1. Océan

Elle était partie confiante, avec des caisses contenant gâteaux à volonté, jus de citron et eau, médocs, chocolat et veste de pluie.
Mais voilà, sa boussole avait glissée entre ses doigts à la première embardée et, cinq jours après, la tempête avait déchiré ses voiles.
Maintenant, ballotée en tout sens, après avoir mangé ses derniers biscuits rancis et bu toute sa ration d’eau, elle se demandait vague après vague qu’est-ce qu’elle était allée foutre sur l’océan du doute.
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2. Voile

C’était exactement le vaisseau que Nael avait toujours rêvé d’avoir.
Pas un de ces vaisseaux affûtés et bourrés d’électronique utilisés par les légions spéciales de la Fédération, mais un fiable, plus vieux que l’empire unioniste lui-même, discret avec ses voiles électromagnétiques et bricolé avec amour.
Il y avait même une cabine pour capitaine : un lit de 140 cm de large et une toute petite douche pour lui tout seul.
- Alors ? demanda son futur second.
- On prend.

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3. Naviguer
Ce n’était à la base qu’un pari pour impressionner la jolie brune du bar. Iel le regrettait une fois sur le lac, à naviguer sous une nuit sans lune avec son portable comme lampe.
Soudainement, des rires cristallins et des remous autour d’iel. Une femme sortit à moitié de l’eau, lae regarda avec un sourire charmeur et des yeux de biche.
Le temps se figea.
Iel sursauta quand la bouche de la sirène s’ouvrît sur des dents pointues et bascula par dessus bord.

Un pari de perdu.

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4. Ponton
Le projecteurs du drone passait à travers les lattes mais Azza ne lâcha pas le pied en bois pourri. Est-ce qu’elle coulerait comme Wazek ? Non, son corps percé de balles avait flotté, les yeux vers les étoiles qu’iels visaient toustes.
Il ne restait plus qu’elle.
L’eau boueuse était froide et sa nuque la brûlait, là où il y avait eu sa puce. Elle tint jusqu’au départ du drone, plus cinq minutes à claquer des dents. Puis Azza se hissa sur le ponton et courut vers la liberté.
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5. Tribord
Sous les rames des forçat-es, le bateau virait de plus à plus à tribord. Les tribordi faisaient régner la terreur, frappaient les gens pour garder le rythme, jetaient à l'eau celleux hors de leur norme.
Après une AG, les babordies actèrent le refus des mort-es et des souffrances.
Iels quittèrent toustes leur banc et iels crièrent : "Siamo tutti anti-tribordi !".
Par l’union, iels mirent fin au règne de haine et d'injustice et levèrent la voile multicolore.
Direction babord.
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