#TIL Dans Roe v. Wade, Roe c’est Jane Roe, mais c’est un pseudo pour préserver la vie privée de Norma McCorvey. Bien plus tard, en 1995, Norma McCorvey est une born again et devient une figure anti-avortement. Elle meurt en 2017 à 69 ans.
Le portrait dans Le Monde de Norma McCorvey (mai 2022) dessine une personne plus complexe que ce « passage à l’ennemi » qui a été retenu.
Peu de temps avant sa mort, déjà malade, elle est filmée pour un documentaire qui sortira en 2020 : Aka Jane Roe. Interrogée sur ses années dans le mouvement pro-life, elle répond : « J’ai pris leur argent, ils m’ont mise devant les caméras, m’ont dit quoi dire et c’est ce que je disais. » « Tout cela, c’était une mise en scène ? », la relance le réalisateur. « Oui (…), j’étais une bonne actrice. »
« Être Jane Roe, c’était une carrière pour elle, indique Mary Ziegler. Elle l’utilisait pour gagner de l’argent avec les pro-choice puis les pro-life. Mais il ne faut pas non plus tout ramener à une histoire de sous, car ses positions sur l’avortement ont toujours été compliquées. »
Joshua Prager, journaliste : « Elle estimait, comme une majorité d’Américains, que l’avortement devrait être légal uniquement pendant le premier trimestre. C’est ce qu’elle affirmait en privé. Elle était mal à l’aise sur le sujet aussi bien quand elle était avec les pro-choice que quand elle était avec les pro-life. En ce sens, elle incarnait à la perfection les contradictions et les ambivalences de ce pays. »
Elle est lesbienne, ce que bien sûr elle ne révèle pas au groupe anti-avortemment qu’elle a rejoint. Et puis, il y a sa vie et ses difficultés, les enfants qu’elle met au monde et doit abandonner…
Voir aussi : bande-annonce de Aka Jane Roe
Norma McCorvey, le double visage de l’accès à l’avortement aux Etats-Unis
Son pseudonyme, « Jane Roe », a donné son nom à l’arrêt de 1973 légalisant l’interruption volontaire de grossesse, aujourd’hui remis en question par la Cour suprême. Norma McCorvey est devenue une fervente militante du camp anti-IVG.