Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat : FMM est sous pression financière alors que les guerres hybrides, notamment informationnelles et numériques, se sont intensifiées. Budget : 300 millions, contre + de 400 millions en Allemagne et… 2 milliards pour la Chine ou la Russie.
Notre budget a baissé en euros constante de plus de 14%. Tout a été rationalisé, tout est au plus juste. Et nous ne pouvons tenir sans stabilité budgétaire qui accompagne les glissements de coûts, d’autant que la valeur, c’est le travail des salarié.e.s. En clair : la masse salariale. Cette année le budget des correspondants est raboté de 8%. Notre socle d’activités est menacé.
Le rapporteur budgétaire Roger Karoutchi souligne l’incohérence entre les missions à remplir et le niveau des financements. Et pourtant la guerre de l’information est de plus en plus dure.
N’attendons pas qu’il soit trop tard face à la concurrence. l’information de qualité est une impérieuse nécessité démocratique. Et pourtant les négociation sur le budget semblent ne pas prendre davantage acte des urgences que des missions impossibles auxquelles le groupe est confronté.
Aujourd’hui, plus d’un-demi milliard de personnes ont accès aux chaînes de France Médias Monde, les audiences augmentent de façon significative, sur le numérique en particulier où les vidéos sont un pivot de croissance.
Le cœur du métier, c’est le terrain, avec des journalistes mobilisés dans le monde entier, sur les fronts parfois les plus dangereux, mais aussi avec une charge de travail démente.
Dans nos rédactions, on trouve des salarié.e.s avec des dizaines de nationalités. Beaucoup vivent des moments extrêmement difficiles en lien avec l’actualité conflictuelle du monde.
Depuis que les États-Unis ont détruit leur audiovisuel extérieur, France Médias Monde se mobilise pour se développer dans des zones où l’information est en recul et les médias manquent. Un « bouclier » de « défense informationnelle ». En clair : produire de l’information indépendante, vérifiée, et la diffuser, partout où cela est possible.
https://youtu.be/LNHuLeZgChk?feature=shared
YouTubeTrois rédactions ont été montées à Dakar, Bucarest et Beyrouth. En Roumanie ils sont confrontés à des campagnes de désinformation d’ampleur. À Beyrouth, ils vivent sous les bombes avec leur famille et continuent de travailler.
Parmi les travaux essentiels de nos rédactions : le débunkage de fausses informations. Des procédures existent pour la prise de décision, la vérification, et nous parvenons à démonter des campagnes d’infox via l’information. Cela passe aussi par le reportage.
Nous sommes confrontés à des attaques informatiques au quotidien. Les plateformes de leur côté, noient l’information et invisibilisent le travail journalistique. Dans le même temps, nos contenus sont pillés par l’IA, sans partage correct de la valeur. Nous avons besoin de souveraineté.
Les ambitions de l’État sont contraires à la réalité de son engagement. Jusqu’à présent, les salarié.e.s ont donné, fait des efforts, renoncé à des revalorisations, travaillé davantage, tout en sachant leurs missions menacées si rien ne change. Il est temps.