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Même si ma relation à #JeBouquine est compliquée, cette nouvelle me rend triste, car elle est également ancienne. Rendons-lui hommage.

Comme pour beaucoup de garçons de ma génération, c'est ma soeur qui y était abonnée. Et quand je tombais dessus, je lisais tout: les actus, les critiques, le classique en BD, etc… sauf le roman. Ca ne m'intéressait pas.

Jusqu'au jour où #DragonMania (de Marie-Aude Murail, illustrations de Claude et Denise Millet) est arrivé…⤵️

#DragonMania, je l'ai lu dès que j'ai pu; pas tant parce que j'étais un grand fan de #DragonBall, mais parce que enfin, je voyais un roman qui se penche sur ma "culture". Avec un protagoniste partageant mes interêts (car oui je m'identifiais plus au petit frère qu'à la grande soeur qui était censément la protagoniste).

Ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier l'histoire d'une mère divorcée élevant seule ses deux enfants tout en travaillant et de son ainée assumant trop pour son âge en conséquence⤵️

Et puis mes parents nous ont acheté des romans dont j'ai découvert qu'il s'agissaient d'histoire originellement publiées comme roman dans #JeBouquine:

- "Le Secret du Pilfastron" (de Robert Escarpit, illustrations de François Avril),
- "Le Combat d'Odiri" (de Georges-Olivier Châteaureynaud, illustrations d'Arno"),
- "Le Voyageur Perdu" (de Jean-Marc Ligny, illustrations de Caza),
- et surtout "L'Enfant qui Venait de l'Espace" (de Robert Escarpit, illustrations de Caza).⤵️

"L'Enfant qui Venait de l'Espace" dont j'ai découvert encore plus tard qu'il s'agissait du premier roman publié dans #JeBouquine, en 1984! Soit l'année de ma naissance.

Oui, #JeBouquine est né la même année que moi (à moins que ce soit l'inverse), et a entamé sa série avec une histoire de #SF histoire de bien marquer le coup!⤵️

Et #Escarpit prenait ses lecteurs au sérieux: si la première partie de "L'Enfant qui Venait de l'Espace" relève "d'un peu de Van Vogt, un peu de Sheckley" comme il le fait lui-même dire à "Asimov" lors d'une pause au milieu du livre où on revient au dispositif, la deuxième partie se veut un hommage reprenant les codes de la série des robots, ce qui relève de la #SF pure et dure

Avec tout le respect que je dois à #JAimeLire, on y voyait très peu ce genre d'histoires (sauf par Jean Alessandrini)⤵️

Et parlons des illustrateurs: j'ai découvert par la suite que François Avril avait aussi fait de la BD, que Arno avait aussi fait de la BD, et que Caza avait aussi fait de la BD (en particulier sa série le Monde d'Arkadi, de thèmes proches du roman de Jean-Marc Ligny).⤵️
Et c'est ainsi que j'ai continué à lire du #JeBouquine de temps à autres, notamment "Un tueur à ma porte" (de Irena Drozd; je ne retrouve pas l'illustrateur original) dans la catégorie polar, "Devenez populaire en cinq leçons" (de Marie-Aude Murail, illustrations de Philippe Dupuy et Charles Berbérian) dans la catégorie "années collège", ou "Kidnapping en Télétrans", (de Joëlle Wintrebert, illustrations d'Yves Chaland) dans la catégorie "SF light"…⤵️
…et plus généralement la série des "Kamo" de Daniel Pennac avec notamment "La Vie à l'Envers" (illustrations d'Yves Chaland: https://www.amazon.fr/BOUQUINE-JE-No-1985-STEVENSON/dp/B0047SQ80W/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&crid=23VP3BBQIZK81&dib=eyJ2IjoiMSJ9.qn16P0ttSg1tVyRP1tLTog.3iCfrnv4gLcub4nHFypBrJRt2DT4HinWQf9gMr0uuI4&dib_tag=se&keywords=la+vie+%C3%A0+l%27envers+pennac&qid=1779983351&s=books&sprefix=la+vie+%C3%A0+l%27envers+pennac%2Cstripbooks%2C124&sr=1-1 ), finalement édité en livre sous le titre "Kamo et Moi", puis développé sur 240 pages dans "Messieurs les Enfants", et la série des "Marion" de Fanny Joly (illustrés d'abord par François Avril puis Catel Muller).⤵️
BOUQUINE (JE) [No 12] du 01/02/1985 - ROMAN - LA VIE A L'ENVERS PAR DANIEL PENNAC.- EN BANDE DESSINEE - L'ILE AU TRESOR DE R.L. STEVENSON. : Amazon.fr: Books

BOUQUINE (JE) [No 12] du 01/02/1985 - ROMAN - LA VIE A L'ENVERS PAR DANIEL PENNAC.- EN BANDE DESSINEE - L'ILE AU TRESOR DE R.L. STEVENSON. : Amazon.fr: Books

Seulement voilà, il était difficile d'ignorer que #JAimeLire avait (et continue d'avoir) plus de succès.

Et ce n'était pas usurpé! A la grande époque de AirBnB, quand on allait vraiment chez l'habitant, on pouvait souvent voir des collections de #JAimeLire.

Par contre, quand la rédaction de #JAimeLire, forte de ce succès, s'est étendue en démarrant "DLire" (renommé depuis en "J'Aime Lire Max"), ça a mis un coup de canif dans la logique de "un magazine pour chaque tranche d'âge".⤵️

Et quand on ajoute à ça le passage au numérique de #Phosphore, la disparition de #JeBouquine est-elle si surprenante? Pas vraiment.

Quoi qu'il en soit, je prends ça comme le signal qu'il est plus que temps de rassembler et étudier formellement tous les #JeBouquine du n°1 au 500 et des brouettes, car c'est une collection qui le mérite.

Bonus: sur le sujet de #DragonMania et du contexte de #JeBouquine en général, vous pouvez lire la lecture qu’en fait Nicolas Labarre, pleine de remarques pertinentes sur la quête de la protagoniste*, s’inscrivant pleinement dans les bouleversements culturels de l’époque: https://picturing.hypotheses.org/1233 (Lila n’étant que sa tiers-de-soeur)

*Quête qui m’évoque (est-ce une coïncidence?) celle de Bulma dans les premiers tomes de #DragonBall, qui recherche les Dragon Ball titulaires afin de trouver l’amour…

Dragon Ball Z dans Je Bouquine

ette histoire charmante, sur le plan graphique et narratif, a pour particularité de mettre en scène Dragon Ball et ses déclinaisons transmédiatiques, dans un magazine dont l'image de publication catholique, éducative, sage et cultivée (on y adapte beaucoup les classiques) pourrait difficilement être plus éloignée de l'image alors associée au Club Dorothée - qui ne s'arrête que deux ans plus tard - aux anime et aux mangas. En ce sens, ce numéro témoigne d'un moment d'acculturation de cette production transmédiatique dans un autre pan de la culture jeunesse. Le magazine Bayard avait initialement affiché sa compatibilité avec la science-fiction et le populaire des années 70-80 (le n°1, L'Enfant qui venait de l'espace, est une nouvelle de science-fiction de Robert Escarpit, citant Asimov et illustrée par Caza), mais il ne me semblait pas évident qu'il ait été disposé à tolérer de la même façon l'imaginaire populaire japonais, tel qu'il était alors importé en France.

Picturing it!