilège et la petite case. Pas de nouvelles depuis 3ans en tout cas. (ou était-ce mes poils?)
@irisdessine Petite transition avec les poils, car il y a une analogie: je ne m'épile pas, et je suis plus poilue que la "normale".
Et c'était le point de départ de la boite de Pandore (un si beau mal) sur les identités de genre, le féminisme, ect.
J'ai aussi vu les travers. Celleux qui bien contents d'avoir retrouver une boite où ielles sont bien aise crééent de nouvelles règles et normes. "se teindre les poils des aisselles c'est pas naturel", "tu peux pas être une femme trans si tu t'épiles pas", "tu n'es pas un zèbre si..."
@irisdessine Donc, le chemin que j'ai choisi est plus proche du lâcher-prise dont tu parles:
-Pas de test de Qi car quelle réponse aurai-je? Genre vraiment? (un chiffre et puis après). Pareil pour les autres diags
-Je navigue dans des milieux safe mais en restant aussi légère que possible sur les conventions. On fait toustes de notre mieux, avec une intention bienveillante.Si le mode d'emploi est complexe, je n'arrive pas à relationner fluidement et je m'éloigne. (parfois je vois aussi un petit triangle de Karpmann pointer son coin, au secours).
-Rien ne m'empêche d'utiliser les astuces à mon propre compte (fidget cube, petites cuillères, ect).
@irisdessine In fine, quand je vois les interactions ici et ailleurs. Je pense que c'est la normalité qui est une fiction.
Plus les normes de genre s'accentuent dans la société, moins de gens rentrent dedans, et plus fortes sont les revendications d'individualités.
Pour moi, c'est un symptome d'une société pleines d'injonctions où nous sommes bien à l'étroit.
Il y a bien un gradient avec des situations qui deviennent invivables pour certain.es d'entre nous. Et je ne vois pas toujours de solutions, je ne prétends pas l'avoir pour elleux. De mon côté, je m'en arrange bon gré mal gré pour l'instant.

@irisdessine Le petit revers de tout ça est que je sens pointer l'agacement quand les revendications personnelles sont fortes.
En miroir à moi-même. Comme j'ai opté pour m'adapter, faire avec à bas bruit; voir d'autres le crier peut m'irriter, ou me faire un effet répulsif.
Un peu comme quand on fait un effort sur un sujet (communication non violente pas exemple) et que notre interlocuteurice ne le fait pas. Ou ces femmes qui en veulent aux autres de ne pas s'épiler car elles se l'imposent.

/Fin/ en espérant avoir réussi à me faire comprendre ^^ (les centaines de caractères me suffisent pas)

@Ronce merci pour ton retour. C’est très intéressant. :)
@irisdessine Je pourrai en parler longtemps car ça me turlupine.
Je laisse une dernière pensée: pour moi, ce sont celleux qui arrivent à supporter les magasins qui ne sont pas normaux. Néons, carrelages, couleurs partout, écrans qui parlent, trop de références/choix ect c'est une submersion cognitive.
J'érige mes digues mentales et trace ma route, mais il y a des jours où je demande à des proches d'acheter des trucs à ma place. Et je suis heureuse de trouver l'épicerie associative. Je pense que je ne suis pas la seule avec ce ressenti...
@Ronce Oui. On va dans un supermarché de village et surtout on y va à l’horaire où ils baissent la musique et la lumière et c’est tellement une pratique qu’il faudrait généraliser ! Parce que quand on va dans un supermarché de la grande ville, c’est tellement plus agressif 🫠

@irisdessine J'attends une convergence des luttes avec l'anti-pub ^^.
Je soupçonne qu'il s'agisse d'une technique pour assomer les gens et favoriser les achats impulsifs. S'il y a des thèses sur le sujet...
Ca et le fait de changer la place des rayons (grrrr).

En tout cas, j'ai envie de dire à celleux que quand ielles souffrent de se sentir différent.es, on est là, un peu tous différent.es. Même si d'autres semblent donner le change dans certains contextes (plus sociable, à l'aise en public, ect) ielles ont probablement leurs moments de solitude aussi.

@Ronce oh mais tellement ! La pub partout partout partout, ça m’agace tellement aussi ! Une fois qu’on y prête attention, on réalise qu’elle est absolument infiltrée partout et c’est infernal !
@irisdessine Et merci pour cet échange de fin de semaine au fait :)
@Ronce merci à toi d’avoir choisi de participer à ce fil improvisé 🥰 c’est plaisant de voir qu’on peut avoir des échanges sur un réseau que je considère réellement comme social !
@Ronce @irisdessine je ne supporte plus non plus le super marché. Heureusement j'ai la ferme où je travaille et c'est mon mari qui fait le reste de courses au supermarché.
@irisdessine
Merci pour ton témoignage. Ça fait pas mal écho à mon parcours depuis l'enfance et ça fait du bien de lire que d'autres vivent la même chose. 🙂
@mathieuvigou j’avoue qu’en écrivant ça, j’ai pensé à toi en plus 😅 si ça te fait du bien, alors tant mieux, ça fait plaisir ❤️

@irisdessine 100% : si t'es heureuse, ne change rien 👍 c'est la bonne attitude.

Moi je fais parti d'un collectif autiste : on ramasse pas mal de gens en difficulté dans la vie et parfois salement abîmés. La diagnostic "aide" en ce sens qui cela apporte des réponses et soulage la culpabilité ou l'estime de soi qui a pu être détruite. Mais vraiment, si les gens sont heureux faut vraiment vraiment pas s'emmerder à poursuivre ces démarches qui sont pénibles épuisantes et parfois vaines.

Bravo pour ta prise de recul, tu es une sage !

@acratopege Merci ! Je suis pas sûre d’être une sage, en revanche 😅 mais merci beaucoup pour ton message 🥰
@irisdessine oui. Tfaçon dans la vie, faut pas être trop sage non plus 😉