La grosse faiblesse de la voiture, c'est qu'elle roule la plupart du temps presque vide.

Catastrophique pour les crises écologiques que nous vivons, mais aussi pour le portefeuille des automobilistes, qui peinent alors à rentabiliser son cout.

Pour rappel, 100 kilomètres en voiture coutent en moyenne 35 €.

Faire un Paris - Nice coute donc 350 € seul, 175 € à deux, et toujours plus de 100 € à 3.

Aller au boulot à 10 km coute 1500 € / an.

Heureusement, il y a une solution 🔽.

Je vais vous parler d'une plateforme qui a révolutionné le covoiturage.

Le principe n'a rien d'étonnant : trouver des gens qui font le même trajet que vous. Vous saisissez la destination, et le départ.

L'application vous propose alors une liste de trajets. Comme toutes les plateformes, il y a des horaires.

Certains trajets sont complets, et parfois il y a moins d'offre qu'on le voudrait. Le prix peut dépendre de la demande, surtout sur les longues distances.

Ce réseau de covoiturage a des avantages. Nul besoin de savoir jauger la confiance qu'on prête à Gilbert au volant de sa 308, vérifier qu'il a au moins 4 étoiles donc qu'il sait conduire et qu'il est pas hyper relou, que sa caisse pue la clope et non des moindre : qu'il pense la même chose de vous et qu'il accepte votre candidature.
Sur cette plateforme innovante, tout est professionnalisé. Grâce à cette organisation, les retards deviennent très rares : en Bretagne par exemple, pour 1 covoiturage qui arrive en retard, il y en a environ 20 covoiturages qui arrivent à l'heure. L'application se charge pour vous de calculer les correspondances pour aller au-delà des grands axes les plus fréquentés, grâce à des *hubs* où les covoiturages se croisent toute la journée.
Vous n'aurez absolument plus à craindre l'accident, car tout est automatisé pour que les véhicules ne se crashent pas seuls ou entre eux.

Quand vous entrerez dans le véhicule, votre première expérience sera déroutante, car ils ont poussé le principe du covoiturage au maximum : il n'y a pas 5 places dans une voiture, mais plutôt 100.

En conséquence, on peut quand on veut se dégourdir les jambes et aller aux toilettes sans devoir s'arrêter à la station service.

Pour les longues distances, on peut même aller au bar manger un sandwich, boire un café, une bière ou simplement discuter entre amis.

Il a aussi des défauts : à cause d'une politique qui depuis des décennies a tout ou presque investi dans la voiture individuelle, et surtout des citoyens automobilistes qui entretiennent ces politiques au pouvoir, il est sous-développé et trop cher dans les milieux ruraux.

Pourtant, les causes de ses faiblesses actuelles sont ses plus grands atouts : plus il y a de monde à le prendre, plus les coûts baissent et plus sa flexibilité (horaires, lignes exploitées, vitesse, confort) augmente.

Allez, j'arrête de vous mener en bateau, enfin en voiture, pour vous mener en train : le covoiturage qui marche, c'est le train.

Ou le bus et l'avion. Bref, les transports en commun organisés par une ou des autorités sur un territoire.

Le bus électrique rempli est écologique. L'avion, non.

Il ne le sera pas tant que la condition de l'électrification ne sera pas respectée, et il se peut qu'on découvre un supraconducteur à température ambiante avant que l'avion de ligne électrique et sobre nous fasse léviter.

Le constat accablant sur le taux de remplissage des voitures en France, qui actent l'échec du covoiturage, n'ont rien d'étonnant.

Pour que le covoit' marche, c'est à dire que l'autosolisme (seul ou seulement 2 dans sa voiture de 5 places) devienne l'exception, il faut qu'il offre les mêmes avantages que le train, cités plus haut.

La généralisation du covoiturage est une fable dans un monde individualiste, libéral, non planifié, non-contraint par un prix du pétrole au moins 2 à 3 x + haut.

Cela ne veut évidemment pas dire qu'il ne faille pas encourager le covoiturage !

Mais la priorité doit être d'organiser le réseau ferré et le réseau de bus et minibus électrique, ainsi qu'un système national de location de véhicules (du van de 9 places au vélo) en gare pour couvrir les derniers kilomètres.

La voiture individuelle n'est qu'un complément qui couvre des usages plus spécifiques :
- les familles de deux enfants ou plus (seulement 1/5 des ménages français) qui ne s'en sortent pas pour diverses raisons
- les milieux très ruraux à la densité trop faible pour organiser un transport en commun
- les riches qui veulent se faire plaisir et accepter de financer au prix fort le réseau national cité précédemment.

En résumé : la voiture est un mode de transport écologique...

MAIS seulement à deux conditions :

- 1. qu'elle soit électrique
- 2. que son rapport passagers / poids soit élevé

La façon la plus sure d'y arriver est un système composé du train comme colonne vertébrale, du transport en commun routier, de la voiture et des vélos partagés et à la marge, de la voiture individuelle.

En complément, parlons un peu de la condition 1.

Moins de 10 % des voitures neuves en France sont électriques.

Ce chiffre est ridicule, alors même que le parc se renouvèle que lentement. Seul un objectif de 90 % de voitures neuves électriques devrait nous satisfaire.

Le problème vient principalement de la politique libérale qui laisse la "main invisible" faire le choix de la motorisation

https://twitter.com/maeool/status/1515013895613730817

Maël on X

“Le réseau de bus d'Île-de-France est passé de 0 à 10% de bus électriques en 5 ans. Pendant ce temps là, le parc de voitures individuelles électriques est passé de 0 à 1%. Planification écologique : 1 Main invisible : 0 😙”

Twitter

Évidemment, les choix d'achat sont influencés par un tas de facteurs, dont une puissante campagne de lobbying qui va des grandes compagnies pétrolières jusqu'aux médias pseudo-écolo comme @Reporterre.

https://bonpote.com/ocean-de-fake-news-sur-la-voiture-electrique

Océan de fake news sur la voiture électrique

Communication douteuse, mensonges orchestrés : la voiture électrique n'a pas que des amis. Cet article est l'occasion de revenir sur les fake news les plus récurrentes et les plus grossières depuis 18 mois.

Bon Pote
Toujours est-il que tout est en place pour passer à la voiture électrique, sauf la volonté des français conservateurs influencés par les infox des médias et politiques corrompus ou anti-science.

La Citroën AMI a considérablement ouvert les perspectives de ce point de vue : on peut maintenant déplacer 2 personnes sur 500 kg, plutôt que 1200 kg.

Facteur 2,5. Et vu qu'on est limités à 40 km/h, on consomme moins d'énergie. On va aussi moins loin. L'AMI est une redoutable optimisation de l'énergie consommée par les déplacements automobiles, pour ceux qui n'arrivent pas à remplir leur Clio ou leur SUV électrique au minimum avec 4 passagers.

@maeool je vous suit sur le fond mais l’AMI est une blague. 500 kg pour 2 passagers, c’est 2 à 2,5 fois moins bien que la 2CV. Aucun effort des constructeurs et des législateurs pour alléger vraiment les véhicules. Un vélomobile Duo Quest, à assistance (rare) fait 10 fois mieux que l’AMI au rapport passagers / poids. Entre les deux rien de légal et d’industriel. Il faut introduire le critère de la légèreté et le soutenir notamment par réseau viaire réservé aux #vehiculeslegers, vélos en tête.
@pierreb Oui tout à fait, merci pour la correction. Je ne savais pas que la 2CV était si légère. Comment l'expliquer ? Les normes de sécurité ont augmenté, mais à 40 km/h et avec de nouveaux matériaux légers, il devrait être possible de faire au moins aussi bien ?
@maeool certainement ! Mais ni les fabricants d’automobiles ni les fabricants de vélomobiles ne se lanceront, tant qu’on n’aura pas un début de volonté politique claire, avec des cas d’usages. Par exemple, en France les vélomobiles quadricycles ne sont pas des cycles et n’ont pas droit à leurs infras. Les rares DuoQuest tricycles (donc ok) sont trop larges pour les infras cyclables. Et sur les routes bagnolables on croise des camions. Amha il faut créer un réseau exclusif aux véhicules légers…
@maeool …en le ciblant vélos et autres cycles (véhicules légers actuels, #vhelio etc.) voir speed bike, sans doute avec une limite à 40 ou à 50 km/h et créer une catégorie de véhicules légers : quatre roues ok, motorisation électrique ok, très très sobres et légers pour lui donner accès à ce réseau. Les constructeurs et bricoleurs suivront. On a largement les moyens de prélever des routes en campagne pour faire un tel réseau interurbain (en tout cas en plaine).

@maeool Parmi les véhicules assez légers on avait l'œuf électrique : 350 kg dont 300 kg de batteries (avec la densité des batteries actuelles on doit arriver à diviser par 3 à 5 ce poids !). https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C5%92uf_%C3%A9lectrique

Il faut regarder les défuntes catégories #cyclecar #microcar et autres #voiturettes, pour rouvrir les possibles.

Sinon oui, les normes de sécurité et tests de sécurité indépenants (radar de recul), les équipementiers (sièges) et toute la filière font sans doute le poids.

L'Œuf électrique — Wikipédia