Jean Mibus

@Jeanmibus
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Esthète en l'air
... quartiers, le retour à la normale qui s'en suit, provisoirement, puis la fin qui se greffe après une scène digne d'un film d'horreur, c'est du grand art.
Revoir la palme d'or 2019, "Parasite", c'était alléchant, mais la version Française a gâché mon plaisir. Alors je me suis concentré sur la trame imagée, tout à fait impressionnante, surtout quand le film bascule dans le thriller fou avec la découverte du personnage caché dans la cave de cette maison de riches investie par une famille pauvre ayant réussi à faire à chacun de ses quatre membres une place de choix. L'urgence qui survient par les pluies torrentielles, l'eau envahissant les bas...
Épatant "Cocotte", film Grec dont le principal protagoniste est une poule. Parce qu'elle est noire elle est retirée de l'élevage auquel elle était destinée, avant d'échapper plusieurs fois à la mort et se retrouver dans un poulailler, nourrie, à pondre pour le propriétaire qui par ailleurs abrite des migrants en transit. L'analogie voyage ainsi, de l'animal vers l'humain. Finement, et si c'est bien la poule qui a fait l'oeuf, le parti pris esthétique est remarquable de prouesses techniques.
Je ne pensais pas m'intéresser à "Il était une fois la révolution" de Sergio Leone, trop daté, usé... Et bien je suis resté fasciné par ce cinéma de "poseur" qui fait ses plans en virtuose de l'impression, charge une bande son totalement artificielle, enchaîne ses séquences comme elles lui viennent, y glisse des clips une bonne dizaine d'années avant que le format n'existe, synthétise Cecil B. DeMille et Fellini, bref, un film d'une rare intensité où ne figure qu'une seule femme, et en rêve...!
C'est un beau document sur la "Philharmonie de Paris" ce "Nous l'orchestre". Parce qu'il fait la part belle à la musique, on baigne dedans en permanence, ou presque, si bien que l'image invite avec pudeur au portrait de quelques musiciens qui font l'orchestre. L'image se promène dans la musique, et la perception audiovisuelle est motivée par la valeur des plans qui, selon qu'ils soient larges ou resserrés, diluent ou concentrent l'attention, cela installant ou dégageant la musique. Et les chefs.
"Un balcon à Limoges" aggrave le minimalisme en donnant à voir tout le dépit et la tristesse crue sous la norme du socialement correct, c'est à dire du chacun chez soi, dans son clapier où règne la télé, objet fétiche de l'aliénation. Bon... Je pourrais presque révéler le point de bascule du film, qui en fait un film bâclé quoi qu'efficace, parce qu'au fond, une fois admis la forme dépouillée mais coquine, j'espérais une réflexion plus poussée et moins spectaculaire, Fabienne Babe méritait mieux
Ma nouvelle télé ne me permet pas de voir les films en v.o, et pour "Vers un avenir radieux" de Moretti c'est dommage tant son personnage est bavard et à l'élocution posée, en italien qui, doublé, laisse une impression de neurasthénie tout à fait étrangère à la v.o que j'avais vue à sa sortie. Bref! Le propos est sérieux puisqu'il s'agit de réhabiliter le communisme italien qui s'est défait de l'emprise soviétique en 1956 après l'ingérence en Hongrie. Sinon, Nanni et ses turpitudes, et j'aime.
Il y a la passion picturale, les bords des hauts de Seine, la petite société nubis, le début XXe et surtout, l'amour de Pierre et Marthe Bonnard que Martin Provost saisi dans ses grandes largesses, n'allant pas au delà de l'anecdote passionnelle si bien que je n'arrive pas à voir autre chose que deux acteurs, certes très bons, jouant pour une caméra qui semblerait se prendre pour le pinceau du peintre. À mélanger divers registres; onirique, psychologique, biographique, le film n'a pas de colonne
Soit l'amour est un mythe auquel cas il supporte tous les mensonges, soit il est honnête et peut donc disparaitre à tout moment. C'est l'alternative que propose Pierre Salvadori avec "La Vénus électrique" qui se déroule entre fable légère et gravité ontologique sur fond de fête foraine et dans le Montmartre des années folles. Ainsi les personnages n'échappent pas à la candeur qui les constitue et permet le développement de la fiction. Pio Marmaï puise dans son registre lunaire, bon, on connaît.
En revoyant "La nuit du 12" j'ai apprécié comment Dominik Moll organise la mise en scène du traumatisme absolu auquel il s'attaque. Beaucoup de méthode, presque scolaire, ces plans de diversion comme un lampadaire sur fond de feuillages, la montagne, la piste cyclable... ça pose des temps exacts et bienvenus, quand un Gimenez par exemple, chercherait à coup sûr le coup de matraque scopique, là c'est dilué, éventé, ça baille. Alors j'entre dans le psychodrame surdéterminé par le polar et ça paie.