À chaque réforme des retraites, le gouvernement et les médias délimitent un cadre de discussion qui laisse dans l’ombre l’enjeu le plus décisif. Le système créé en 1946 donnait en effet aux salariés eux-mêmes, et non pas aux entreprises ou à l’État, la direction des caisses de la « Sécu ». Depuis, une volonté a animé les réformateurs de tout poil : reprendre ce pouvoir.
Tout le monde a désormais bien compris que « réforme » était le mot-codé pour dire « service du capital » : lui donner directement de l’argent, étendre ses latitudes stratégiques, accroître le périmètre de ses activités, augmenter sans fin son pouvoir sur le travail. « Réforme » n’est pas qu’un mot-codé, c’est un recouvrement.