@disclose révèle que depuis des années, en se sachant dans l'illégalité la plus totale, la police nationale a recouru au logiciel de l'entreprise israélienne #Briefcam, qui permet d'automatiser l’analyse des images de vidéosurveillance. Cette solution comporte une option « reconnaissance faciale » qui serait, d'après Disclose, « activement utilisée ». https://disclose.ngo/fr/article/la-police-nationale-utilise-illegalement-un-logiciel-israelien-de-reconnaissance-faciale/
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Cela fait désormais près de cinq ans qu'à travers la campagne Technopolice, La Quadrature du Net, en lien avec des collectifs partout dans le pays, documente l'usage illégal de la vidéosurveillance algorithmique par les forces de police municipale. De fortes présomptions existaient quant à son utilisation par la police nationale.
https://technopolice.fr/
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MANIFESTE La « Smart City » révèle son vrai visage : celui d’une mise sous surveillance totale de l’espace urbain à des fins policières. En septembre 2019, des associations et collectifs militants ont donc lancé la campagne Technopolice, afin de documenter ces dérives et d'organiser la résistance.

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Il faut se souvenir de Gérald Darmanin qui, l'an dernier en préparation des débats sur l'article 10 de la loi Jeux Olympiques, reconnaissait qu'il n'existait aucune base légale pour l'utilisation policière de ces technologies d'analyse automatisée.
L'intelligence artificielle transforme radicalement l'économie politique de la vidéosurveillance, raison pour laquelle nous refusons la VSA. Même dans le cadre d'enquêtes judiciaires, l'État se devrait au minimum de prévoir une base juridique claire pour l'encadrer.
Tout aussi choquant est le sentiment d'impunité généralisé que révèle cette affaire. Les cadres de la Direction Générale de la Police Nationale, de même que les ministres successifs, ont sciemment organisé le secret par peur de la controverse, se sachant hors du droit.
Rappelons-le : « Le fait de collecter des données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. » (cf. art. 226-18 et -19 du code pénal). https://www.cnil.fr/fr/les-sanctions-penales
Les sanctions pénales

Les articles 40 et 41 (Chapitre VI - Dispositions pénales) de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée Article 40 Les infractions aux dispositions de la présente loi sont prévues par la section 5 du chapitre VI du titre II du livre II du code pénal.

Par ailleurs, tout·e fonctionnaire est tenu·e de signaler sur le champ une infraction dont il ou elle aurait connaissance au procureur (article 40 du code de procédure pénale). Enfin, Disclose explique que pour financer le renouvellement des licences Briefcam, « la hiérarchie policière a pioché dans le "fonds concours drogue" ». Ce qui pourrait s'apparenter à du détournement de fonds publics.
Ces faits sont extrêmement graves. L'impuissance chronique à laquelle se condamnent les contre-pouvoirs institutionnels, de la CNIL à l'IGPN, est elle aussi symptomatique d'une crise systémique de l'État de droit.
L'actualité donne d'ailleurs une nouvelle et triste illustration de cette coupable inaction : la CNIL s'est contentée d'un « rappel à l'ordre » à l'encontre de deux ministères après le détournement de fichiers et l'envoi au printemps dernier de 2 millions de messages de propagande destinés à manipuler l'opinion au sujet de la réforme des retraites. https://www.lemonde.fr/pixels/article/2023/11/14/donnees-personnelles-la-cnil-recadre-deux-ministeres-apres-l-envoi-de-2-millions-de-messages-vantant-la-reforme-des-retraites_6200020_4408996.html
Données personnelles : la CNIL recadre deux ministères après l’envoi de 2 millions de messages vantant la réforme des retraites

Les ministères de Bruno Le Maire et de Stanislas Guérini ont été « rappelés à l’ordre » pour avoir envoyé, en plein débat sur la réforme des retraites, un message en vantant les mérites à plus de 2 millions de fonctionnaires.

Le Monde