Sébastien Rochat

@sebastienrochat
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Prof-journaliste. Responsable du pôle Studio au CLEMI. #ClasseInvestigation.
Chroniqueur chez Arrêt sur images.
Merci d’avoir suivi ce #ThreadDuVendredi, préparé avec mes colocataires du pôle Studio du CLEMI (oui, on n’est pas propriétaire du service), Maud Moussy, Valériane Gouban et François Rose
Bref, on a gardé Niel dans cette infographie actualisée, que vous pouvez retrouver sur le site du CLEMI afin de bien comprendre “l’impact de la concentration des médias sur l’info”. Tous les détails de l’activité sont ici :
https://www.clemi.fr/ressources/series-de-ressources-videos/enclasse/limpact-de-la-concentration-des-medias-sur-linfo
L'impact de la concentration des médias sur l'info | CLEMI

Questionner la concentration des médias français et l’influence de leurs actionnaires est une question complexe mais nécessaire à aborder en classe. A partir de multiples documents, l'objectif de cette séquence est de comprendre comment ces propriétaires peuvent parfois avoir une influence sur la ligne éditoriale d’un média. Les élèves de première et de terminale pourront ainsi mieux appréhender les subtilités de la composition du paysage médiatique, s’interroger sur l’impact potentiel de la concentration des médias nationaux privés sur l’information et développer leur esprit critique.

C’est notamment ce qu’avaient souligné une enquête de Mediapart et une tribune de Julia Cagé, économiste des médias et présidente de la société des lecteurs du Monde pour qui ces statuts comportent des “brèches”.
https://www.arretsurimages.net/articles/le-monde-avenement-dune-dynastie-niel-par-julia-cage-et-benoit-huet
https://www.mediapart.fr/journal/economie/230821/l-embrouille-de-xavier-niel-autour-du-fonds-pour-l-independance-de-la-presse
Le Monde : avènement d’une dynastie Niel ? Par Julia Cagé et Benoît Huet - Par Tribune libre | Arrêt sur images

L'économiste des médias et présidente de la société des lecteurs du Monde critique les nouveaux statuts du quotidien et son fonds de dotation, a priori favorables à une sanctuarisation du capital préservant l'indépendance du Monde, mais qui donnent à Xavier Niel le contrôle de la gouvernance. Nous publions ci-dessous le texte qu'elle a adressé au journal, co-signé avec l'avocat Benoît Huet. Le Monde n'a pas publié cette tribune.

On l’a finalement repêché car il figure toujours sur la carte du Monde diplo, mise à jour en avril 2025. Et pour cause : de fait, selon les statuts du FIP, Niel exerce encore un contrôle important sur ce fonds.
Comme Le Monde est désormais détenu par le FIP et le Pôle d’indépendance, il était assez logique de retirer Xavier Niel de notre infographie. Sauf que… suspense…
Dit autrement : Le Monde ne peut plus être vendu, sauf décision unanime d’un conseil d’administration où les représentants des salariés sont représentés. Ce dispositif garantit une réelle indépendance capitalistique.
Pour résumer, Le Monde est désormais détenu à 72% par ce fonds et à 25% par le “Pôle d’indépendance” (représentant le personnel et les journalistes). Ainsi, le capital du groupe de presse “devient incessible sauf décision unanime du conseil d’administration”.
https://www.lemonde.fr/le-monde-et-vous/article/2024/04/23/groupe-le-monde-communiques-du-pole-d-independance-et-du-fonds-pour-l-independance-de-la-presse_6229436_6065879.html
Groupe Le Monde : communiqués du Pôle d’indépendance et du Fonds pour l’indépendance de la presse

Le Pôle d’indépendance du Groupe Le Monde se félicite de l’acquisition par le Fonds pour l’indépendance de la presse de NJJ Presse, société holding de Xavier Niel qui contrôle, via la société Le Monde libre, la majorité du capital du Groupe Le Monde ainsi que « Le Nouvel Obs ».

Le Monde
Dernier actionnaire de l'infographie: Xavier Niel. L’an dernier, il apparaissait comme le principal actionnaire du Monde. Depuis, il a cédé toutes ses parts (à l’exception d’une action) à un fonds de dotation baptisé “Fonds pour l’indépendance de la presse” (appelé aussi “FIP”, mais sans la musique)
Bref, s’agissant du Parisien, aux dernières nouvelles, la direction du média a fait savoir aux salariés que le journal n’était pas à vendre.
https://lesjours.fr/obsessions/l-empire/ep232-le-parisien/
Bernard Arnault renonce à vendre « Le Parisien » à Vincent Bolloré

Info « Les Jours ». LVMH a fait passer le message ce week-end aux salariés : le quotidien ne tombe pas dans les mains d’extrême droite de Bolloré. Pour le moment en tout cas…

Les Jours
La preuve ? Les journalistes peuvent activer une “clause de conscience” et quitter un média avec des indemnités conséquentes lorsqu’il y a un changement d’actionnaire… parce qu’un actionnaire peut changer la ligne éditoriale. CQFD.