Hier à la visite, après avoir râlé 10 minutes devant la chambre d'une patiente parce qu'elle est pour un autre secteur, la cheffe a dit à une jeune patiente qu'elle était "en dépôt" chez nous en attendant son transfert, et comme la patiente était tendue en entendant ces mots, ma cheffe lui a dit qu'on allait partir puisque de toute façon elle n'était pas là pour se faire aboyer dessus.
La patiente est revenue me voir plus tard pour dire qu'elle était en colère. J'étais bien à l'aise, dans ma position d'interne. Et puis ce matin, c'est la psychologue qui est venue m'en parler, elle voulait savoir si la patiente, qui lui avait raconté la scène, était interprétative (puisque ça lui arrive) ou pas. Je lui ai confirmé qu'elle ne l'était pas, que la visite avait effectivement été violente.
On a encore discuté longuement. Ça m'a fait du bien. De dire que je vivais mal ma position, de voir les relations avec l'équipe se déliter à chaque fois que je ne fais pas comme ils voudraient, d'avoir l'impression d'être un connard. Et puis elle m'a dit "merci". D'oser assumer mes positions malgré mon statut et les conséquences sur mes relations avec l'équipe. Ça m'a pris par surprise et j'ai failli pleurer. Je n'en peux plus.
Et j'aime pas l'impression que j'ai à chaque fois que j'en parle de me dresser en défenseur du pauvre et de l'orphelin. Mais c'est pas ça ! Il se passe vraiment des trucs moches qui pourraient être différents, et qui sont différents dans certains services à côté. Il faut que cette cheffe s'arrête définitivement, elle est trop fatiguée et malade pour ne pas maltraiter les patients.