Je vous le dis sinon vous n’en entendrez pas parler, car les médias français sont foncièrement nuls à traiter de l’actualité dès que ça dépasse les frontières.
Là où quasiment aucun français ne peut expliquer convenablement le mode de scrutin des municipales (une semi-proportionnelle à deux tours conditionnels avec des règles de validation, de fusion, c’est un jeu TV le truc…), aux Pays-Bas, c’est dramatiquement simple.
Ce système permet à de « petits » candidats ayant un réel impact sur la vie locale de se faire élire, peu importe leur place sur la liste. Vous pouvez voter sans crainte pour votre candidat VRAIMENT préféré car votre voix ne sera jamais perdue dans tous les cas ; la notion de « vote utile » n’existe pas. Et si vous voulez juste voter pour « une liste » sans connaître les candidats, il suffit de voter pour la tête de liste, ce que beaucoup de gens font simplement.
Dernier détail qui a son importance : ces élections sont ouvertes aux résidents qui n’ont pas la citoyenneté ! Vous avez le droit de voter aux municipales si vous êtes citoyen de l’Union européenne, ou avez vécu en continu aux Pays-Bas pendant au moins cinq ans.
Vous aurez noté que je n’ai pas parlé du maire, ou devrais-je dire bourgmestre (burgemeester). Pour une raison très simple : son rôle est beaucoup moins fort qu’en France. En bref, on s’en fout un peu.
Le bourgmestre est nommé pour six ans par décret royal, mais ce choix doit être validé en conseil municipal. Dans les faits, il s’agit toujours d’un nom représentatif de la tendance politique dominante du conseil municipal, et il est même de coutume que ce soit le conseil municipal qui propose un candidat à la Couronne. Notez bien que je parle de « tendance » plus que de partis car il n’arrive jamais qu’un conseil municipal soit dominé à plus de 50% par un seul parti, ici c’est la culture de la recherche de consensus et de coalition (on reviendra sur le concept de coalition un autre jour, promis…). Le profil demandé est celui d’un fonctionnaire : on n’exige pas forcément un background dans la vie politique active ou « électorale ».
Le bourgmestre fait partie du conseil exécutif de la municipalité, qu’il préside ; mais il ne fait pas partie du conseil municipal (= pouvoir législatif de la municipalité) et n’y dispose pas d’un droit de vote. Le conseil municipal dirige la ville, pas le bourgmestre ! En pratique, c’est un administrateur.
Ah oui, intéressant !
En France, le contrôle administratif est géré par les préfets, au niveau départemental.
Effectivement, rien à voir avec le maire.
C'est chouette de voir les différences.
C'est très similaire aux élections sociales en Belgique (élection des représentants syndicaux dans les entreprises).
La principale diff c'est que tu peux voter pour autant de candidats que de sièges disponibles (mais ces candidats doivent être sur une même liste) ou bien pour la liste elle-même (et là l'ordre des candidats sur la liste est d'importance décroissante)
Ce que j'apprécie surtout c'est le mode d'attribution des sièges au moment du dépouillement: il s'agit de faire un calcul pour chaque siège disponible de sorte que les listes "un peu minoritaires" parviennent quand même à avoir au moins un siège pour s'exprimer.
Les grands gagnants ont plus de sièges certes, mais les petits ne sont pas en reste.
@ombremad marrant ce système ! après jsuis jamais trop fan des scrutins où tu ne désignes que ton choix préféré, pas ton second ou troisième choix
je trouve que ça a de la valeur de pouvoir exprimer «jveux celui-là mais SURTOUT PAS cet autre» et que ça se reflète dans les résultats (en tout cas en france c’est uniquement grâce à ça qu’on a pas encore des nazis partout)
@ombremad genre dans un cas où 10% des gens veulent le Parti Faf Puant, et que les 90% restants ont des choix variés mais veulent surtout pas le PFP
avec un truc proportionnel à 1 tour le PFP a 10% des sièges
avec un système de 2eme tour ou de plusieurs choix dans l’urne, il a moins
(si je me trompe pas)
@ombremad ça pour moi c’est pas la faute des modes de scrutin, c’est parce que c’est l’extrême-droite qui a le plus d’électeurs et qu’elle est devenue respectable pour le reste des gens
mais oui j’imagine que tel ou tel scrutin ça dépend de comment la démocratie fonctionne (et que ça influe ce fonctionnement), mais bon j’aime bien pouvoir donner mon 2nd choix quand même 🤷
@zotof bah si, le mode de scrutin fait que dans les mairies le parti « gagnant » a au moins 50% des élus, en général dans les 70% (et donc plus ou moins les mains libres), y compris si c’est l’extrême-droite et y compris si ils auraient dû n’avoir que 25 à 30% des sièges dans un mode de scrutin à simple tour proportionnel.
Dans un cas, un parti décide seul, et obtient un nombre de sièges qui ne représente pas du tout le % réel de personnes ayant voté pour.
Dans l’autre cas, un conseil municipal est toujours composé de multiples partis dont aucun ne dispose de la majorité absolue, ce qui propose selon moi de bien meilleures garanties qu’une proposition absurde ne sera jamais votée, et encourage le travail parlementaire réel.
@ombremad ah oui j’aurais du être plus clair, je défends pas la prime à la majorité par contre !
d’autant plus que à lyon ça rend l’élection de la métropole (circonscriptions + prime majoritaire) totalement incomprehénsible
@ombremad je suis désolé je pense que je vais pas réussir à être clair mdr
l’idée générale c’est que si y’a 4 partis qui ont chacun 25% de sympathisants, mais que l’un d’entre eux c’est les puants que personne ne désire à part leurs sympathisants (genre si tu demandes à un·e random électeurice des 75% restants de faire son classement des 4 partis, iel va toujours mettre les puants en bon dernier)
ben ça me parait chouette que les puants aient moins de 25% des sièges
et ça on l’obtient si on permet aux électeurices d’exprimer plus d’un seul choix (soit parce que y’a 2 tours, soit parce qu’iel fait un classement sur son bulletin, soit autrement chépo)