Aujourd'hui c'était le pot de retraite d'un collègue #chercheur cofondateur de la structure où je travaille. Ses collègues ont loué son enthousiasme, sa rigueur scientifique et sa vision, son caractère d'architecte de projets et de collectifs. Lui a mis en avant la gratitude d'avoir pu être payé toutes ces années pour être curieux, d'avoir eu l'opportunité de faire de l'échange au cours des contextes de formation.
Il a rappelé l'importance de la recherche publique non seulement pour la production de connaissance actionnable ou d'un produit concret, mais aussi pour fournir une culture scientifique à tout le monde, d'offrir une voie de rationalité pour éclairer les discussions et les débats.
Il a aussi remercié ses collègues pour le compagnonnage scientifique et la construction de projet collectif qui leur a permis d'avancer ensemble.
J'avais un peu travaillé avec lui, je ne prétends pas le connaître, mais il m'a fait penser à cet autre directeur de recherche qui m'avait recruté à l'époque. Je leur trouvais un point commun d'avoir été des piliers d'un champ disciplinaire dans la recherche en lien avec les sciences naturelles et l'environnement, d'avoir été des moteurs pendant des décennies guidés par leur curiosité scientifique insatiable et leur faculté à gérer le côté administratif relou.
Un point commun aussi dans le moment où ils ont commencé leur carrière, dans un contexte où les inconnus étaient plus nombreux, où beaucoup de bases restaient à poser.
En tout cas son discours m'a semblé intéressant, il résonnait avec bon nombre de valeurs qui me sont chères et j'ai reçu son discours comme un témoignage passionnant de ce qu'une trajectoire exceptionnelle dans la recherche publique pouvait être.
Le monsieur n'est pas parfait, loin de là. J'ai eu des témoignages d'étudiants frustrés de son manque de disponibilité ou de ses thésards qui avaient un peu galéré. Mais la plupart reconnaissent son envie de partager ses connaissances et son goût de la recherche, son humilité et sa capacité de remise en question, son caractère humaniste.
Je sais bien qu'il faut tuer ses idoles, ce monsieur n'en est pas une mais je respecte et admire ce qu'il a réussi à réaliser au niveau du collectif de recherche et sa curiosité tenace. On n'a pas besoin de modèles mais on a besoin d'inspiration, surtout en ce moment.