@jor Je viens de lire l'article en diagonal, délicat de faire la lecture total du truc a titre perso. Autant y a des choses que je partage, notamment sur la critique du clientélisme et des petits arrangements entre amis, autant je pense qu'il y a tout un pan manquant dans cette critique du syndicalisme, et y compris de sa base.
Déjà, je pense qu'il manque peut être une distinction entre ce qui est de la bureaucratie de fait (les pantouflards qui branlent rien de leurs mandats) et les camarades avec des mandats qui bossent a la reconstruction du syndicalisme. Typiquement, le passage sur la "campagne électorale de Martinez", pour moi ça tape plutôt a côté. Mine de rien, y a beaucoup de critiques a faire de la mandature Martinez et de son équipe, mais le fait que cette direction mandatée a la CGT ait fait énormément progresser beaucoup de choses est aussi, justement, du a tout ce travail de terrain. Si la cellule VSS existe a la CGT, c'est aussi parce que des camarades, surtout dans ces instances, se sont battut pour les maintenir, contre par ailleurs d'autres bureaucrates a la CGT sur une ligne "lutte des classes" en apparence (notamment les syndicats adhérents FSM), et en interne de la CGT, un gros travail est opéré depuis des années sur relocaliser le militantisme a l'échellon des UD/UL et des syndicats de branche, ça aussi c'est d'une manière le travail effectué par certainEs bureaucrates (dont l'équipe Martinez, pourtant issu des metallos pas connu pour leur volonté d'interpro). Du coup pour moi, il manque entre autre a cet article toutes les batailles de ligne qui s'effectuent au sein de la CGT. Par exemple tout les syndicats ayant eu a coeur de mettre en avant les question écologistes, LGBTQI, antiracistes au sein de la conf (encore une fois, l'équipe confédérale a pas chomer sur ces questions) face a d'autres arrières garde ouvriéristes (en plus d'être corrompu jusqu'à la moelle). Je pense aussi, a mon sens, qu'il manque une grande partie d'analyse sur l'historique de cette bureaucratie et comment elle s'est montée a mesure des années, notamment toute la période de la CGT sous controle communiste (du PCF en gros), ayant purger tout élément anarchistes/syndicalistes révolutionnaires/communistes anti autoritaires du syndicat. Tendance qui s'inverse, parce que la plupart des personnes tenant ces postes finissent par partir a la retraite ou dans le pire des cas s'éteignant de leur belle mort.
Et du coup, un autre élément qui pour moi est absolument manquant dans cet article, c'est l'analyse globale du syndicalisme en france, qui est déplorable, et ça c'est pas que les buros. Typiquement, je suis dans un syndicat CGT ou si on a pas trois camarades qui s'occupent de l'animation, personne ne se bouge. C'est aussi une réalité, il manque de formation, de passation, mais pas que pour des raisons de manque de volonté, mais aussi par manque de bras, ce qui au final fini par créer des bureaucratie de fait, parce que quand personne n'est prêt a controler ton mandat syndicale (au secrétariat de ton syndicat/UD/UL/UR/mandat confédéral), nécessairement y a des dérives très dangereuses.
Bref, un article pas inintéressant avec des analyses que je partage, mais qui je pense focalise bien trop sur l'importance des "têtes" d'un syndicat comme la CGT pour voir sa débacle. Encore une fois, dans un syndicat ou "la base" est formée, apte a agir et en capacité de se mobiliser, ce genre de fonctionnement pourrait pas se mettre en place, et ça c'est aussi le taff de l'ensemble des syndiquéEs de le faire. Je prend l'exemple de mon syndicat local, a commerce et service, on a pris le plus de faire une AG trimestrielle pour pouvoir parler de notre stratégie et perspective de syndicalisme quotidien, sauf qu'il faut des gens pour animer ça, et sur les milliers d'adhérentEs que nous avons, seulement 30/40 personnes se mobilisent, malgré les relances et l'accompagnement. C'est quelque chose a continuer a travailler, mais pour le coup, les bureaucraties confédérales peuvent difficilement être misent en cause la dessus.
Autre point que je trouve dommage, ne pas parler de ce qu'il se passe a Solidaires, qui est aussi victime de ce genre de débordement et qui passe souvent a travers les mailles de la critique quand on parle syndicalisme et bureaucratie, alors que y a son lot de saloperie (un syndicat Sud Santé Social qui a chercher a invalider une liste CGT parce que ne respectant pas la parité parce que trop de femme dans la liste, le syndicat Sud CT31 ayant essayer de saborder une lutte contre le conseil régional de Toulouse en 2015, bref, j'en passe et des meilleurs) et qui souffre, de toute façon des mêmes travers qu'ailleurs, a savoir des équipes syndicale ultra réduite et très peu de gens pour faire le taff au final.
Voila voila pour le retour.