Prenez les écoles privées catholiques : des réseaux fermés, des financements publics, une sélection sociale. C’est du communautarisme subventionné. Mais personne ne les attaque. Pourquoi ? Parce que c’est la norme. Le privilège, c’est aussi ça : ne pas avoir à se justifier.
La solidarité des dominants est jugée comme naturelle, et celle des dominés, une menace. L'éditorialisme de plateau dans la défense de l’ordre établi.
Et sans surprise, ça se reflète dans le discours public autour du vote. Quand une ville comme Saint-Denis vote massivement pour un candidat LFI noir, c’est du "séparatisme".
Mais quand des gens plus aisés font pareil à Nice pour un candidat que même Nathalie Saint-Cricq qualifie de fasco, c’est la "démocratie".
La différence ? Le premier dérange l’ordre établi. Le second, le renforce.
Alors on va le redire encore une fois : le "communautarisme", c’est un mot-valise pour éviter de parler de racisme et de classe.
Les quartiers populaires ne sont pas "communautarisés" : ils sont abandonnés.
Les CSP+ n'ont pas l'exclusivité du "mérite" : en revanche ils et elles sont bien plus nombreux·ses à avoir hériter.
Le "communautarisme", c'est un outil politique qui sert à criminaliser les solidarités des dominés, tout en naturalisant celles des dominants.
Ok alors maintenant que j'ai fait manger les gouyats, un tour par la bibliothèque :
J'ai "Le Communautarisme en France", de Fabrice Dhume-Sonzogni. De mémoire, ça retrace bien l'historique et comment le terme est rapatrié d'une critique des communautés américaines et réadapté à la lutte contre les cités dans les années 2000, notamment par Sarkozy et consorts.
@[email protected] Ah ! Je connais ce que ta BD décrit ! Ça s'appelle le m'hérite !