Les Maîtres ne s'y trompent pas: ils se préparent, s'arment jusqu'aux dents, étendent la surveillance autant qu'ils le peuvent, parce qu'ils savent que la situation est intenable et que la révolte gronde. S'ils ne se donnent plus la peine de nous tenir des propos lénifiants et de nous promettre des miettes, s'ils ont perdu toute honte et étalent leur haine au grand jour, c'est qu'ils savent que leur position ne tient plus que sur la violence et la peur. Ils ruent et regimbent, car ils voient bien qu'ils marchent vers le précipice.

C'est un fait historique avéré que les révolutionnaires sont les premiers surpris·es lorsqu'une situation révolutionnaire se présente. Les Maîtres, eux, n'ont pas le choix d'être beaucoup plus lucides; ils pensent à la révolution chaque seconde de leur temps de veille et la nuit, en font des cauchemars. À nous de réaliser leurs rêves.