Mes gasconnismes

« T’es quelqu’un, toi »

Dans le Sud-Ouest, « T’es quelqu’un, toi » ne veut pas dire que tu vas entrer au Panthéon, cerné par des chats en faux plaqué or faux égyptiens, et/ou accompagné par la belle voix grave d'André Malraux.

Ça signifie : « Ah ben faut quand même oser. »
Le type débarque en retard, vide le frigo, critique le confit, se plaint que c'est du foie de canard et pas d'oie, pour finir par exiger un café ?
« T’es quelqu’un, toi. »
C’est un faux compliment typique, tout enrobé de sucre, tout fourré au fil barbelé , une marmotte homicide dans du papier alu blindé.

Parce qu’en gascon, on adore rappeler aux gens qu’ils prennent un peu trop leurs aises… poliment, tout en admirant secrètement qu’ils aient eu le culot de le faire.

Le plus beau, c’est que selon le ton, ça peut vouloir dire exactement l’inverse : moquerie, affection, admiration ou menace diplomatique. Une phrase où on peut te féliciter et te remettre à ta place dans le même shot.

Accessoirement, ça m’a toujours plongée dans de larges abîmes de perplexité qu’on puisse simplement reprocher leur existence aux gens.
« T’es quelqu’un, toi. »
Oui. En effet. Je ne suis ni un paillasson ni un gratte-bottes.
Mais bon, c'est moi, con.

@Jeanneadebats un pote du sud-ouest me fait toujours marrer quand il sort d'un air assez impressionné à quelqu'un qui mériterait d'être insulté (même si ce n'est pas bien) "t'es pas un con, toi!". Le triste individu ne sait alors plus comment réagir mais ne peut que se calmer (peut-être le gabarit de ce pote y est-il pour quelque chose aussi)
@Jeanneadebats
"Entre ici Jean Moulin" avec un accent gascon ça aurait eu encore plus de classe.
@Jeanneadebats
On le dit aussi par chez moi dans le grand-est

@Jeanneadebats qui ose critiquer le confit ! 😱

"Une phrase où on peut te féliciter et te remettre à ta place dans le même shot."

Héhé ! je comprend mieux d'où je tiens cette faculté à féliciter les gens tout en les remettant à leur place... 😅 Merci les origines !

Ah ah, vous, vous êtes un sacré sans-gêne ! | George Abitbol.fr

Purée ! Ah, ah, ça, j'aime ! Ah ah ah, vous arrivez, vous êtes même pas chez vous, vous vous pointez avec trois quarts d'heure de retard, pas bonjour, pas merci, vous filez tout droit au frigo, vous prenez la dernière bière... Ah ah, vous, vous êtes un sacré sans-gêne ! Merci. Oh, arrêtez, vous me gênez, je vais rougir.

George Abitbol.fr