Ok.

Je suis spécialisée en machine learning. Je sais que c'est puissant, grisant. Je sais que les autres spécialistes du domaine sont plutôt réalistes sur ses limites.

Mais plutôt que de développer un logiciel de reconnaissance faciale qui détecte les personnes homosexuelles ou d'étudier les "causes scientifiques" de l'homosexualité, "prouvant ainsi qu'elle est réelle" sans se soucier des mauvais usages que ça pourrait entraîner (utilisation du logiciel par un gouvernement homophobe qui est connu pour traquer et buter les homosexuel'les ou tentatives d'eugenisme), vous auriez pas envie de faire ça avec des fachos ou de véritables maladies ?

Tant d'intelligence et de stupidité dans une même démarche...

@punky Avec une recherche rapide je vois pas mal d'articles sur la détection de maladies à partir de photographies du visage, et quelques trucs sur l'orientation politique, mais rien spécifiquement sur les fascistes.

@merricat
J'ai fait mon master en génie biomédical, je sais que ça se fait déjà (et y a pas mal de chouettes trucs), c'était plus une critique de la décision des scientifiques de l'étude de bosser là dessus.

Je sais pas, un des premiers trucs qu'on fait quand on commence un projet du genre c'est de regarder à quoi ça pourrait être utile, non ?
Ici c'est pas un projet d'étude, le but est pas de tenter de créer un classificateur pour en créer un.
Et a priori, ici, c'était de savoir si on pouvait reconnaître des personnes homosexuelles à partir de leurs photos
Et rien que ça, rien que vouloir savoir ça, c'est flippant.

Iels ont motivé leur choix d'étudier l'homosexualité dans l'étude ou pas ?

@punky @merricat je dirais que c'est suite à des ordres de la part de la direction ?
@punky Dans l'intro, selon eux, trois raisons :
- "it's an intimate psycho-demographic trait that cannot be easily detected by other" (au même titre, ils auraient pu choisir l'orientation politique j'imagine)
- il y a des théories existentes sur une causation/corrélation entre les attributs morphologiques et l'orientation sexuelle (le coup de l'androgène dans l'uterus), mais les études qui ont été réalisées sur le sujet sont pas mal contradictoires, ils disent donc vouloir éclaircir la situation avec un plus gros sample et une méthode data-driven
1/2

@punky
- leur caution "on est des gentils": prédire l'orientation sexuelle des gens pourraient avoir des effets graves sur leur vie. Il faut savoir si c'est possible afin d'attirer l'attention sur la problématique. Ils citent des projets actuels en Chine et ailleurs pour reconnaître les criminels, terroristes ou pédophiles à leurs visages, et que dans ce contexte, sachant qu'il y a des gouvernements qui pourraient lancer ou ont déjà lancer des projets comme ça pour l'orientation sexuelle, "it is thus critical to inform policy makers, technology companies, and, more importantly, the gay community, of how accurate those face-based predictions might be."

(Au vu du dernier argument, ça rend encore plus nulle leur méthodologie "comparons des visages" parce qu'aucun gouvernement ne ferait ça pour savoir si tu es gay ou pas, ils auraient tellement de faux positifs sur des hétéros)
2/2

@merricat @punky

"aucun gouvernement ne ferait ça pour savoir si tu es gay ou pas, ils auraient tellement de faux positifs sur des hétéros"
Genre ça va empêcher un gouvernement fasciste de le faire

@Nocta @punky Ce que je veux dire c'est que si tu as des gens dont tu veux savoir s'ils sont gays ou pas, tu ne veux pas un classifieur qui compare deux personnes et te dit laquelle a le plus de proabilité d'être gay, parce que même si tu les deux personnes sont hétéros l'une des deux sera déclarée gay par le système. Y a pas de manière efficace d'appliquer ça. À moins que tu sois okay pour avoir 80% d'hétéros dans tes résultats.
Tu veux un truc où tu rentres le visage d'une personne et ça te dit oui ou non : ce qui n'est pas la manière dont l'article a testé son système.