[En quête de sauvage] Les papillons de Marseille
Comme tout une chacune, j’ai toujours été émerveillée devant le vol gracieux des papillons, fascinée par les dessins parfois complexes et chatoyants de leurs ailes. Je dis “comme tout le monde” mais non, il est impossible que des êtres destructeurs de tout vivant comme Trump ou Netanyahou ressentent la moindre émotion devant la délicatesse et l’apparente fragilité des rhopalocères, les papillons diurnes — car je ne vous parlerai pas ici des hétérocères, les papillons de nuit. “Des papillons à Marseille, me direz-vous, quelle drôle d’idée !” C’est vrai, si j’en vois de temps en temps sur mon balcon, que j’en croise aux beaux jours dans les parcs et jardins, je n’y aurais pas pensé sans un merveilleux ouvrage sur les papillons de Marseille. Au printemps, j’ai donc contacté Magali Deschamps-Cottin, maître conférencière au Laboratoire Population – Environnement – Développement (LPED) et maîtresse d’œuvre de ce répertoire précis et exhaustif, extrêmement bien conçu pour que même un néophyte puisse reconnaître les papillons croisés sur son chemin… Je me rends, non sans quelques détours dus au GPS, dans le quatorzième arrondissement de Marseille, au Parc urbain des papillons. Créé en 2012 au cœur du domaine de la bastide de Montgolfier, devenue propriété de la Ville, en contrebas d’un ancien moulin et d’une tour romantique, le parc jouxte l’immense réserve d’eau du canal de Provence et surplombe la ferme pédagogique, provisoirement en jachère. Je rejoins un groupe de personnes en formation dans le cadre du dispositif Villegarden, qui questionne la biodiversité et les sols dans le contexte urbain de sept villes en France. Laisser vivre la nature Tandis qu’on mange un bout, Magali nous raconte : “Les papillons ne valent pas les abeilles en termes de pollinisation, car ils papillonnent, ne butinent pas les mêmes espèces de fleurs… En France, il y a 3000 espèces d’abeilles sauvages et une d’abeilles domestiques. Les abeilles sauvages aiment le bois mort, les coquilles d’escargot… Les abeilles domestiques chassent toutes les sauvages !” Je ne suis pas au bout de mes surprises. Ainsi, Magali nous apprend que “les fameux « hôtels à insectes » peuvent héberger des espèces invasives. Rien ne […]