Abandon du projet dâautoroute Toulouse Castres A69/A680 - Abandon du projet dâautoroute Toulouse Castres A69/A680 - Plateforme des pĂ©titions de lâAssemblĂ©e nationale
Texte rédigé par le collectif La Voie Est Libre
Le projet dâautoroute Toulouse Castres, dĂ©clarĂ© d'utilitĂ© publique par le gouvernement Ă travers le dĂ©cret n° 2018 638 du 19 juillet 2018, vise Ă relier Castres Ă Toulouse par la construction d'une autoroute de 53 km (A69) entre Castres et Verfeil prolongĂ©e par une bretelle de 9 km (A680) rejoignant l A68 (Toulouse-Albi).
Il entrainerait l'artificialisation de plus de 366 hectares de terres agricoles et dâespaces naturels.
Il a fait l'objet de nombreux avis critiques ou négatifs d'autorités indépendantes dont:
- Autorité environnementale,
- Commissariat Général à l'Investissement,
- Conseil national de la protection de la nature,
- ...
Et des milliers d'avis nĂ©gatifs de citoyens lors des enquĂȘtes publiques.
Ce projet d'autoroute est inutile.
Comme l'a souligné la contre expertise du Commissariat Général à l'Investissement:
« la capacité de l'infrastructure proposée reste trÚs largement au dessus des besoins estimés à moyen et long terme [...] les trafics attendus ne dépassent guÚre les 15.000 véh./jour quand une autoroute à 2x2 voies peut supporter plus de 40.000 véh./jour en conditions normales de circulation » .
Le gain de temps est estimé à 20minutes en moyenne par le concessionnaire de l'A69.
Cet argument devient irrecevable si l'on considĂšre que la vitesse limite de 130 km/h sera inĂ©vitablement amenĂ©e Ă ĂȘtre abaissĂ©e dans le futur pour rĂ©pondre au plan de sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique destinĂ© Ă rĂ©duire la consommation dâĂ©nergie globale du pays.
Ralentir aujourdâhui nâest plus une option!
Ce projet d'autoroute est destructeur de l'environnement avec des dommages irrĂ©versibles qui ne se compensent pas comme la destruction de 11,7ha de bois (dont des centaines dâarbres centenaires) et de 22ha de zones humides.
Comme le constate lâAutoritĂ© environnementale:
« ce projet routier, initiĂ© il y a plusieurs dĂ©cennies, apparaĂźt anachronique au regard des enjeux et ambitions actuels de sobriĂ©tĂ©, de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă effet de serre et de la pollution de lâair, dâarrĂȘt de lâĂ©rosion de la biodiversitĂ© et de lâartificialisation du territoire et dâĂ©volution des pratiques de mobilitĂ© ».
Dans le triptyque ERC (Eviter, RĂ©duire, Compenser), Ăviter aujourdâhui nâest plus une option.
Ce projet d'autoroute est injuste socialement.
Sur la base des donnĂ©es fournies par le concessionnaire de l'A69, il sâagissait dĂ©jĂ d'une des autoroutes les plus chĂšres de France.
Or ce coĂ»t est dĂ©jĂ réévaluĂ© et atteindrait Ă sa mise en service prĂšs de 20 ⏠lâaller/retour pĂ©nalisant ainsi les dĂ©placements des personnes modestes qui plus est en privatisant une partie des amĂ©nagements publics existants aujourdâhui dâusage gratuit (9kms de dĂ©viations publiques Ă Soual et Puylaurens).
Pour rappel, lors de l'enquĂȘte publique environnementale, la commission d'enquĂȘte a Ă©mis une rĂ©serve sur le coĂ»t du pĂ©age dans son rapport de FĂ©vrier 2023.
Cette réserve, non levée par les 2 préfectures, aurait dû rendre caduque l'autorisation environnementale délivrée en mars 2023.
Justice et Ă©quitĂ© ne sont plus aujourdâhui des options pour rĂ©ussir la transition Ă©cologique.
Câest un projet massivement rejetĂ© par les habitants du territoire.
61 % des habitants du Tarn et de la Haute Garonne se déclarent favorables à l'abandon du projet (source sondage IFOP du 19/10/23).
Il est également fortement contesté par des scientifiques à la fois locaux et nationaux et issus de toutes les disciplines.
Plus de 2.000 scientifiques, dont dix auteurs principaux du GIEC et des reprĂ©sentants de lâIPBES ou du CNPN, ont appelĂ© le prĂ©sident de la RĂ©publique Ă renoncer Ă ce projet.
Mme Valérie Masson Delmotte, climatologue internationalement respectée, membre du Haut Conseil pour le climat, et dont les prises de position sont rares, a choisi de pas rester silencieuse et de joindre sa voix à la demande d'abandon du projet.
Ces scientifiques se prononcent sur la base dâĂ©valuations aux regards du cadre inscrit dans la loi qui vise Ă diminuer nos Ă©missions de gaz Ă effet de serre pour limiter les risques climatiques croissants et menaçants et protĂ©ger les populations.
De plus en plus d'élus se prononcent CONTRE.
Répondant à l'appel de l'Association Des Maires du Tarn en Octobre 2023, seuls 25% des élus du département du Tarn se sont déclarés favorables au projet.
Pire, sur les 29 communes affectées directement par l'infrastructure, à peine 20% des élus l'approuvent.
SĂ©bastien Vincini, prĂ©sident du dĂ©partement de la Haute Garonne Ă©galement impactĂ© par le projet, appelle l'Ătat Ă "rĂ©interroger le projet" !
Non, contrairement à ce qui est clamé par les pouvoirs publics et le gouvernement, les élus locaux ne soutiennent absolument pas massivement ce projet.
Nous demandons, conformément à l'engagement pris en 2022 par le président de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire, que lorsque cette pétition dépassera les 10.000 signatures elle soit examinée par la dite commission et que des auditions soient organisées pour entendre les scientifiques locaux et nationaux, les acteurs économiques du territoire, les agriculteurs, les associations qui ne cessent de répéter que ce projet est inutile, injuste, écocide, climaticide.
Cette autoroute est le symbole de ce que l'on ne peut plus accepter si l'on veut assurer véritablement le changement de nos modes de vie, indispensable pour affronter les enjeux majeurs du XXI Úme siÚcle.
Faire autrement nâest plus option.