[ #VeilleESR #Parcoursup ] Il vient de se passer un truc extraordinaire : le gouvernement a atteint un de ses objectifs.

Celui de baisser la part des néobachliers recevant une proposition dans Parcoursup.

C'est sans doute une date historique, le début de démassification éducative, .
🧵

Chaque année, au moment du #PLF, le gouvernement fixe des objectifs de performance à la nation.

Jusqu'en 2024, on visait une augmentation de la part des néo-bacheliers ayant obtenu au moins une proposition à la fermeture de Parcoursup.

94,2 en 2021, 94,8 en 2022, et cible de 94,5 en 2024.

Mais pour le #PLF2025, le gouvernement décide d'inverser la tendance, et de baisser ce taux, donc baisser la part des jeunes qui font des études supérieures (publiques) : démassification éducative.

95,0% constaté en 2023, et cible de 94,5% en 2024 et 93,5% en 2025
https://www.budget.gouv.fr/documentation/documents-budgetaires/exercice-2025/projet-loi-finances-les/budget-general-plf-23

Et on y arrive *parfaitement*. Pour #Parcoursup 2025, on a exactement 93,5%, et ce malgré des vents contraires : baisse des effectifs mais hausse de la réussite.

Bien sûr, ça touche d'abord les bac pro, mais aussi les autres.

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2025-11/nf-sies-2025-28-38282.pdf

Atteindre ce taux n'a pas pu se faire pas magie ou par le hasard : il y a forcément eu une coordination des rectorats de région académique.

Il y a eu mise en œuvre d'une politique publique de réduction de la part de jeunes faisant des études supérieures (publiques).

En 2024 (pour le #PLF2025), la justification de cette baisse est... déroutante.

« Il s’agira donc, pour l’avenir, de maintenir ce taux en agissant sur le dispositif de pilotage »

On a « agit sur le dispositif de pilotage  » pour baisser mais pour maintenir ? Ça n'a aucun sens.

Pour le #PLF2026, on prévoit de poursuivre cette baisse, avec une cible à 93%.

On va donc continuer à « agir sur le dispositif de pilotage » pour poursuivre la démassification éducative.

Si ça continue, 2025 deviendra historique.

https://www.budget.gouv.fr/documentation/documents-budgetaires/exercice-2026/projet-loi-finances-les/plf-2026-projets-annuels/budget-general/recherche-enseignement-superieur

La justification a changé.
Cette fois-ci, on ne veut plus « maintenir le taux » mais « maintenir le meilleur taux possible ». Subtile !

On continue de parler de « la progression importante de la démographie » alors qu'elle baisse !

Mais surtout : on admet la saturation de l'alternance.

«  Ces capacités connaissent des restructurations voire des mesures de régulation dans le champ de l’apprentissage. » est très sibyllin... Est-ce que par "restructuration" on entend "inondation d'argent public sur le secteur privé » ?

Et alors est-ce que par « mesures de régulation » on entend seulement "couper les vannes" ou aussi "baisser la voilure de #Parcoursup pour ne pas asphyxier le privé hors parcoursup" ?

On ne sait pas. Parce que ce n'est pas assumé. Ça a été décidé sans mandat ni débat. Comme si c'était technique.

Or, un gouvernement qui décide d'amorcer une démassification éducative, c'est tout sauf technique : c'est un choix de société. Un tournant sans précédent dans notre histoire.

Et on fait ça en changeant de ministre toutes les deux heures et sans aucun débat national.

Cette question a occupé très exactement zéro secondes durant l'audition du Ministre.

Comme si inverser une politique de 200 ans, un truc qui touche autant les citoyens que le niveau global d'éducation, n'avait aucune forme d'importance.

Va-t-on en parler durant les prochaines élections présidentielle ?

En tous cas, le parti présidentiel s'est déjà positionné sur « la réduction de la durée des études initiales », et visiblement, il n'a pas attendu sa réélection pour s'y mettre.

Ce sera une belle ligne pour comparer les programmes.

@juliengossa

L'important c'est le taux d'obtention du faux bac ccifié...

les parents électeurs sont contents, leurs petits a 'réussi' à gagner le même papier qu'eux y'a 20-30 ans dans une autre fonctionnement diplômant (mais chut pas l'ébruiter) ayant garder la même étiquette sur le pot.

De toute façon, seul compte mes petis, qui étant à mon image, sont les seuls à devoir s'en sortir, et s'en sortiront parce que 'je sais' comment faire.

fuck le collectif et vive la corruption morale

@juliengossa Etonnant, non.... Un parti qui ne tolère aucun débat, écrase ttes exigences citoyennes faudrait-il qu'il entame un grand débat sur l'Education, sur l'intérêt de "démassifier" l'éducation.. La réponse est évidente. Et cs types imposent des contrats de "performance"... Risible, sinon tragique.

@juliengossa Un taux de 93%, c'est plus parlant sous cette forme :
Sur un effectif d'une classe de terminale (30 élèves) et au taux de réussite actuel, ce sont deux élèves diplômés qui ne seront pas admis dans l'enseignement supérieur.

Ceci n'est pas qu'une statistique, c'est également un objectif (cible) assumé du futur budget. Admission post-bac et parcoursup ont été essentiellement prévus pour faire de la sélection face à un simple problème de démographie (qui était parfaitement anticipé).

@pierrick_taluy Oui et non... Les dernières années ont prouvé que le gouvernement pouvait tout à fait forcer les universités à prendre plus de candidats sans rien payer. Donc cette décision n'est sans doute pas budgétaire.

@juliengossa @pierrick_taluy

Prendre plus de candidats… et après ?

Tu ne peux pas pousser les murs.

Derrière, c’est quelque chose qui dépasse ce seul gouvernement : ne pas mettre dans le supérieur de moyens proportionnels à la hausse de la population estudiantine. Donc, réduire cette population ➡️ Parcoursup

Parce qu’ensuite, t’as le problème d’avoir trop de cadres sur un marché du travail qui s’oriente de + en + vers le larbinat et moins l’excellence, raflée par d’autres pays.

@Monolecte @pierrick_taluy On a précisément montré qu'on pouvait tout à fait pousser les murs. Le gouvernement nous considère comme extensible à l'infini, d'autant que contrairement à l'éducation nationale, il n'y a absolument aucun indicateur de surcharge des classes ou des profs. En revanche, il y a des indicateurs de sous-charge ("petits effectifs", "taux d'utilisation des salles").

Je crois vraiment pas du tout que l'intention soit budgétaire. Les gouvernements ont fait absolument n'importe quoi avec l'argent public, ajouter 1Md€/an aux universités aurait été absolument invisible dans la dette actuelle.

@juliengossa @pierrick_taluy

On est bien d’accord : l’objectif n’est pas du tout l’excellence.