Ce que vous ne trouverez jamais chez Karl Zéro et les complotistes :
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J'ai souvent réfléchi à ça : les proxénètes ont, à la base, du charisme et du bagout. Ce sont pour la plupart, des bonimenteurs. Et pourtant, ça marche. De la même façon, même si des personnes se doutent qu'ils ont ces activités, il y a un consensus autour d'eux. Globalement on les laisse faire, tranquilles.
Les gens ont plus tendance à incriminer leurs victimes, dans ce cas. En résumé, la fille, c'est une pute, "une pauvre fille", c'est intégré et le proxénète, personne ne va jamais le désigner comme tel.
Le rapport de force, la société lui offre sur un plateau (toujours la faute de la fille, de la femme). Le proxénète, il a eu cette occasion, vous voyez, c'était pourtant un gentil garçon. J'augmente à peine le trait. Même si nous avons conscience parfois que la relation est déséquilibrée et n'est clairement pas en notre faveur, le lien est supposé être un échange.
Les proxénètes soutiennent (l'expression souteneurs, ce n'est pas pour rien), donnent l'impression de protéger, gèrent, organisent, contrôlent les clients (enfin s'ils peuvent payer, quoi, le reste, ce n'est pas de leur ressort) en échange du fait qu'on leur donne : nous.
Donner l'impression, fournir une vitrine, les proxénètes excellent là-dedans. Ils savent amplifier la pression, pas de menaces claires au début, insuffler la peur petit à petit. Ils sont persuasifs aussi. On arrive à se convaincre avec leur aide que c'est bien de déléguer la logistique, et puis le monde est dangereux, c'est mieux de rester dans cette sorte de famille (on la connait déjà, au moins...) Ils donnent l'impression de maîtriser toutes les situations, d'avoir de l'influence, que tout leur petit univers foireux est à leur botte. Même quand ce n'est pas vraiment le cas. Ils savent paraître pour l'extérieur, sont de bons commerciaux, et jonglent habilement entre les clients et les "exigences" des filles qu'ils dirigent.
Jamais trop compris comment certaines "têtes" étaient devenues "tête". En majorité les lieutenants étaient plus jeunes. Certains lieutenants montaient leur propre affaire (après un apprentissage en quelque sorte). Rien d'automatique. Pour être franche, certaines "têtes" avaient d'ailleurs le charisme d'une huître. D'autres ne recrutaient pas directement (et pour cause, ça leur était difficile de jouer les lover boy).
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