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Carnets d'exologie portative
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Ce deuxième moment de Contre-futur sera dédié à la question de la subjectivation, de l’individuation qui mène à quelqu’un ou quelqu’une, au devenir-personne, dans son rapport à la technologie, l’expérience - esthétique, affective, pulsionnelle – qu’elle génère (ou refoule), et la politique.
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RE: https://piaille.fr/@sonneur/116673360195939762
“Que reste-t-il de nous lorsque, fortuitement, notre marche s'échoue en la démarche de l'autre ? Une idée, semble-t-il, pas davantage puisqu'il ne reste que la forme d'une chute. Rien ne vagabonde pour autant du côté des divisions, l'heure n'est pas au complot, mais à la clandestinité de nos soupirs. [...]”
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> Les étudiants étrangers doivent s’acquitter de 2 895 € chaque année pour s’inscrire en Licence, et de 3 941 € pour une année de Master. Ces mêmes étudiants, non-boursiers, n’ont pas le droit de travailler au-delà d’un mi-temps. Ces règles ouvertement discriminatoires vont inévitablement enfermer de nombreux étudiants dans des situations sociales dramatiques.

La stratégie Bienvenue en France prétend renforcer l'attractivité internationale de la France en multipliant par 15 les frais d’inscription à l’université des étudiant·es non européen·nes. Si les exonérations étaient, depuis la mise en place de cette stratégie, la norme, le plan Choose France for higher Education entend y mettre fin. 2 895 € en licence et 3 941 € en master, c’est le prix que devront désormais payer les étudiant·es extracommunautaires pour étudier en France, contre 170 € et 243 € pour les autres. Les exonérations seraient limitées au cas par cas. Bienvenue en France porte atteinte au principe d'égal accès au service public. L'université française a historiquement garanti des frais d'inscription modestes à tou·tes ses étudiant·es, quelle que soit leur nationalité. Instaurer une tarification fondée sur l'origine nationale constitue une rupture profonde avec ce modèle. Des mécanismes de compensation « au cas par cas » ne sauraient y remédier dans des établissements déjà en sous-effectif administratif. Paradoxalement, ce programme qui veut renforcer l'attractivité de l’enseignement supérieur français vient fragiliser la recherche et la francophonie. Les doctorant·es et chercheur·es étranger·ères sont aujourd'hui indispensables à la vitalité scientifique française. Plus du tiers de nos chercheur·euses sont étranger·es. Les précariser et compliquer leur accès aux études supérieures risque de les détourner vers d'autres destinations, affaiblissant durablement la place de la France et de la langue française dans la production académique mondiale. D’un point de vue économique, cette mesure apparaît également contestable. En 2022, Campus France établissait que les étudiant·es étranger·ères génèrent environ 1,3 milliard d'euros de retombées économiques annuelles pour la France. Le gain promis par le ministre — 250 millions d'euros à horizon deux à trois ans — est donc très inférieur au manque à gagner que cette politique risque d'entraîner. La mesure se justifie mal, y compris sur le plan budgétaire. On peut donc craindre que ce plan ne cherche avant tout à faire supporter aux étudiant·es étranger·ères le coût du sous-financement chronique des universités, plutôt qu'à engager une réflexion sérieuse sur les ressources de l'enseignement supérieur public. Il s’agit en réalité d’une mesure purement idéologique. Oui, les universités françaises sont sous-financées, et il est urgent d'y remédier. Mais pas en faisant peser cette responsabilité sur les étudiant·es étranger·ères, qui comptent déjà parmi les publics les plus précaires de l'enseignement supérieur, et en donnant des gages à l’extrême droite. Oui, la France peut et doit renforcer son attractivité internationale. Mais ces objectifs ne peuvent être atteints en instaurant des barrières financières discriminatoires, contraires à nos principes fondamentaux. Nous demandons la suppression du programme « Bienvenue en France » et l’abrogation des frais d’inscription différenciés. Parce que l’université française doit rester un bien commun ouvert à toutes et tous, parce que le savoir ne peut être conditionné à l’origine ou aux moyens financiers, et parce que renoncer à cette exigence reviendrait à affaiblir durablement nos valeurs, notre recherche et notre avenir.
Depuis une quinzaine d'années, Amandine André et Emmanuel Moreira dessinent une configuration sensible et intellectuelle nommée La Vie manifeste, plateforme de textes, pièces sonores, interviews, traductions, images .
Ces dernières semaines, Emma a réinventé mon livre Traumachine par quatre podcasts qui proposent une nouvelle porte d’entrée – donc de sortie - dans l’univers techno-autoritaire. Une porte métaphysique dont la clef est audible. Tendez l’oreille.
Ce numéro spécial de Boundary 2 (online) me tient particulièrement à cœur, car il trace une voie viable pour l’écriture de la pensée. Les intelligences synthétiques nous obligent à adopter de nouveaux gestes – si l’on garde à l’esprit qu’être obligé n’est pas la même chose qu’être contraint : au fond, il s’agit là d’une question de morale grammatologique.
Mon texte, “Démence froide”, paru dans AOC le 18 mars 2026, ici repris en mode pdf sur la barque Résurgence :
https://atoposophie.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/04/demence-pour-resurgence.pdf