Sur une liste de diffusion féministe régionale il est question d'un énième "colloque #handicap et #sexualité". 😩 Une internaute apparemment valide évoque vouloir y aller… son enthousiasme déclenche mon inverse.
J'envoie le message ci-dessous sur cette liste.

👉 Tellement mais tellement triste que de tels événements continuent de se faire (sans parler du fric consacré).
Ça fait 15 piges que des militant-es autonomistes handi-es s'égosillent à demander aux valides d'arrêter de rendre spectaculaire nos sexualités. Il n'y a pas plus écran de fumée que prétendre militer pour un quelconque « droit » à la sexualité : ça permet de mettre de côté nos …/…

#validisme

…/… autonomies les plus basiques pour vivre au quotidien. Ça fait 15 piges que nous rédigeons, nous publions, nous débattons, nous militons face à l'obsession validiste de décortiquer nos sexualités sous couvert d'être nos sauveur-euses altruistes. Pourtant nous en sommes toujours à des niaiseries comme « Oui mais la misère sexuelle des handi(e)s il faut en parler ! ». Mais regardez votre propre misère avant de pointer la nôtre, que vous supposez sans même vivre des relations quotidiennes avec des handi-es. Questionnez vos parts respectives dans le système validiste (vos relations, vos jobs, vos considérations de la non-mixité handie, vos

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#validisme

…/… facilitations pour nos autonomies, vos humilités face à notre culture, etc.) plutôt que d'immédiatement plaindre nos sexualités handies.

Le programme de ce colloque est d'ores et déjà effarants de drapeaux rouges. Limite si mon plombier Gérard - mec cishét valide, bien sûr - serait invité pour venir donner son petit avis sur comment & pourquoi les handi-es baisent. Et pour faire bonne figure un petit spectacle "créatif" par-ci par-là, tout "inclusif" avec des handi-es qui probablement dans leur propre quotidien galèrent pour aller à la boulangerie inaccess' acheter du pain, pour trouver un-e gynécologue avec un cabinet adapté, pour

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#validisme

…/… recruter des auxiliaires de vie non maltraitant-es, etc.
Mais bon, parlons encore et encore de sexualité, ça semble faire déplacer des foules depuis toujours.
À quand des colloques sur :

🔸 « Les mecs handis cishét amplement #incels et abuseurs sexuels, un fléau mis sous le tapis ? »
🔸 « Valides, combien avez-vous eu de partenaires éro-sexuel-les handi-es, et pourquoi aucun-e ? »
🔸 « Combien de colloques faut-il pour changer une ampoule de conscience ? »
🔸 « Comment dissimuler sa propre paraphilie derrière des discours universitaires ? »
🔸 « Entre partenaires handi-es, qui fait l'homme et qui fait la femme ? » (Sérieusement

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…/… vous imaginez s'il y avait encore de nos jours des colloques / conférences qui en seraient toujours à questionner de la sorte l'homophobie mais de façon pleinement légitime, même considérée philanthrope ?!)
🔸 « Quelle remise en question des salarié-es des Plannings Familiaux il n'y a pas si longtemps dans la participation à la stérilisation des femmes handi-es ? »
🔸 « Quelle urgence pour quel avenir : faire intervenir des TDS dans des institutions-taules, ou bien que brûlent les institutions-taules ? Débats en présence de directeur-ices d'institutions grassement financées par le gouvernement »
🔸 « Quelle justice réparatrice

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#validisme

…/… pour les #enfants handi-es majoritairement abusé-es sexuellement par leur famille 100 % valide ? »

Presque désolé d'être sec, mais il serait quand même plus que temps de lâcher nos culs et sérieusement mieux se battre pour nos autonomies de tous les jours.

Zig Blanquer
100 % financé fatigue militante

Pour les personnes du fond :
- Harriet de G., 2023, "Pour en finir avec la charité sexuelle"
- Zig Blanquer, 2013, "Sexualité handie : un tabou ?"
- Patty Berne, 2010, "Speak"
- Mia Mingus, 2011, "Access Intimacy: The Missing Link"
- Célinextenso, 2013, "Assistance sexuelle non merci : baisez-nous sans formation"

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#validisme

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- et il existe d'autres textes si vous preniez la peine d'écouter des handi-es #autonomistes plutôt que des incels et des institutionnel-les. 👈

#validisme

Yop @Moby_MicroDick

J'me sens tiraillé par ton discours où je me dis : "mais complètement raccord vu comment on traite ca, personnel d'institutions : spectacle de foire etc..."

Et en mm tps, pris par le "si on en parle pas, ben on s'en bats les steaks et on fait comme si ca existait pas"

Et en mm tps, est ce qu'on se permet ca sur une personne valide ? Ben jcrois pas non... En tout cas pas comme ça.

Ca doit me faire réfléchir. Merci pour ça en tout cas.

@bobbyshow « On fait comme si ça existait pas ». Tu vois dans une telle phrase, il faudrait d'ores et déjà :
- définir « on »
- « fait » : faire quoi exactement, comment et pourquoi ? Alors le système validiste apparaîtrait très rapidement, et il est bien plus vaste que la focalisation sur de la sexualité…
- « ça [existait pas] » : idem, définir « ça » quoi exactement ? Parce que figures toi que nos sexualités existent depuis toujours. Lorsqu'elles sont réfrénées ce sont par des systèmes carcéraux comme les institutions, par la norme validiste qui est extrêmement agencée par les médias, l'industrie culturelle, soit tout un ensemble de personnes valides.
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@bobbyshow …/… Par exemple quid de tous ces colloques qui adorent la mièvrerie des témoignages, mais qui ne font jamais intervenir des partenaires valides de personnes handies ? Ça changerait un peu la donne qu'un public valide avide de "sexualité handie" écoute déjà nos partenaires valides, leurs semblables. Et je ne parle pas d'"assistant-es sexuel-les" dont la plupart des discours sont à vomir d'exotisme, ces « professionnel-les au grand cœur » salarial.
Il y a d'emblée une barrière impressionnante quand tou-tes ces valides dans des colloques se questionnent sur les sexualités handies : à ne pas du tout se concevoir comme nos potentiel-les partenaires.

T'as tout a fait raison, @Moby_MicroDick, j'ai été très (trop) rapide avec les 500 caractères (j'aime pas les threads). Je deplie :

"On" = les pros de santé dans les institutions (jme considère dedans d'où le "on").

"Fait comme si ça existait pas" (je ne peux pas séparer les mots car dans le même contexte) = partir de l'idée qu'il n'y à pas de soucis alors que les personnes en institution n'ont aucune intimité (sexuelle dans l'exemple, mais on peut élargir à l'intimité en général)

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@Moby_MicroDick

Mon idée est de dire qu'en institution, le fonctionnement est tel qu'il n'y a pas de respect de l'intimité sexuelle et générale des personnes présentes.
On (Les professionnels dont je fais parti) peut entrer sans frapper, on impose un rythme de levé, de coucher, on nettoie sans demander, on empêche des relations entre les résidents et résidentes de naître et j'en passe

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@Moby_MicroDick

Donc il est nécessaire d'en parler institutionnellement pour casser ce fonctionnement sans considération.
Et là où je te rejoins (mais j'ai le sentiment que je suis d'accord avec ce que tu évoques), c'est que si on en parle pour imposer une idée que l'on estime être acceptable, tolérable, quelque soit l'idée ( l'intimité ou autre ), alors on n'a rien compris car on en discute pour imposer une idée

PS : Pardon j'ai coupé ton message avec mon retour

3/3

@bobbyshow 🤢 Vous ne voulez pas plutôt urgemment questionner pourquoi vous bossez comme geôlier(es) ? Ce que vous décrivez est insoutenable, ne devrait juste pas exister.

Je ne pourrais parler que pour moi et en 500 caractères c'est trop court pour parler d'une conviction personnelle @Moby_MicroDick

Mais oui, c'est immonde, y'a pas d'autres termes et ça ne s'améliore que trop peu. J'espère sincèrement me tromper.