Cent mille réfugiés : 1952 - 1962 : un exode algérien à la frontière ouest
Un des traits importants de la guerre d?Algérie, même
si cela n?a pas été le plus spectaculaire, est l?ampleur
et la dureté des déplacements qu?elle a imposés
aux populations. Pourtant on pourrait croire, à première
vue, que c?est au contraire à l?immobilité
qu?elles sont astreintes; prenons l?exemple de l?Oranie,
dès 1955, ?villes indigènes?, ?villages
nègres?, y sont soumis à l?isolement, aux
barbelés, aux contrôles avec fouille à l?entrée
comme à la sortie, aux rafles massives, aux punitions collectives.
Dans les campagnes, les secteurs d?opérations contre les
maquis deviennent des zones interdites (v. carte), se déplacer
pour son travail devient dangereux, ou simplement pénible: contrôles,
longues attentes, brutalités. Mais comment immobiliser le travail,
la vie, pendant des années? Plus s?accroissent les contraintes,
plus les hommes bougent. Ceux qui le peuvent émigrent à
la ville (famille éloignée, bidonville) ou à l?étranger;
la plupart des autres à partir de la 2e moitié 1957 sont
cantonnés d?autorité, le plus souvent loin de leurs
terres, dans les ?villages de regroupement?.