Lectures, relectures ! Qui a (re)lu Hurlevent ? Vu le film ?

Récemment j’ai relu « Les Hauts de #hurlevent ». #wutheringheights J’avais adoré ado, je me suis demandé si vingt ans après j’allais trouver ça naze ou problématique (romantisation de la violence sous prétexte de passion, etc). Eh bien pas du tout. Je trouve que c’est, plus qu’un livre sur la passion, un livre sur la solitude, sur le rapport à l’autre, à l’étranger.

Il me semble que, bien loin de romantiser cette solitude sauvage, le roman se moque de cette tentation, que ce soit par le personnage d’Isabelle (bien punie d’avoir cru voir en Heathcliff en héros de roman), ou par le personnage du premier narrateur, Lockwood, le dandy londonien qui prend une posture de misanthrope mais qui déchante vite lorsqu'il est confronté à une une vraie misanthropie (ah, l'ironie du début du récit!!!)
Pourquoi y a-t-il alors autant de lectures, qui vont romantiser (de manière plus ou moins mièvre, plus ou moins tournée vers la «dark romance») ce livre ? (visiblement le dernier film en fait une réadaptation à la mode Barbie, pas vu, mais ça a l’air affreux) C’est la question que posent Sarah Delale, Elodie Pinel et Marie-Pierre Tachet dans « Pour en finir avec la passion. L’abus en littérature ». Ce livre m’intéresse, mais je ne le suis pas entièrement.
Il décortique très bien des représentations problématiques chez des auteurs et des autrices (Duras dans « L’Amant » et Ernaux dans « Passion simple » ne sont pas en reste). Mais, méthodologiquement, je n’arrive pas à comprendre si les autrices interprètent les représentations à l’aune d’une intention consciente de l’auteur/autrice, de stéréotypes d’époque qui les traversent, ou de leur portée morale aujourd’hui. Ce point me semble trop flou.
J’aime que le livre assume de poser la question morale des œuvres (question qu’on rejette souvent sous des prétextes faciles) mais je trouve la conclusion simpliste : les bonnes lectures seraient celles qui nous permettraient « de faire des bons choix dans notre vie affective », et les mauvaises lectures celles qui ne le permettent pas, c'est un peu court.
Sinon parmi les réécritures de Hurlevent, il y a «Taro, un vrai roman» de Minae Mizumura, visiblement un phénomène au Japon, mais qui m'a vite lassée. Vous l'avez lu?

@laelia_ve

Je n'ai pas lu le livre adolescent mais seulement très largement adulte (grâce à @pyviv ). Il m'a laissé une impression bizarre mais pas forcément problématique.

J'ai bien aimé l'article dan The Conversation sur les adaptations cinématographiques même si je n'en ai vu aucune. J'y ai trouvé quelques clés de lecture qui m'ont intéressé.

https://theconversation.com/au-cinema-les-adaptations-des-hauts-de-hurlevent-romantisent-les-relations-violentes-277900

Au cinéma, les adaptations des « Hauts de Hurlevent » romantisent les relations violentes

Les nombreuses adaptations des « Hauts de Hurlevent » ont tendance à romantiser la violence de la relation entre Cathy et Heathcliff, tout en éludant la deuxième partie du livre, qui en fait bien plus qu’un roman d’amour.

The Conversation
@tisaac @laelia_ve effectivement, c'est un de mes livres préférés, lus à l'adolescence et plusieurs fois depuis. J'ai vu la bande annonce de la dernière adaptation et ça m'a vraiment écœurée, comme un contresens sur le livre. Alors que globalement, j'aime bien voir des adaptations des livres que je lis et je ne suis pas du tout puriste
@pyviv @tisaac moi aussi, je suis ouverte aux réinterprétations... mais là ça a l'air vraiment d'être une déformation
@tisaac @pyviv ah je n'avais pas vu passer l'article, merci pour la ref!