@Acermendax Bonjour, j’ai appris que votre émission sur le #fascisme aura lieu vers la rentrée, cela devrait vous permettre si vous le souhaitez de prendre connaissance de ces deux archives d’époque sur le #FascismeFrançais (parmi des tombereaux d’autres sur le sujet mais la plupart non destinées à la publication). Elles sont croisées de manière critique par l’historienne #AnnieLacroixRiz dans son papier La non-épuration américaine des partenaires financiers français. Des rapports incontournables depuis le premier après-guerre :

  • Veni Vidi Vichy (1944). Témoignage du grand diplomate #RaymondBrugère (1885-1966), fils du général #JosephBrugère, qui fut, parmi les diplomates français, le seul qui pût revendiquer, avant et pendant l’Occupation de la #France, le titre de patriote ou de résistant. En effet, il démissionna de son poste d’ambassadeur à #Belgrade le 17 juin 1940, pour protester contre la demande d’armistice maquillée en « demande des conditions d’armistice » par le radical pronazi (et très américanophile) #Chautemps, complice de #Pétain. Dans la troisième semaine de septembre 1944, #DeGaulle le nomma secrétaire général du Quai d’Orsay. Mais Trois semaines après sa nomination, il l’évinça, notamment pour avoir osé opposer, devant un représentant américain, le 21 septembre, la longue bienveillance de #Washington envers #Vichy et les humiliations systématiquement infligées au Gouvernement provisoire de la République de #DeGaulle, alors toujours pas reconnu.
    Extrait :

    Si dans le combat que je menais contre #Vichy auprès de mes collègues étrangers, il m’était relativement aisé de décortiquer à leurs yeux l’action individuelle et les tenants et aboutissants de gens comme #Pétain, #Laval, #Brinon, etc., par contre, je me heurtai — surtout en fin 40 et 41 — au travail mystérieux et souterrain d’une équipe à ramifications financières internationales dont on ne savait trop au juste qui tenait les fils et quelles en étaient les appartenances et aspirations politiques.
    Il s’agit de la fameuse « #synarchie », sorte de société secrète groupant un petit nombre d’industriels — polytechniciens, hommes de banque, inspecteurs des Finances — qui, les uns et les autres, aspiraient sur des bases antiparlementaires, sinon à la reprise du pouvoir, du moins à la prise des leviers de commande économiques du pays.
    […] L’organe financier autour duquel les dirigeants de la #synarchie gravitaient pour la plupart était la banque — aux multiples rayons — #HippolyteWorms. Cette banque avait, bien avant les événements de juin 40, étendu son emprise sur certaines administrations, en particulier, grâce à #DeMonzie et son chef de cabinet #Berthelot, sur celle des Travaux Publics. La #défaite fournit à la #synarchie, déjà installée dans la place par la présence de #Baudoin aux côtés de #PaulReynaud, une occasion inespérée de faire mieux ; elle devint vraiment une puissance et réussit à s’assurer, avec #Baudoin déjà nommé, les Affaires étrangères, avec #Belin le Travail, avec #Pucheu l’Intérieur, avec #Bouthillier les Finances, avec #Berthelot les Travaux Publics, avec #LeroyLadurie l’Agriculture, avec #Lehideux la Production Industrielle, avec #Barnaud les Affaires économiques franco-allemandes, avec #DuMoulinDeLabarthète le Cabinet du Maréchal.

  • The Forces of Collaboration. In Defeated France (1942). Article dans Foreign Affairs de #LouisRosenstockFranck (1906-1991), ancien élève de #Polytechnique, membre de #XCrise lié à #JeanCoutrot et à la droite la plus ouvertement anticommuniste de la #SFIO, dont #CharlesSpinasse, et de la #CGT, dont #FrancisMillion – auxiliaires avérés de l’inspection des Finances synarchique. Incontestable synarque, embauché à l’automne 1939 au ministère de l’Armement par le grand synarque #RaoulDautry, avait dans l’entre-deux-guerres beaucoup fréquenté les #ÉtatsUnis et était resté, apparemment sans césure, pro-américain […]. #Franck, passant les années d’Occupation de la #France au service des #ÉtatsUnis, avait eu en octobre 1942 l’honneur d’un article dans la revue officielle #ForeignAffairs, qui le présentait ainsi : « ancien fonctionnaire du ministère français des Finances et de l’Économie nationale ; un haut fonctionnaire au ministère de l’Armement, jusqu’à la capitulation ; désormais conseiller auprès du Board of Economic Warfare à #Washington ». [Il] décrivait […] avec une franchise malheureusement tempérée voire annulée par au moins deux motivations : ses compromettantes missions politico-syndicales d’avant-guerre, sous l’égide de #JeanCoutrot et alii, et la certitude des inévitables retrouvailles, après la guerre, avec ses pairs comploteurs d’avant-guerre restés sur place.
    Extrait :

    On the eve of #Munich, all the definitely pro-Fascist factions in #France were working under cover of darkness;

  • Alternativebit

    #Histoire #France #DrôleDeGuerre

    « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés.

    Les responsabilités des militaires français ne peuvent se séparer sur ce point de celles

    • des politiciens comme [Pierre] #Laval [(digne héritier de #Millerand par la corruption et par l’objectif, « soulever en France un formidable mouvement de fascisme, qui balaierait toute la gauche »)],
    • des journalistes comme [Fernand de] #Brinon [(« agent actif d’une politique de rapprochement avec l’Allemagne [nazie] »)],
    • des hommes d’affaires comme ceux du Creusot [(ie. le #ComitéDesForges de France , dirigé par un des régents de la #BanqueDeFrance, #FrançoisDeWendel)],
    • des hommes de main comme les agitateurs du 6 février [1934, début de la « seconde vague » du fascisme français, par une émeute contre le Parlement],

    mais si elles ne sont pas les seules elles n’en apparaissent que comme plus dangereuses et plus coupables pour s’être laissé entraîner dans ce vaste ensemble. »

    #MarcBloch, avril 1944, Cahiers politiques n° 8, « À propos d’un livre trop peu connu », L’étrange défaite, p. 253, servant d’exergue au Choix de la défaite, d’ #AnnieLacroixRiz, dont le dépouillage extensif des archives intérieures et étrangères confirme les responsabilités de ceux cités, mais en change la hiérarchie :

    Plus que les militaires pourtant, les hommes d’affaires de moins de « 200 familles », renouant avec #Thiers et #Bazaine, guidèrent la « haute trahison », « taxinomie » contemporaine selon le dictionnaire Robert de 2004 : « Intelligence avec une puissance étrangère ou ennemie, en vue ou en cours de #guerre. »

    Alternativebit