Pour Quitterie Chadefaux, consultante égalité hommes femmes et prévention des violences, et auteure du podcast «La Chose étrange» sur l’éducation à la vie affective et sexuelle des ados, une bonne partie du travail s’effectue - dans l’idéal - avant même l’exposition de l’adolescent à ces contenus. «Les masculinistes proposent des codes de genre traditionnels, poursuit-elle, il est donc essentiel que l’enfant ait été exposé dès le début de sa vie à des modèles alternatifs de masculinité. Le père a alors un rôle à jouer, en montrant sa vulnérabilité, par exemple, en favorisant l’empathie.» De même, la communication autour de la vie affective et sexuelle pour que l’enfant soit informé et éclairé au mieux doit être instaurée bien avant l’adolescence, période plus complexe en matière de discussion parents-enfant. Enfin, Quitterie Chadefaux insiste : une éducation au numérique est indispensable : « Sans elle, leur donner un téléphone portable revient à leur offrir une grenade dégoupillée ».

https://madame.lefigaro.fr/enfants/education/le-pere-a-un-role-a-jouer-les-conseils-de-pro-aux-parents-qui-s-inquietent-du-discours-masculiniste-de-leur-adolescent-20250428?utm_source=firefox-newtab-fr-fr

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(Après c'est du bon travail, honnĂŞtement, ce n'est pas une raison pour financer Le Figaro mais c'en serait une pour financer une blogueuse/journaliste indĂ©pendante.)

Bref : ce ne sont pas en premier lieu les adolescent·es mais les parents et les libristes qu'il faut éduquer au numérique (et aux logiciels libres).

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«Le père a un rôle à jouer» : les conseils de pro aux parents qui s’inquiètent du discours masculiniste de leur adolescent

CONSEILS - La propagation de l’idéologie masculiniste chez les jeunes inquiète depuis plusieurs années. En tant que parents, comment réagir face à son ado qui prononce un discours extrême ?

Madame Figaro
  • Les parents doivent se rendre compte que les « dangers du numĂ©rique », n’en dĂ©plaise aux journalistes plus ou moins titulaires qui verront bien Ă©videmment #Emacs ou Ghost comme une fragilisation de leur monopole sur la publication journalière et donc, de facto, comme une source technique de concurrence, comme la possibilitĂ© pour le peuple de mieux choisir ses contenus, les « dangers du numĂ©rique » donc sont avant tout le fait de choix techniques et de monopoles sur des TIC plus ou moins religieuses, arrangeant bien les journalistes par l’absorption de cette concurrence, et les gouvernements par l’édiction d’une « pensĂ©e licite » incapable de porter des critiques de fond au système politique et Ă©conomique europĂ©en. Il suffit ensuite d’en stigmatiser les formes les plus dĂ©rangeantes – le troll – en feignant la stupiditĂ© et en omettant de prĂ©ciser que c’est l’allĂ©gorie de conditions d’existence atroces qui produisent une souffrance notamment marquĂ©e par un grand isolement et donc, par ce biais, les violences en ligne. Les parents doivent se rendre compte, au dĂ©pit des journalistes, qu’une « éducation au numĂ©rique » passe par l’introduction des logiciels libres, soit en installant F-Droid sur le tĂ©lĂ©phone de l’ado, soit en installant Linux Mint ou Guix sur un ordinateur vouĂ© au rebut pour ne pas ĂŞtre compatible avec Windows 10 ou 11. Il serait aussi pertinent de contribuer Ă  des distributions Linux comme postmarketOS, mais les intĂ©rĂŞts des journalistes titulaires sont en somme trop alignĂ©s avec ceux de Google pour qu’iels en parlent dans le cadre de leurs mĂ©tiers ; ce sont des choses qui ne se disent pas, tout simplement.
  • Il faut Ă©duquer les libristes aux logiciels libres dans la mesure oĂą nous ne voyons gĂ©nĂ©ralement pas la diffĂ©rence entre des logiciels libres et de l’open source : d’un cĂ´tĂ©, les libristes savent qu’il est facile, pour un public anglophone, d’apprendre le dĂ©veloppement informatique en tenant un blog avec Skribe (cf. Skribilo) pendant 3 mois, puis en lisant Structure and Interpretation of Computer Programs pendant trois jours ; de l’autre, les contributeur·ices open source ne veulent pas rendre leur travail accessible au grand public mais aux entreprises (et donc, incidentellement, aux libristes). L’open source est très chouette et peut aussi ĂŞtre accidentellement Ă©mancipateur ; j’imagine que le projet OpenBSD enlève une Ă©pine du pied pour nombre de professionnel·les en informatique ; mais les libristes se demandent pourquoi Claire, 53 ans, trois enfants, ne les contacte pas pour rĂ©soudre ses problèmes avec Emacs, tandis que les devs d’OpenBSD peuvent se demander pourquoi Michael, 53 ans, dĂ©veloppeur dans une entreprise quelconque, peut les contacter sans prendre la peine de lire la documentation ou de vĂ©rifier si son dysfonctionnement est reproductible. Pour le dire autrement, il est bien Ă©vident que des ateliers d’entraide entre utilisateur·ices de Linux et de systèmes Unix/Unix-like sont nĂ©cessaires pour rĂ©soudre des problèmes pointus, mais tant que les considĂ©rerons comme suffisants et que nous ne prendrons pas la peine de dĂ©velopper des ateliers d’entraide aux utilisateur·ices de Linux comme de Windows, de LaTeX comme de Word, nous ne pourrons pas introduire les logiciels libres au grand public.
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    #Journalisme #LogicielsLibres #FOSS #FLOSS #TIC #Masculinistes

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    La différence fondamentale entre les logiciels libres (ou hobbyistes et open source) et les logiciels propriétaires est pourtant que les seconds auront pour levier économique non-négligeable l’emprise et le contrôle sur les utilisateur·ices, dont les victimes seront souvent, au demeurant, des minorités de genre puisque les hommes cis ne prendront pas en charge les effets de l’addiction aux “RSN” et ne seront même pas capables de faire preuve de l’empathie nécessaire à se soutenir entre eux.

    Ce contrôle inclut un monopole sur la rédaction de code en tant que texte augmenté, en tant que TIC, intégrant notamment l’insertion et la présentation automatique d’entrées bibliographiques dans le style d’Org ou Skribe (soit avec BibLaTeX, soit avec le CSL), la gestion et l’organisation de ses tâches et de ses comptes, la programmation conditionnelle de documents Skribe, etc. (le cas des tableurs et notamment d’Excel étant étonnant mais justement idéologiquement limité par le fait que ce n’est pas un éditeur de texte).

    À l’inverse, les adolescent·es et les jeunes adultes (mais aussi plus généralement un grand public souvent démuni face aux logiciels propriétaires) peuvent installer des logiciels libres en confiance, en sachant qu’ils sont littéralement conçus et développés pour servir leurs intérêts, ou alors en tout cas ceux du grand public, et pas ceux de leurs développeur·euses (je ne parle ici pas de projets hobbyistes comme Mastodon).

    C’est à ce titre qu’il faut éduquer les parents au numérique… Mais ça impliquerait aussi de les éduquer (ou de leur permettre de s’éduquer à terme) sur le journalisme.

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