street press analyse:

RN, le plafond de verre n’a pas explosé

En tête au premier tour, plusieurs candidats RN, épinglés pour des propos racistes ou leurs liens avec des groupuscules, ont échoué à emporter les municipalités malgré leur avance. Preuve que le plafond de verre existe toujours bien pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen. Les plus notables sont évidemment les cadres Laure Lavalette et Julien Sanchez. En tête au premier tour avec 42,05% des suffrages, la candidate anti-IVG a perdu à Toulon (83) au second malgré ses 47,65% des voix. Quant à l’ancien maire de Beaucaire, qui a mis en place une politique discriminatoire des commerces, il n’a glané « que » 38% au second tour à Nîmes (30), battu par le candidat communiste.

Notons également les défaites des députés Thierry Tesson à Douai (59), José Beaurain à Chauny (02), Bénédicte Auzanot à Cavaillon (84) ou Joëlle Mélin à Aubagne (13). La déception a également touché les petites mains du parti comme Teddy Robin à Ozoir-la-Ferrière (77) ou Hager Jacquemin à Châtellerault (86). Si le RN n’a évidemment pas évoqué ces cas, ils montrent que les casseroles de ses candidats et le front républicain peuvent toujours lui barrer la route dans sa course au pouvoir.

Face au RN, rien n’est perdu

Jordan Bardella a été, hier soir, le premier chef de parti à prendre la parole. Une façon d’imposer d’emblée son récit aux médias. Il évoque « des victoires par dizaines », signe selon lui d’une percée historique. Une lecture qui mérite d’être nuancée.

Le Rassemblement national et ses alliés (UDR, IDL…) remportent 71 communes. Des succès concentrés dans une France de villes moyennes, souvent des sous-préfectures. Dix municipalités de plus de 30.000 habitants — Montauban, Fréjus, Cagnes, Carcassonne, Castres, Six-Fours, Marignane, Carpentras, Menton, La Seyne-sur-Mer — mais seulement deux au-delà de 100.000 : Perpignan et Nice.

La banalisation du RN reste donc inachevée. Le parti échoue à conquérir Marseille et surtout Toulon, qu’il avait lui-même érigé en objectif prioritaire. Dans les deux cas, le front républicain a fait son office : ses candidats ne progressent que de 5% entre les deux tours. Son implantation territoriale demeure, par ailleurs, profondément inégale avec des gains concentrés sur le pourtour méditerranéen, dans le Nord et en Lorraine. Dit autrement : l’immense majorité du territoire refuse de confier les clefs de ses villes à l’extrême droite.

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