Je ne sais pas trop quoi penser de la fin de vie assistée.
J'ai très longtemps été pour sans trop me poser de questions, parce qu'on m'a transmis très jeune l'idée que laisser souffrir un animal est cruel, et que ça ne l'est sans doute pas moins pour un humain.
J'ai ensuite découvert la #douleur chronique avec pics à 10/10, et ça m'a renforcæ dans cette idée : je veux pouvoir abandonner sans risquer qu'un échec empire les choses.
Mais. Mais j'entends les arguments anti-#validistes, qui sont très, très pertinents. Est-ce que l'envie de pouvoir abandonner résisterait à des anti-douleurs efficaces ? Probablement pas. Mais est-ce que ces anti-douleurs existent ? Est-ce qu'on les cherchera plus ou moins en fonction du résultat de ces débats ? Je l'ignore.
Et je ne sais plus quoi penser.

@PwincaeTigwe
Prévention : je suis 100% valide donc mon point de vue est biaisé et "facile à dire".

Ça ressemble au désaccord qu'on a avec ma chérie, qui souffre depuis son enfance (tant physiquement que mentalement) : elle est pour l'assistanat à la fin de vie, je suis pour sous condition qu'on améliore la prise en charge des personnes qui en ont besoin. En l'état actuel, le gouvernement veut légiférer sur le sujet pour faire des économies en ayant moins de malades à "gérer" (je mets bien des guillemets), si on accepte ça c'est la porte ouverte à encore plus de coupes budgétaires et à la possibilité de pousser des gens vers le suicide assisté sans même essayer d'améliorer leur vie avant.

@OatPotato C'est tout le problème, comment préserver la liberté sans sacrifier la recherche nécessaire d'amélioration de la vie ?
Aujourd'hui on n'a ni l'un ni l'autre, c'est comme ça que beaucoup de personnes en souffrance tente le suicide, et échouent parfois, avec toutes les conséquences qui vont avec...
Dans l'idéal on aurait les deux évidemment, mais effectivement l'ordre dans lequel le gouvernement s'en occupe est très problématique 😞​
@PwincaeTigwe
Je comprends les appréhension et une partie du discours antivalidiste qui est réfractaire à l'euthanasie. Mais de mon point de vue ce n'est pas validiste de pouvoir choisir sa mort.

Il y a beaucoup de craintes sur ce que deviendront les personnes en situation de handicap, est-ce que c'est de l'eugénisme, est-ce qu'on continuera de se battre pour améliorer la qualité de vie, etc. Je comprends, il y a de vrais raisons de s'inquiéter mais pour moi c'est une question juridique, tout dépendra de la loi. Elle peut être problématique ou ne pas l'être.

Je suis belge, je suis malade. J'ai la pathologie de la personne qui a fait dépénaliser l'euthanasie et qui a été le premier à en bénéficier suite à la loi de 2002 (Mario Verstraete). Je souhaite pouvoir en bénéficier si comme lui je n'en peux plus. Je souffre déjà, chaque jour j'ai mal mais je ne fais pas ce choix et je ne le ferai peut-être jamais.

Je suis également médecin et je n'ai jamais vu de dérives. L'écrasante majorité des médecins belges ne pratiquent pas d'euthanasie car ils sont contre. Comme en France pour l'IVG, il y a une clause de conscience. Les rares personnes étant euthanasiées en Belgique chaque année nécessite minimum l'avis de 2 à 3 médecins. Et pour y avoir assisté, je défie quiconque de dire que ces patients ne méritaient pas cette aide.

La personne est toujours consciente avant l'euthanasie active, elle doit réitérer son souhait jusqu'au dernier moment, personne ne décide pour ellui. Il y a des statistiques annuelles très détaillés qui sont éclairantes et rassurantes. Dans 79,2% la mort était attendue à brève échéance, en général il s'agit plus de jours que de semaines car personne n'euthanasie de "bon cœur".

En 22 ans, de dépénalisation les choses n'ont pas dérivés. On continuera d'améliorer les soins mais des gens meurent tous les jours dans la souffrance. Iels ont besoin d'une loi maintenant. On peut rester humain-e voire le devenir encore plus en votant une loi fin de vie.

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://organesdeconcertation.sante.belgique.be/sites/default/files/documents/cfcee-communiquepresse20240227-chiffreseuthanasie-2023.pdf&ved=2ahUKEwjM1NDr76OJAxUZ2wIHHcZ1KhgQFnoECCwQAQ&sqi=2&usg=AOvVaw00PgE6uh0oDEZ68FbKimvI
@pitanpal Merci beaucoup pour ce point de vue !
De mon côté aussi, j'espère qu'on ne m'obligera pas à souffrir plus longtemps que je ne suis prêt'e à le supporter... Même si évidemment, à choisir je préfèrerais qu'on soulage ma douleur ! C'est pour ça que j'ai ce dilemme : déjà aujourd'hui, la douleur c'est à peine un sujet la plupart du temps, il y a très peu de financement de la recherche à ce sujet, et de nombreuses maladies sont encore collées sous l'étiquette "fibromyalgie" qui signifie souvent "on sait pas et on a arrêté de chercher". En soi, je suis pour l'euthanasie moi aussi, mais je comprends tout à fait les militant'es qui craignent que ça ne ralentissent encore plus la recherche de solutions plus optimistes, si on peut le dire comme ça.
C'est pour ça que je parle de dilemme au départ : sur le principe, j'ai toujours été pour, parce que chacun devrait pouvoir choisir quand arrêter de lutter, sans les risques et les souffrances associés aux tentatives de suicide telles qu'elles existent aujourd'hui ; mais en tant que société, on a intérêt à être très prudent'es sur le sujet...
Quoi qu'il en soit, c'est un sujet très complexe, et j'ai vraiment du mal à me positionner 😶​