Jean Mibus

@Jeanmibus
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Esthète en l'air
À partir du terrible triptyque propagandiste et oxymorique de George Orwell dans "1984"; "La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, et l'ignorance c'est la force", Raoul Peck tisse un documentaire en exégète du livre ainsi qu'en contempteur des dérives du monde actuel par les innombrables entorses à la démocratie avec lesquelles s'arrangent des démagogues, tel Trump, ou Poutine, pour s'emparer de tous les pouvoirs chez eux sans qu'aucun autre but n'apparaisse, et c'est là la faille.
"La guerre des prix" c'est "La loi du marché" version glamour. Sinon, même pénible logique du gain comptable appliqué à tous les domaines de l'existence excepté l'amour, ici décliné sous l'aspect éthique de celui qui unit un frère et une sœur. À part ça, des acteurs monomaniaques au bord de la caricature dans des scènes un peu grosses comme des vacheries gratuites. Bref, ça ne marche qu'à la fin, quand le titre apparaît. Il aurait fallu condenser tout le développement dans un premier acte en fai
Un film de 3h15 qui passe aussi vite, ça veut dire qu'il y a matière en mouvement perpétuel, des rebonds incessants, une dramaturgie qui va de l'avant, comme les "âmes fuyantes" des "Rayons et les ombres" de Xavier Giannolli. Pas de répit dans la narration donc, mais une sorte de neutralité mise en spectacle ; celle du scénario qui n'appuie pas là où ça pourrait faire mal, et celle du personnage joué par Dujardin, qui reste coi malgré ses doutes, parfois naïf et résolument corrompu. Donc coupabl
...(vu)... Mais le plus remarquable ce sont ces moments de vide, quand elle débarrasse la table après le petit déj, qu'elle parcoure l'Open space de la maison pour mieux montrer le fonctionnel froid qu'on retrouve dans leur couple, si banalement axé sur les déterminismes relationnels sans que cela augure le moindre geste, à part fumer un clop!, de rébellion par rapport à l'ennui profond se dégageant du film, représentation sans éclat de la vie des beaufs, qui dénonce à peine le rien existentiel
Comme j'avais déjà vu "L'avenir" de Mia Hansen-Love, hier soir j'ai regardé "La vie domestique" d'Isabelle Czajka, et j'étais heureux d'admirer Emmanuelle Devos très jolie, et Julie Ferrier aussi, même si elle se dévalorise toute seule, et encore Natacha Régnier, enceinte, figée dans son bonheur. Bon ! Il y a une critique assez fine de l'approche moderne économique du monde mais pas grand chose pour relever la tête, ça date de 2013, la déferlante woke n'avait pas encore sévi, sinon je l'aurais v
Ce qui est bien dans "Razzia sur la schnouf" que j'ai vu hier, c'est qu'on ne comprend absolument rien à ce qu'ils disent, et comme par ailleurs ils sont très statiques et semblent, par leur dialogue, s'échanger des informations essentielles sur un traffic de drogue, par grommellements et galimatias successifs, leur jeu apparaît comme une sorte de concours d'autorité par le son le plus fort que sera capable d'émettre celui qui arrivera à passer au dessus des autres dans un brouhaha permanent.
... obtenir véritablement de réponse à ce qui la travaille, cela aboutissant finalement à un procès de ce qu'il faut bien nommer hystérie, et à travers lequel des figures émergent, comme le chimpanzé, et des intentions masculines sont clarifiées. Bref! "Victoria" a pas mal de charme par la maîtrise de ses digressions et surtout grâce à l'interprétation de Virginie Efira.
Dans "Victoria" de Justine Triet il y a cette toile de fond judiciaire qui fera le théâtre d'"Anatomie d'une chute", mais là, beaucoup plus relâchée, le sujet étant centré sur le personnage joué par Virginie Efira, en pleine phase névrotique entre lâcher prise et obsession professionnelle. Cela donne un film à la fois tendre et fou, très dans un rythme feel good mais trimballant une inquiétude tenace, témoins le psy, la cartomancienne, le médecin parallèle, et les amis qu'elle interroge sans...
Second film de Victor Erice dont j'ai beaucoup apprécié "Fermer les yeux", "Le sud" date de 1983 et place son récit vers la fin des années 50 dans l'Espagne franquiste. Une enfant découvre son père, sourcier et devin maniant un pendule, et plus elle s'intéresse à lui, plus il apparaît secret et introverti, cela semblant entrer en résonance avec la compréhension du monde hermétique dans lequel cette enfant grandit. Le rêve d'un sud coloré et pittoresque contraste avec une situation grave et pesan
Récit initiatique à tendance bucolique, "Little trouble girls" met en scène des jeunes filles en fleur réunies en stage choral dans un prieuré Orthodoxe en travaux. Copines aux tempéraments opposés, Lucia et Ana-Maria se poussent l'une l'autre dans leurs retranchements propres, rivalisant d'ingénuité pour échapper à l'ordre rigoureux du cadre estival où elles s'ébattent, jusqu'à ce que leur complicité trouble l'objet même de leur amitié; le chant. Lucia en perd une vocation contre une certitude.