À Lyon, la justice s’oppose (de nouveau) au licenciement « disciplinaire » d’un syndicaliste de Solutec
À Lyon, la justice s’oppose (de nouveau) au licenciement « disciplinaire » d’un syndicaliste de Solutec
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La cour administrative d’appel de Lyon a désavoué le groupe informatique Solutec (racheté par le groupe Aubay) qui voulait poursuivre la procédure de « licenciement disciplinaire » engagée en septembre 2022 à l’égard de Yanis C, un de ses représentants du personnel.
Yanis C – qui était à la fois membre du comité social et économique (CSE), délégué syndical Solidaires Informatique et conseiller salarié – s’était vu reprocher d’avoir employé, à l’époque, un « ton vif » et d’avoir tenu des « propos irrespectueux » sur sa cheffe lors d’une visite des locaux de l’entreprise, en présence de sous-traitants, dans le cadre de l’élaboration du plan de prévention des risques professionnels.
Il avait au préalable « refusé de se conformer à la procédure d’accès » sécurisé dans ce « secteur protégé » des locaux de la société. L’intéressé avait finalement « obtempéré » en présentant « le document d’identité réclamé ».
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Encore un épisode de l'insoutenable subordination des salariés (https://shs.cairn.info/l-insoutenable-subordination-des-salaries--978274926849?lang=fr, (
L’insoutenable subordination des salariés Par Danièle Linhart )
- https://solidairesinformatique.org/2024/11/27/esn-et-sous-traitance-faisons-de-linformatique-un-bien-commun-ou-un-service-public/ (2024-11-27 ESN et sous-traitance : faisons de l’informatique un bien commun ou un service public)
ESN et sous-traitance : faisons de l’informatique un bien commun ou un service public
Les ESN (Entreprises de Service Numérique / ex-SSII) sont aujourd’hui présentes majoritairement dans l’informatique, prenant la place qu’on leur a laissée. Elles ont quasiment remplacé les services informatiques des anciennes entreprises publiques – EDF, SNCF, ENEDIS, AREVA, La Poste – mais sont aujourd’hui présentes dans quasi toutes les grandes entreprises (Carrefour, Casino, Vinci, Veolia, Accor, les banques, M6, France TV, Thales, Volvo).
Elles font partie d’une stratégie patronale de division ; par exemple, la SNCF, la Poste ou EDF qui sont des entreprises publiques avec des droits sociaux et syndicaux très important, mais aussi un taux de syndicalisation important. Plutôt que de mettre des salarié-es de l’entreprise à des postes informatiques, ils ont préféré arguer que ce n’était pas leur cœur de métier et ont pris des prestataires de service. Cela revêt un double avantage pour les patrons : les salarié-es ESN sont isolé-e-s et ne s’identifient pas aux salarié-es syndiqué-es de l’entreprise donneuse d’ordre, ne profitent pas des avantages du CSE, ne reçoivent pas l’information syndicale ; mais surtout, c’est une population salariale qui se voit parfois comme une privilégiée, qui est très peu syndiquée et qui ne fait pas grève. On a donc l’avantage de remplacer une population chez l’entreprise comme EDF, très syndiquée et volontiers gréviste, par une population sans culture syndicale et non gréviste.
Les ESN ont un coût plus important pour l’entreprise donneuse d’ordres – compter minimum en moyenne 350 € de facturation par jour, soit 7000 € par mois facturés à l’entreprise donneuse d’ordres. Ce n’est pas pour autant que les salarié-es en profitent, bien au contraire : les ESN maintiennent les salaires au plus bas par différentes techniques de maltraitance et empochent la différence.
Les salarié-es des ESN ont souvent un double employeur, même si ce n’est pas censé être le cas sur le papier, un chez le client et un chez son vrai patron. La mauvaise organisation du travail qui en découle génère des situations de souffrance au travail à n’en plus finir. Ces deux employeurs se renvoient mutuellement la responsabilité au moindre problème, rejetant finalement la faute sur les salarié-es qui subissent des brimades injustifiées, des changements abrupts et punitifs de collectifs de travail et des mises au placard.
Nous devons adapter notre syndicalisme à cette situation de double employeur. Avoir des contacts avec les syndicats de l’entreprise cliente pour discuter et faire remonter les problèmes avec le client. Même s’il n’y a pas forcément Solidaires Informatique, ni un autre syndicat Solidaires, cela ne doit pas empêcher toute coopération que les syndiqué-es jugeront opportune. Si un autre syndicat Solidaires est présent chez le client, la question de la double syndicalisation se pose. La double syndicalisation n’étant pas clairement prévue dans nos statuts, un groupe de travail sera constitué pour proposer une modification des statuts au congrès 2025.
Les ESN profitent du droit syndical faible et de la loi très laxiste sur la sous-traitance, elles profitent également de notre isolement syndical.
Pour nous, il faut abolir les ESN car elles ne créent aucune valeur et profitent des stratégies patronales pour casser la solidarité des travailleur-ses.
Nous revendiquons :
- L’expropriation des ESN et la mise en place d’un pôle public de l’informatique autogéré par les travailleur-ses et en lien avec les utilisateur-ices ;
- L’internalisation des salarié-es qui le souhaitent dans les entreprises donneuses d’ordres ;
- La mise en place de coopératives de l’informatique ;
- La condamnation des entreprises donneuses d’ordres qui font appel à la sous traitance ;
- L’interdiction de la sous-traitance.
Si l’informatique ne profite qu’à une minorité, elle n’a aucun intérêt.
Notre syndicat mettra en place des actions suivantes :
- Informer les étudiant-es (en y développant la culture syndicale !), car les ESN font beaucoup trop de pub, on ne peut les laisser avoir le monopole de l’embauche des nouveaux diplômé-es, il faut expliquer comment se passe le management dans les ESN ; et qu’il existe autre chose comme avenir que les ESN
- Décrire les absurdités des organisations du travail, de ce qu’on nous fait faire, ce que ça nous fait subir la sous-traitance, expliquer l’impact que ça a de ne jamais croiser les utilisateur-ices des outils qu’on développe ; Expliquer et raconter « Pourquoi on est rentré-es en ESN ? Pourquoi on y reste ? »
- Développer des liens, voire une double-syndicalisation, avec les syndicats des entreprises et administrations donneuses d’ordre afin de casser l’exploitation par la sous-traitance
- Travailler l’idée de « bourses du travail numériques » pour assurer la sécurité de l’emploi en sortie d’études et en reconversion professionnelle, et permettre la sortie d’ESN
#ESN #SousTraitance #MalTraitance #BienCommun #ServicePublic #Solidaires #Syndicat #Solutec #Aubay
Les ESN (Entreprises de Service Numérique / ex-SSII) sont aujourd’hui présentes majoritairement dans l’informatique, prenant la place qu’on leur a laissée. Elles ont quasiment remplacé les services informatiques des anciennes…
- https://www.rue89lyon.fr/2025/09/25/turn-over-licenciements-abusifs-lyon-fonctionnement-bancal-solutec/ (Turn-over et « licenciements abusifs » : à Lyon, le fonctionnement bancal de Solutec)
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Spécialisée dans l’ingénierie informatique, Solutec, 112 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, vient d’être racheté par Aubay, un mastodonte des entreprises des services du numérique (ESN), membre du club restreint du CAC40.
Sa spécialité ? Sous-traiter le service informatique pour ses clients. Parmi eux : EDF, Orange, la Métropole de Lyon, Enedis, TF1, Groupe Casino, Carrefour, SFR, Société Générale, France télévisions, Séphora…
Un tableau de chasse garni. Solutec dispose de bureaux à Lyon, Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse et Lille.
Nombre de salariés dénoncent des « licenciements abusifs » et un management toxique.
Contactée à plusieurs reprises, l’entreprise n’est pas revenue vers nous.
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#Informatique #ManagementToxique #SousTraitance #MalTraitance #ESN #Lyon #Solutec #Aubay #Rue89Lyon #Rue89
Justice de classe pour les salarié·es en sous-traitance : 1 an de travail gratuit pour le syndicaliste qui fait bien son travail
Solutec-Aubay refusait de donner au syndicat le moyen contacter ses salarié·es placé·es en sous‑traitance comme la loi les y oblige. Notre délégué syndical a été lourdement condamné par la justice pour avoir malgré tout contacté ses collègues.
Solutec-Aubay refusait de donner au syndicat le lieu de travail des salarié·es placé·es en sous‑traitance et le moyen de les contacter comme la loi les y oblige. C’est notre délégué syndical qui a été lourdement condamné par la justice pour avoir malgré tout contacté ses collègues.
On continue place Guichard pour soutenir un camarade avant son procès, pour avoir envoyé un mail à ses collègues en sous-traitance.
Défendons le droit des syndicats à joindre les salarié•es en sous-traitance pour défendre leurs droits et améliorer leurs conditions de travail. ✊️
Garde à vue, procès, et 100 000 euros demandés pour un mail syndical chez Solutec
Accusé de piratage pour avoir envoyé un mail syndical, Yanis C., salarié d’une entreprise de services numériques, est jugé à Lyon vendredi 20 juin. L’affaire met en lumière les difficultés du syndicalisme dans le secteur informatique. « C’est bientôt le moment de […]
Répression syndicale : à Lyon, un informaticien de Solutec devant la justice
#RépressionAntisyndicale #SousTraitance #Solutec
https://www.rue89lyon.fr/2025/06/18/lyon-syndique-solutec-devant-justice/
La presse en parle. ⬇️
Garde à vue, procès, et 100 000 euros demandés pour un mail syndical : le calvaire d’un ingénieur informatique.
Accusé de piratage pour avoir envoyé un mail syndical, Yanis C., salarié d'une entreprise de services numériques, est jugé à Lyon vendredi 20 juin. L'affaire met en lumière les difficultés du syndicalisme dans le secteur informatique.
Défendons le droit des syndicats à joindre les salarié·es en sous-traitance pour défendre leurs droits et améliorer leurs conditions de travail. — @SolInfoNat appelle à la grève ce vendredi 20 juin et à un rassemblement, dès 12h place Guichard, avant l'audience du procès d'un délégué syndical au tribunal judiciaire de Lyon à 14h.
Ce qui est en jeu dans ce procès, c’est le droit des syndicats à joindre les salarié·es en sous-traitance pour défendre leurs droits et améliorer leurs conditions de travail.