Debut de la journée d'hommage à Daniel Cohen. Beaucoup de monde dans l'amphi de PSE, avec des personalités du monde académique, bien sûr, mais aussi de la politique et des entreprises.
Jean-Olivier Hairault revient sur le rôle de #DanielCohen dans la construction de l'Ecole d'économie de Paris, en particulier la volonté de rassembler les centres de recherche en économie, dispersés dans Paris, et trop isolés les uns des autres même quand ils étaient physiquement dans des bâtiments séparés du campus Jourdan.
Claudia Senik évoque le rôle de #DanielCohen dans le renouveau du Cepremap. Daniel conduit la transformation du Cepremap d'agence de moyens en une plate-forme d'échanges entre la recherche économique et les administrations.
Il a impulsé une dynamique d'ouverture, dans les collaborations du Cepremap, mais aussi dans les productions : le logiciel libre Dynare, les Opuscules, les Notes des Observatoires macro et @ObsBienEtre
Cette ouverture s'inscrivait dans une préoccupation constante de #DanielCohen : mettre en relief les conséquences des résultats de recherche sur la politique publique. En cela il renouait avec la tradition de l'économie politique.
Ainsi, @ObsBienEtre répond au gap qui s'est installé entre le rôle pionnier de la France dans la définition de nouveaux indicateurs de richesse (Commission Stiglitz) et l'absence de suite lorsque de nombreux pays de l'OCDE s'en sont saisis.
#DanielCohen souhaitait que les indicateurs de bien-être soient observés avec autant d'attention que le sont les indicateurs économiques, et a directement contribué à la mise en relief de ce qu'enseignent ces indicateurs sur le vote extrême ou sur le mouvement des Gilets jaunes.
Sandrine Treiner relate deux conseils de lecture de #DanielCohen : *Les frères Askhénazi* et *L'Homme de Kiev*.
La plupart des interventions soulignent la vivacité de l'esprit de #DanielCohen Elle lui permettait de passer d'un sujet à l'autre, et il était souvent capable de finir vos phrases à votre place. Il n'utilisait pas cette vélocité pour rabaisser ses interlocuteurs, mais pour avancer.
Yann Algan : pour #DanielCohen, la crise de 2008 était la dernière crise du XXe siècle. La première vraie crise du XXIe siècle, c'est le Covid-19 : les crises du XXIe siècle seront des crises de confiance, dans un contexte où il faudra coordonner le comportement de milliards de personnes, à l'échelle planétaire, autour d'une confiance dans la science et dans l'action publique.
Esther Duflo : plutôt que d'écrire des articles de recherche, Daniel avait choisi de partager avec les autres sa capacité à mieux comprendre le monde en croisant les disciplines et perspectives, et de former plusieur générations de chercheuses et de chercheurs.
C'est un immense réussite académique, qui va bien au-delà de la myopie des indicateurs bibliométriques.
Esther Duflo : Contrairement à beaucoup de directeurs de recherche, #DanielCohen ne cherchait pas à former des élèves à son image. Il les poussait dans la voie que ses élèves désiraient. C'est pour cela qu'il a des élèves dans tous les champs de l'économie.
C'est une autre conséquence de son refus de compter les points dans le jeu académique.
#DanielCohen a fait école, mais contrairement à la plupart des écoles, la sienne embrasse la plupart des champs de l'économie. Elle n'a pas une unité de thème ou de méthode, mais repose sur la volonté d'avoir toujours une perspective large, et de mener une recherche qui soit toujours au service d'une action publique sensible à l'humain.