Mes jours sont-ils désenchantés ? C’est la question que je me suis posée en lisant les récits de fantôme recueillis par Vincent Brault dans Les ombres familières. Je ne crois plus en rien. Le monde est devenu silencieux, il ne me parle plus. J’ai l’impression d’avoir fait un pas de côté, d’être sorti du cours des choses. Le fil de la vie est désormais hors de ma portée. J’ai peur de ne plus ressentir cette connivence quand mes aspirations croisent un signe qui en montre le chemin. Comme si la synchronicité n’existait plus. Peut-être est-ce moi qui suis devenu aveugle. Je me sens dépourvu, à la merci de tout.
Peut-être s’agit-il simplement de chercher, de fouiller le quotidien pour y retrouver un fil. Peut-être que d’écrire plus régulièrement pourrait préparer le terrain pour des rencontres fortuites entre la vie et sa poésie. Je me posais cette question quand un collègue m’a raconté qu’une nuit il a aperçu « la petite fille ». L’édifice où je travaille est un ancien hôpital pour enfants et de nombreuses histoires circulent au sujet d’une petite fille qui hanterait certains couloirs et certaines chambres. Rien que l’idée de la présence de ce fantôme a laissé une traînée d’espièglerie dans mes pensées. Elle est peut-être là à m’observer me démener. Cette idée réveille une nostalgie, un désir de réconfort, comme si l’enchantement n’était jamais bien loin. Comme si dans les grands froids, il m’attendait au tournant.
https://pycomtois.com/2024/02/20/fantome-et-synchronicite/
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