Hé oui, « ne pas se faire chier » est un peu considéré comme l'aboutissement d'une vie réussie. Je vais pas jeter la pierre, je suis comme tout le monde, mon cerveau aussi me donne du plaisir quand j'arrive à minimiser l'effort pour faire quelque chose. Mais en même temps, laisser ses détritus sur place et dans la rivière quand on va pique-niquer, c'est aussi « moins se faire chier » que de les embarquer. C'était socialement acceptable il y a pas si longtemps, et ça n'est plus le cas… gardons espoir.
(j'aime bien cette image du pique-nique, mais pour l'instant j'ai convaincu personne avec, donc elle doit pas être terrible…)
Je plussoie ce podcast que j'adore, et cet épisode (un peu court) était très intéressant.
L'éléphant dans la pièce, c'est que faire durer et réparer ça va largement à contre-courant des dogmes croissantistes pour lesquels la « valeur » n'est créé que lors de transactions marchandes. C'est tellement profondément ancré dans nos pensées que l'on est facilement moqué (« oh le radin ! ») quand on essaye de ne pas céder au renouvellement compulsif de tout, tout le temps.
Anecdote perso vaguement en rapport, Noël dernier, un membre de ma famille et moi :
— Qu'est-ce que je prends à ta fille pour Noël ?
— Rien, on a trop de tout, déjà.
— Hahaha mais non, qu'est-ce que je prends ?
— ... un livre alors, c'est bien un livre.
— Ha mais non c'est pas assez, je vais faire un cadeau qui coûte plus, elle a pas de trottinette il me semble ?
— En effet, elle n'en a pas… bon ben d'occasion alors, sur le bon coin y en a plein.
— OK
Quelques jours plus tard : « Bon j'ai regardé, mais neuf ça coûte 30 euros, je vois pas pourquoi je m'emmerderai à prendre d'occasion sur le bon coin, j'en ai prise une neuve ».
Youssef Salem, 45, has always managed to miss his writing career. But the trouble begins when his new novel becomes a success because Youssef couldn't help but be inspired by his own, for better or worse. He must now avoid at all costs that his book falls into the hands of his family.