Némésis, ta mÚre
NĂ©mĂ©sis Ă©tait la dĂ©esse de la vengeance, celle des dieux qui sâabat sur les criminels impardonnables, ceux qui, dans leur orgueil dĂ©mesurĂ©, se comparent ou attaquent les dieux.
Se baptiser NĂ©mĂ©sis et se dire fĂ©ministe relĂšve donc a priori du contresens. La vengeance est une logique de punition. Le fĂ©minisme est une logique dâĂ©mancipation. Lâun sanctionne, lâautre libĂšre.
La vengeance nâest pas un projet politique dâĂ©galitĂ©. Le fĂ©minisme ne rĂ©clame pas un retour de bĂąton, il rĂ©clame la fin des coups. Il ne cherche pas Ă humilier, Ă chĂątier ou Ă se venger. Il cherche Ă transformer un systĂšme. Ainsi, se placer sous le signe de la dĂ©esse de la revanche, câest dĂ©jĂ trahir lâidĂ©e dâĂ©quitĂ©.
SAUF que rappelons-le, la déesse ne punit pas les criminels communs, elle punit les contempteurs du divin.
Or ces dames se sont surtout fait une rĂ©putation de rĂ©clamer la peau des personnes sous OQTF et autres supposĂ©s agresseurs trop bruns de femmes blanches, tout en ignorant dĂ©libĂ©rĂ©ment les agressions commises par les vrĂšfrançouĂ©desoucheuh. Quand une organisation ne sâindigne des violences sexuelles que lorsquâelles peuvent servir une grille ethnique, elle ne combat pas lâhybris. Elle la reproduit.
De lĂ , Ă penser que nos NĂ©mĂ©sis de salle de bains se visualisent en dĂ©esses outragĂ©es par la simple existence de gens plus colorĂ©s quâelles, il nây a quâun pas.
Que je franchis allĂšgrement.
Et je vous emmerde mesdames.