#MercrediFiction #FanFiction #HarryPotter #TeddyLupin

C’est la première fois que le jeune professeur de botanique, Neville Longbottom, a l’honneur de présider à la cérémonie de répartition. C’est donc pour ça qu’il avait l’air si tendu à la table des professeurs. Au moment où il est appelé, il ressemble pendant un instant à l’adolescent maladroit que l’on a déjà décrit à Teddy lors des réunions de famille. Pourtant, lorsqu’il se lève et vient prendre le Choixpeau des mains de Minerva McGonagall, il a déjà repris le contrôle de ses émotions. Il arrive au centre de la salle avec la stature d’un directeur de maison et vétéran de guerre pour présenter la relique aux élèves.
Pendant la chanson du Choixpeau – qui chaque année a des accents un peu plus rock – Teddy observe la table des professeurs. Il y en a bien sûr beaucoup qu’elle connait, mais il y a au moins toujours la surprise de découvrir qui a été engagé pour le cours de Défense contre les Forces du Mal. Cette année, il s’agit d’une femme qui semble assez jeune, à la peau mate et voilée. Elle discute avec Mrs Sesatla professeure d’Histoire de la Magie, d’origine égyptienne. À leur côté, Mr Ward le professeur d’Études Moldues, semble déconcentré par la conversation et tourne fréquemment la tête vers elles. Puis, quand le regard de Teddy tombe sur la directrice, celle-ci donne l’impression d’avoir toujours observé la cérémonie, et absolument pas la tignasse bariolée d’une élève en particulier.
Lorsque la cérémonie finit enfin (chaque année, elle a l’air de durer plus longtemps, mais peut-être est-ce une illusion liée au fait de grandir) et que tous les élèves de première année sont répartis, la directrice se relève pour prendre à nouveau la parole. De façon quasi imperceptible, elle jette un regard de côté à Teddy, avec des teintes de sourdes réprobations. Alba l’a remarqué aussi et donne un coup de coude dans les côtes de la métamorphomage en lançant un petit « J’te l’avais dit ! »

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Les quatre longues tables sont toujours là. Cela ne fait qu’une longue année que Ted ne les a plus vues. Et pourtant, cette Grande Salle lui a beaucoup manqué. Elle a vécu pendant sept années entre ses murs familiers et se sent heureuse et joyeuse de les retrouver. Elle passe à côté d’un des piliers en pierre. Irrésistiblement, son regard est happé et elle ne peut s’empêcher de chercher l’endroit exact où il se transforme en écorce. À ce qui semble être une centaine de mètres plus haut, des branches s’étendent et supportent une voûte étoilée. La salle tout entière est éclairée par la lumière pâle d’une lune gibbeuse. Pendant que Ted observe le ciel étoilé, un nuage passe devant l’astre et voile sa clarté. Au fur et à mesure que l’obscurité croit, des orbes de lumières chaudes apparaissent en flottant, portées par le léger courant d’air qui parcourt la pièce. L’une d’entre elles s’approche de Ted qui tend un doigt à sa rencontre. La bulle explose silencieusement à son contact en d’innombrables billes de lumières qui, plus légères, remontent au plafond-ciel.
Tirée de sa rêverie, la sorcière se dirige vers sa table qui se trouve au pied de celle des professeurs. Une centaine d’étudiants sont déjà attablés. Une vingtaine ont le même âge que Ted. Tous ensemble, ils forment une petite maison, rassemblant des élèves issus des quatre autres maisons. Ce sont celles et ceux qui ont décidé de prolonger leur cursus entre les murs de l’Alma Mater. Ted s’assoit à côté d’Alba, au milieu des freshers. La tablée discute pendant quelques instants avant de faire silence, en même temps que les autres tables : les élèves de première année viennent de faire leur entrée.
Conscients qu’ils sont le centre de l’attention, le groupe se contracte, mort de trouille. Pour rajouter à leur angoisse, la directrice se lève.
– Approchez, mes enfants ! N’ayez donc pas peur ! La cérémonie de répartition va commencer ! Professeur Longbottom, c’est à vous.

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Sur les quais de la gare, tous les élèves se rassemblent en fonction d’affinités disparates. Par groupe d’amis, de familles, de maisons. Rapidement, une silhouette gigantesque met de l’ordre dans la cohue. Pas besoin de Sonorus pour Hagrid. Sa voix porte naturellement au-dessus de tout les piaillements enfantins. En peu de temps, les première année se mettent en rang devant lui. Teddy passe devant le gardien des lieux et s’arrête pour le saluer.
– Oh, mais v’là le ’tit Ted ! J’t’avés pas r’connu, 'vec ta nouvelle déguéne ! C’mont qu’tu vas ? Tu r’vins à Hogwart, alors ? Et moi qui croyés qu’t’allés r’choindre ton parrain au Ministére d’la Machie.
L’accent est entier, comme la personnalité du demi-géant. Teddy se grandit au maximum pour lui faire la bise. Mais même ainsi, elle n’arrive pas bien haut et il doit se pencher à moitié vers elle.
– Oui, j’ai décidé de poursuivre les études. C’est Tante Hermione qui m’a convaincue d’au moins faire un bachelier pour voir si ça me plait.
– C’t’une riche idée ! Une grand-dame, l’Hermione ! Sés-tu qu’cé t’elle qui m’a permis d’terminer mes étud’ ? Grâce à elle, ch’ai pu ravoir une baguét’ et tout ! Bon, par cont’, j’cause mais ilé d’chà l’heure d’y aller. Ch’te laisse, r’mets l’boudou à Harry d’ma part ! Allez, les canailles, on s’met en roût’ !
Comme une cane avec ses canetons, Hagrid repart vers les barques tandis que tous les autres étudiants se dirigent vers les diligences tirées par les sombraux invisibles. Teddy rejoint Alba qui attend encore que les élèves de dernière année prennent place. Au loin, dans la brume nocturne, on aperçoit la silhouette du château à l’architecture hétéroclite : renaissance, baroque et gothique se disputent aujourd’hui avec des parties plus modernes, suite à la reconstruction qui a commencé il y a vingt ans, à la fin de la Bataille d’Hogwart. Et c’est là qu’elle allait étudier à partir de maintenant.

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Roux, auburns, châtains, noirs. Blonds. Non, pas blonds. Et puis, pourquoi pas verts ? Ou bleus, turquoises ou roses ? Au niveau de la longueur et de la coupe, c’était simple, au moins : mi-longs et en bataille. Un pétard dans les cheveux. Mais alors, un pétard arc-en-ciel ! Voilà ! Pourquoi choisir ? Et même… oui, des paillettes ! Parfait ! Et les yeux ? Verts ? Bleus ? Noirs ? Oui, noirs, avec des éclats scintillants, comme de petits univers qui flotteraient dans le vide intersidéral. Des galaxies multicolores explosant et se recomposant sans cesse dans…
Une série de coups interrompt sa rêverie. Quelqu’un frappe nerveusement à la porte des toilettes du train.
– Teddy, t’as bientôt fini ? On est sur le point d’arriver, là !
La porte s’ouvre et Teddy se retrouve nez à nez (aujourd’hui, le sien est fin et allongé, avec des ailes très peu marquées) avec Alba, sa compagne de voyage. Le contraste entre les deux est frappant : Alba est sophistiquée, avec sa robe luxueuse, son air un peu snob et sa coiffure élaborée ; Teddy est encore en tenue moldue et a des airs grunges. La blonde platine soupire en voyant le spectacle qui s’offre à elle.
– Je suis certaine que tu fais ça uniquement pour provoquer… Tu te rends comptes que la McGonagall va faire un infar en te voyant comme ça ?
Pour toute réponse, Teddy sourit. Ce faisant, elle se rend compte que ses lèvre son un peu trop fines. En se concentrant un peu, elle les rend un peu plus charnue, tout en les rendant plus rouges. Comme ça, le flou est total autant qu’artistique.
Ignorant les soupirs de son amie, Teddy va jusqu’à son bagage, en sort une robe de sorcier un peu vieillie et l’enfile. Elle s'observe dans le reflet de la vitre de son compartiment et rajuste la nominette – indispensable vue sa condition – qui mentionne « T. Lupin », juste au moment où le train arrive en gare de Poudlard.