Le dernier film de Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre, pourrait ressembler à une plongée terrifiante dans l’Amérique de Trump… sauf qu’il adapte un roman de 1990 et qu’il a été tourné en 2024. En tout cas, c’est une œuvre coup de poing vraiment bluffante, une leçon de cinéma et une démonstration spectaculaire de la part du casting. Je recommande sans hésiter !

Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson - Le blog de Nicolas Furno
Dix ans après Inherent Vice, Paul Thomas Anderson se risque à nouveau à adapter du Thomas Pynchon. C’est toujours un défi et le premier essai souffrait probablement d’une bizarrerie trop marquée, rebutant une large partie du public. Une bataille après l’autre est bien différent toutefois, peut-être parce que l’adaptation du romancier est plus libre et nettement moins tortueuse. Même si le projet est bien plus ancien que l’administration américaine actuelle, même si le cinéaste n’a pas pu s’inspirer des camps de concentration établis par ICE, la proximité avec notre réalité est troublante. C’est certainement un argument fort en faveur du projet et une justification importante de son succès, tant critique que public. Le réalisateur signe une œuvre ambitieuse et ample, longue sans jamais être ennuyeuse, foisonnante sans tomber dans l’obscur. Portée par la musique de Johnny Greenwood comme toujours, le film est un vrai plaisir à suivre en même temps qu’un coup de poing assez terrible sur notre triste réalité et qu’un cours magistral bluffant de la part du casting.