- https://www.franceinfo.fr/monde/iran/manifestations/manifestations-en-iran-les-armes-lourdes-ont-ete-utilisees-assure-la-presidente-de-l-association-iran-justice_7736101.html
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Chirinne Ardakani, avocate franco-iranienne et présidente de l’association Iran Justice, dénonce lundi 12 janvier 2026 sur franceinfo "les massacres" commis en Iran "lors des manifestations des 48 dernières heures".
L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d'au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus lourd.
L'IHR a aussi estimé à plus de 2 600 les manifestants arrêtés.
C'est, selon elle, "l'un des épisodes les plus sanglants depuis la révolution de 1979."
"Ce dont on est certain, c'est que les armes de guerre ont été utilisées avec des scènes de massacre dans les rues pour réprimer les manifestants", affirme Chirinne Ardakani, qui est par ailleurs l'avocate de Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, de nouveau interpellée le 12 décembre à Mashhad.
Elle parle de "milices surarmées" utilisant "des mitraillettes" contre les manifestants.
Selon elle, "il y a un amoncellement des corps véritablement dans les morgues".
Les médecins, d’après leurs témoignages, "n’étaient pas en capacité de traiter tous les blessés qui arrivaient massivement dans les hôpitaux".
Le régime a coupé internet dans tout le pays pour "le plonger littéralement dans le black-out complet", explique l'avocate.
Mais selon elle, "il y a eu dimanche soir, de nouveau dans les rues de Téhéran, mais aussi partout ailleurs, une poursuite des mobilisations malgré le massacre de la nuit précédente".
Déclenchée à Téhéran le 28 décembre par des commerçants furieux contre la cherté de la vie, la contestation s'est largement étendue.
Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains".
Le fils de l'ancien chah et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a exhorté sur les réseaux sociaux les forces armées et de sécurité à "se tenir aux côtés du peuple".
Le président américain Donald Trump affirme, de son côté, que l'Iran "veut négocier" et qu'une réunion est en préparation avec les dirigeants de la République islamique.
Il estime toutefois que Téhéran commence à dépasser la ligne rouge qu'il avait fixée concernant les morts de protestataires lors de ce mouvement d'une ampleur inédite depuis trois ans et prévenu que les États-Unis pourraient "devoir agir avant une rencontre", n'excluant pas les "options" militaires.
"C'est au peuple iranien de faire sa révolution", réagit l'avocate franco-iranienne. "Nous ne sommes pas dupes des intentions américaines", ajoute-t-elle, appelant la communauté internationale à qualifier "les crimes contre l'humanité qui sont en cours" en Iran.
L'avocate "doute que de nouvelles frappes, à supposer même qu’elles soient sur des installations militaires, puissent de façon tout à fait immédiate aller dans le sens des mobilisations".
Elle observe que "lorsqu’il y a des bombardements, les Iraniens arrêtent les mouvements, ils ne vont pas dans la rue".
Chirinne Ardakani dit enfin "attendre de la France qu’elle réunisse en urgence le Conseil de sécurité de l’ONU et qu’elle acte le désamour de la population iranienne avec son régime".
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