https://youtu.be/giCck5DUamY
#mobilité #vélo #femmesavelo
Les questions principales étaient :
- Pourquoi y a-t-il moins de femmes cyclistes en France que d'hommes ? (incluant toutes les personnes se définissant femmes)
- Quels sont les freins des femmes par rapport aux hommes pour se lancer dans une pratique quotidienne du vélo ?
2x moins d’accidents chez les femmes que chez les hommes
Les freins à la pratique du vélo par les femmes :
- La crainte d'un accident (insécurité physique)
- La crainte d'une agression sexiste (insécurité sociale)
- La crainte d'une panne (insécurité technique)
et aussi juste quel vélo choisir en entrant dans un magasin (monde masculin)
La réalité :
- 2x moins d'accidents chez les femmes que chez les hommes
- femmes moins harcelées à vélo qu'à pied ou en transports en commun
- moins de pannes mécaniques que dans les autres modes de transport
Les femmes occupent moins l'espace public que les hommes, le vélo oblige a prendre sa place, pour assurer sa sécurité notamment.
Les injonctions sur le corps des femmes semblent incompatibles avec le vélo (décoiffée, jupe, maquillage, transpiration...). Du coup, il y a un rapport à l'effort très genré. Le fait de devoir faire attention à son corps, en tant que femme, empêche de penser son corps comme étant "capacitaire", puissant. (Camille Froidevaux-Metterie)
Les femmes arrêtent de faire du vélo quand elles ont des enfants. Il faut les surveiller, accrocher/décrocher le vélo, ne pas faire tomber le vélo à ce moment-là (déséquilibre). Et comme les femmes enchaînent les trajets, c'est un frein.
Et niveau insécurité, la peur est décuplée avec les enfants.
3 normes de genre majeures qui limitent l'indépendance des femmes :
- infériorité sociale (position subordonnée dans la société)
- disponibilité sexuelle (perçues comme objets de désir)
- dévouement maternel (maternité érigée en obligation sociale)
(Camille Froidevaux-Metterie)
On peut rattacher chaque frein à la pratique du vélo à chacune de ces normes de genre.
Le vélo est donc un révélateur mais aussi un transformateur des normes de genre : vis-à-vis de l'occupation de l'espace public, de son rapport au corps, mais aussi de la capacité à réparer et comprendre la mécanique vélo.
2e partie : Analyse de l'écosystème vélo
Parmi les personnes qui conçoivent, réparent, forment... toutes les structures de l'écosystème vélo, les femmes sont entre 5 et 35% seulement !
13% de femmes dans la vente/réparation/formation/cyclologistique
35% dans les associations vélo
Problème : le biais d'ignorance des hommes. On se concentre sur ce qu'on voit ou connaît. Ce biais est très important, surtout quand on part du principe du masculin neutre/universel (😷)
(idem pour les femmes issues de classes sociales élevées vs. précaires ou en situation de handicap)
Leviers d'actions : combattre le sexisme (dans la mécanique mais pas que). Et ça passe par les "blagues lourdes"/sexistes aussi hein, l'entre-soi masculin n'aide pas (et c'est gênant aussi pour les hommes non-hétéros par ailleurs, ndlr 👋)
Levier d'action 2 : améliorer la représentativité des femmes en mettant des contraintes (sinon les choses n'avancent pas). Objectifs chiffrés. Formations dédiées. Réseau pro spécialement pour les femmes.
+ régulation de la parole des hommes, il faut laisser de la place !
Levier d'action 3 : avoir une approche intégrée de l'égalité, c'est-à-dire inclure la perspective de genre dans toutes les étapes d'un projet, pour répondre équitablement aux besoins de tout le monde, notamment grâce à des indicateurs genrés.
Exemple : objectif part modale vélo 2030 à 12%.
Si on avait 9,6% de femmes et 14,4% d'hommes, l'objectif ne serait pas atteint. Il faut que ce soit 12% de femmes ET 12% d'hommes
C'est aussi regarder à qui bénéficient les projets qu'on fait.
Exemple : les réseaux vélos structurants sécurisés (comme les Voies Lyonnaises) favorisent la sécurité (donc c'est cool pour les femmes notamment) mais aussi les longs trajets (donc les trajets effectués par les hommes, les femmes ayant une mobilité "de proximité", avec des trajets hachés, courses, enfants...).
Donc il ne faut pas négliger les politiques d'apaisement des quartiers (moins de voiture, réduction de la vitesse...) pour que les femmes se sentent de se déplacer à vélo.
Levier d'action 4 : travailler sur les représentations culturelles des femmes dans le vélo
Ex : https://www.lesroueslibres.ong/formation-m%C3%A9canicienne-v%C3%A9lo