🧵 Ryan’s Daughter
Vous voulez le scénario ? J’ai ! 😊
https://davidlean.com/downloads/Ryan%27s%20Daughter-1970-10-07-Draft.pdf
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🧵 Ryan’s Daughter
Vous voulez le scénario ? J’ai ! 😊
https://davidlean.com/downloads/Ryan%27s%20Daughter-1970-10-07-Draft.pdf
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Des films des ces années, à l’opposé de Ryan’s Daughter (sans ordre)
Deep End, Jerzy Skolimowski, 1970
Don't Look Now, Nicolas Roeg, 1973
Model Shop, Jacques Demy, 1969
Portrait d'une enfant déchue, Jerry Schatzberg, 1970
The Conversation, Francis Ford Coppola, 1974
Zabriskie Point, Michelangelo Antonioni, 1970
Wanda, Barbara Loden, 1970
The Effect of Gamma Rays on Man-in-the-Moon Marigolds, Paul Newman, 1972
Husbands, 1970, Minnie & Moskowitz, 1971, John Cassavetes
Play Misty for Me, Clint Eastwood, 1971
Alice dans les villes, Wim Wenders, 1974
Les Doigts dans la tête, Jacques Doillon, 1974
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Je vous donne à lire un peu. En deux pouets : la critique du Monde en 1970, par Louis Marcorelles, assassine comme la plupart, et puis 40 ans plus tard, Noémie Luciani revient sur le film en 2013, et interroge la détestation qu’il a pu susciter alors.
Je suis plus ambivalent que je ne le dis. J’ai un attachement irraisonné au film, mais c’est vrai que c’est lourd, souvent ! Le décalage avec son époque est immense. Il y a un truc dans le ciné de 1967 à 1974 très spécial, pour une partie des films de ces années, une manière de filmer, peut-être de filmer les corps. Ça dure 7 ou 8 ans, et puis c’est fini.
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Il y a un livre qui existe sur le film, son tournage, etc. On le trouve facilement et pour pas trop cher sur les sites de livres d’occase. J’ai acheté le mien bien après notre voyage à Dingle.
Textes, photos, et les lieux de tournage placés sur des cartes. En dehors du village et de l’école, ce sont des lieux très divers et pas du tout connexes, en fait. Si on est attentif au film, on voit à quel point les différents lieux, plages etc. raccordent mal. Mais on s’en fout… 😊
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Dans les années 2000, c’est moins le cas, l’enjeu sera le numérique surtout, bientôt (pour le 70 mm, il y a le son DTS « special venue », mais je laisse ça de côté.)
En 2005, pas de DVD de Ryan’s Daughter en vue. La sortie d’un tel DVD tarde beaucoup ! Une pétition est lancée pour réclamer qu’il soit produit. Ça finira par arriver, mais très tard. Et toujours pas de blu-ray ! – si : il y a un blu-ray espagnol, mais c’est un pirate produit par on ne sait qui, probablement d’après la HD streamée sur les plateformes, et de mauvaise qualité. On le déconseille.
Ça reste un film maudit, avec des fans, quoi.
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Le 70 mm, c’était du son magnétique 6 pistes (5 frontaux, 1 arrière) bien avant le Dolby et la stéréo. Après 1970, le format disparaît pour les tournages. Il revient comme format d’exploitation au début des années 1980, avec des films 35mm gonflés et remixés, Apocalypse Now, et les hélicoptères qui arrivent de l’arrière, Indiana Jones, etc.
J’en parle parce que dans les années 80 et 90, il y a une mode des rétrospectives des films 70mm, surtout l’été. Playtime, Lawrence d’Arabie, etc. Dans les salles équipées : le Kinopanorama, le Max Linder, l’Arlequin. C’est ainsi que j’ai revu Ryan’s Daughter n fois.
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Un mot de la diffusion du film. J’ai vu le film avec mon père au Rex de Bordeaux, la « salle atmosphérique » d’Émile Couzinet, sans doute début 1971 (je n’avais pas encore 12 ans). À la séquence de la « baisade », mon père s’est tourné vers moi, et il m’a dit « je ne suis pas sûr que ce film soit pour ton âge, mais enfin, on est là… » 😊 C’est dans cette salle que j’avais vu Playtime quelques années auparavant. J’en déduis que Couzinet avait équipé sa salle d’une cabine 70mm (mais je n’ai pas réussi à documenter l’info). C’est la dernière année glorieuse de cette salle…
(suite pouet suivant)
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Et alors, comment ça s’est passé entre la population et l’équipe du film ? J’en ai parlé bien sûr, par exemple avec l’hôtesse du B&B, qui en avait eu le récit par ses parents. (j’ai lu des trucs aussi.)
La péninsule de Dingle était une région reculée, pauvre, où on parlait le gaélique irlandais. Le film, c’était une grosse prod. Construction, transport, logement, restauration, figuration : tout le pays a été employé et associé au film. Mais ces Irlandais hallucinaient de ce qu’ils découvraient, parce que c’était « sexe, drogue (et rock’n roll) » et il n’étaient pas, mais alors pas du tout, habitués à ça...
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🧵 @cathy
Je complète. On aurait aimé que la commune entretienne cette école-décor, mais non. Il faut dire qu’il ne ressort pas du film une image flatteuse de la communauté villageoise irlandaise. Je me suis dit que ça avait dû jouer.
Admiration pour l’art du repérage, qui a conduit à choisir les emplacements des décors. Cette côte est très abimée par un POS portnawak, et pourtant ça marcherait encore ! une colline discrète qui masque ici, une autre là. Incroyable ! on pourrait refaire le film demain.
[Cette jolie petite plage, c’est la plage de la tempête du film. Et puis en mai, c’est fleuri partout.]
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🧵 @cathy
Quand j’ai proposé l’Irlande à Sabine la 3ᵉ fois, elle m’a dit « OK, mais pas le Donegal ». J’ai répondu « Alors, on va à Dingle, on verra les lieux du tournage de Ryan’s Daughter ».
En 2005, le web est moins riche, et l’enquète sur place n’est pas évidente. Finalement, en demandant, je trouve. Ce sont tous des décors construits pour le film. La prod a fait don du décor de l’école à la commune. Le décor du village, dans les collines, a été démonté, il en reste les pavés de la rue. En 2005 il reste encore le souvenir du toit de l’école.
[c’est un peu du radotage : je raconte ça souvent]
(suite pouet suivant)
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