Inviter la faune au jardin
Dans une boîte sous mon lit, j’ai trouvé un dessin que j’aimais bien en très mauvais état. Après l’avoir numérisé et remis à neuf, je l’ai mis en couleur. Il illustre les aménagements possibles pour inviter la petite faune au jardin. Il a été créé pour un atelier que j’ai donné pour les Amis du Jardin botanique de Montréal. Comme l’hiver est la saison idéale pour rêver au jardin à venir, le voici :
Pour les oiseaux
- Un espace dégagé pour voir venir les prédateurs, éloigné des fenêtres ;
- De l’eau (même en hiver) ;
- De la nourriture (graminées, arbres fruitiers, variété de vivaces, d’arbres et d’arbustes attirant les insectes) ;
- Un abri contre le froid et les prédateurs (conifères) ;
- des nichoirs.
Pour les papillons, pollinisateurs et autres insectes utiles :
- Un espace ensoleillé pour accumuler de l’énergie (espace dégagé, abrité du vent, pierres qui conservent la chaleur du soleil) ;
- De l’eau et des minéraux (abreuvoir à papillons rempli de sable ou de gravillons et d’eau) ;
- De la nourriture (plantes nectarifères et variété de plantes-hôte : annuelles, vivaces, arbustes, grimpantes, arbres) ;
- Un abri pour hiverner (paillis, feuilles mortes, tas de compost, bois morts, hôtel à insectes).
Pour les reptiles et amphibiens
- Un espace ensoleillé pour accumuler de l’énergie (pierres qui conservent la chaleur du soleil) ;
- Un espace pour la reproduction et la chasse (bassin) ;
- De la nourriture (les matières organiques, l’eau et la diversité des plantes attirent les insectes) ;
- Un abri pour hiverner (terre libre sous l’eau, espace bien drainé sous des pierres, feuilles mortes).
Évidemment, tous les pesticides sont à bannir. Tout ce qui nuit aux insectes nuira indirectement aux oiseaux insectivores, aux reptiles et aux batraciens. La présence des chats et des chiens est donc également à proscrire. Il n’y a pas de mangeoires sur ce dessin parce qu’elles peuvent avoir des effets négatifs. Les oiseaux s’y habituent et se retrouvent dépourvus si les mangeoires ne sont plus remplies. De plus, les attroupements d’oiseaux près des mangeoires favorisent la propagation des maladies. Et les déchets de mangeoire attirent des indésirables comme les rongeurs.
Si je devais refaire ce dessin, je soulignerais davantage l’importance des plantes indigènes dont les cycles correspondent à ceux de la faune indigène. La présence de plantes annuelles permet d’allonger les périodes de floraison et de compenser les effets des changements climatiques et les aléas de la météo. Bon jardinage !
Pour aller plus loin
- La Fondation de la faune du Québec offre plusieurs publications sur l’aménagement pour favoriser la présence des oiseaux et de la petite faune.
- Gilles Paquet et Jacques Jutras, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Installation de structures pour favoriser la petite faune, 1996
- Gilles Paquet, Jacques Jutras et Michel Lepage, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Aménagement de milieux pour les amphibiens et les reptiles, 1996
- Kimberley Cornish, Le jardinier paresseux, Créer un jardin pour la faune dans votre cour, 2021
- Britanie Sullivan, Un point cinq, Marmottes, lapins, oiseaux… cohabiter avec la faune des jardins urbains, 2023
- INC, Inviter la faune dans les jardins avec l’Office français de la biodiversité, 2022
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