Je ne connais pas cette campagne aux vieilles pierres, aux tonnelles de lierre qui abritent de la chaleur. Peuplée de visages ridés mais chaleureux. Celle que je connais, je ne dirais pas la mienne, habite des maisons qu’on leur a conseillé de construire, avec des escaliers qu’ils peinent aujourd’hui à monter. Elle nait, vit et meurt dans le silence.
Comment font ceux qui font la manche pour rester polis ? Pour dire "passez une bonne soirée" quand on leur dit juste "désolé, j’ai rien". Qu’on ment par réflexe, par flemme, mais avec politesse, pour qu’ils nous aiment quand-même. On mériterait juste un molard au visage.
Je ne pars pas de plus loin que les autres. Je viens d’un milieu où on ne cherche pas à dépasser, à surclasser, un milieu sans ambition où on fait quelques efforts et peu de dépense. Un milieu où la folie se cache, se contient, où rien ne dépasse, où on parle et on se tait.