[ #VeilleESR #Hcéres ] Licences Pro : « Les experts auront beau noter positivement l’une de ces formations, saluer son attractivité, louer l’engagement des enseignants… s’il y a "trop" de poursuites d’études, l’avis rendu sera "défavorable". »

Explication fondamentale pour comprendre #EndOfDUT. https://www.lexpress.fr/societe/education/nous-ne-decidons-en-aucun-cas-de-fermer-des-formations-la-nouvelle-presidente-du-hceres-repond-aux-ANIGWDXPKJCTBG7I7EFHLWVWYM/?utm_medium=Social&utm_source=Bluesky

"Nous ne décidons en aucun cas de fermer des formations" : la nouvelle présidente du Hcéres répond aux attaque

A l’heure où l’Assemblée nationale débat de l’éventuelle dissolution du Hcéres, sa nouvelle présidente, Coralie Chevallier, répond aux polémiques et dessine au passage un vaste projet de réforme de l’institution.

L'Express

Voilà le passage en entier, qui s'attaque à une incompréhension : une formation qui reçoit un avis défavorable pense (légitimement) que le Hcéres critique son travail, alors que (le plus) souvent il critique autre chose.

On peut faire du très bon travail, hors de la politique publique souhaitée.

Le Hcéres vérifie la conformité aux cadres nationaux. Et le cadre national des Licences Pro indique bien qu'il faut au moins 50% d'insertion pro. Donc moins que 50%, on n'est plus dans le cadre national.

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000039481561/

Et on peut facilement argumenter que créer des Licences Pro qui ne mènent pas à l'emploi, c'est pas très malin, et qu'une fermeture est donc tout à fait légitime, même si les enseignants font un travail formidable.

Mais c'est un peu plus compliqué que ça.

Bon d'abord, imaginons un COVID, ou une situation dystopique où les USA se mettraient à faire n'importe quoi et déclencheraient une crise économique mondiale, qu'on appellerait "Subprimes" ou "Tempête Donald".

L'insertion pro tombe, mais fermer n'est pas malin, ça aggraverait juste le problème.

C'est pour ça que ce n'est pas le Hcéres qui fait fermer des formations, mais d'autres dirigeants (MESR, présidences...).

Le gouvernement propose d'ailleurs que les établissements qui ferment d'eux-mêmes leurs formations reçoivent une compétence élargie leur permettant de se passer des avis Hcéres.

Et c'est aussi pourquoi un avis plus nuancé, du type "favorable dans un contexte défavorable", est devenu indispensable.

D'autant plus indispensable que ce contexte n'est pas que conjoncturel, mais parfois aussi permanent, suite par exemple à une réforme.

Supposons que les dirigeants décident (en conscience ou non) d'appliquer un objectif impossible à tenir à un très grand nombre de formations. Toutes ces formations se retrouveraient alors mécaniquement avec un avis défavorable, sans perspective d'amélioration. https://media.tenor.com/0qOWM1QsDDYAAAAC/not-funny-dwayne-johnson.gif?hh=498&ww=498

C'est ce qui est arrivé aux IUT avec #EndOfDUT : les DUT ont été supprimés et remplacés par des BUT, lesquels sont des LP, donc avec un objectif de 50% d'insertion pro.

Sauf que, en même temps, le même gouvernement a ouvert les vannes au secteur privé et à l'alternance.

Le gouvernement impose ainsi aux IUT de limiter les poursuites d'étude, et en même temps encourage les étudiants à poursuivre leurs études en alternance (dans le privé).

Sachant que les IUT n'ont aucun contrôle sur les décisions des étudiants post-diplômation, l'objectif est impossible à tenir.

Le Hcéres se retrouve alors à coller des avis défavorables aux IUT, tout à fait indépendamment de la qualité des formations ou du service rendu aux étudiants.

Il ne fait que, et même doit, constater que la place imaginée pour les IUT par #EndOfDUT n'existe pas dans notre système éducatif. https://media.tenor.com/7Blzpyg7858AAAAC/failure-boo.gif?hh=152&ww=198

On a donc maintenant seulement quatre choix rationnels :
1. Abroger #EndOfDUT
2. Supprimer les IUT
3. Permettre au Hcéres d'évaluer les politiques publiques de l'ESR, en séparant soigneusement les avis sur les formations des avis sur les politiques publiques.
Ou bien alors :
4. Supprimer le Hcéres https://media.tenor.com/uWj28RxGBfEAAAAC/i-dont-make-the-rules-nadia-vulvokov.gif?hh=498&ww=498
Car si rien n'est fait, alors ça démontre que le Hcéres ne sert à rien : on peut avoir des formations qui continuent d'exister malgré leur non respect flagrant d'un des points les plus fondamentaux de leur cadrage national, parfaitement identifiées par l'évaluation, mais sans action publique après.
Alors que le 3. pourrait être très utile : avec un double rapport, l'un concernant chaque BUT, l'autre concernant la réforme #EndOfDUT, les décideurs publics seraient contraints d'assumer leur position en cas de fermeture de formation non pas pour leur qualité, mais en raison des réformes.
Et là on a parlé #EndOfDUT parce que c'est flagrant, mais ça s'applique à toutes les réformes (études de santé, étude du professorat, machins « oui si » ORE, potentiellement l'approche par compétence et la professionnalisation de toutes les Licences, etc.). https://media.tenor.com/epEVKJfaQcgAAAAC/really-interesting-very-cool.gif?hh=498&ww=498
@juliengossa c’est pourquoi on ne devrait pas bloquer l’entrée des BUT3 en M1, sinon on nourrit juste l’ESR privé.
@pascalpoizat Ça ne changerait rien au fait que les taux d'insertion resteraient faibles, et donc les BUT non conforme à leur cadrage national.