Pause café. Je regarde "Vu" et j'entends le concept "d'électorat communautarisé". Vous vous en doutez, c'est encore une fois pour parler des classes populaires et non-blanches.
Le "communautarisme", c’est quand même un concept formidable. Les musulmans dont on suppose SANS ÉLÉMENTS de preuve et par pure ESSENTIALISME qu'ils votent pareil ? Un "danger pour la République." Les chrétiens réac. CSP+ qui font de même quand ils votent Knafo ? Un retour de la "défense des valeurs traditionnelles". Communautarisme ? Noooooon.

Prenez les écoles privées catholiques : des réseaux fermés, des financements publics, une sélection sociale. C’est du communautarisme subventionné. Mais personne ne les attaque. Pourquoi ? Parce que c’est la norme. Le privilège, c’est aussi ça : ne pas avoir à se justifier.

La solidarité des dominants est jugée comme naturelle, et celle des dominés, une menace. L'éditorialisme de plateau dans la défense de l’ordre établi.

Nous, les dominants (car j'ai conscience d'en faire partie), on n'a pas de "communautés". On a des "réseaux". On ne défend pas d'intérêts, on défend des "identité". Le langage n’est pas innocent : il reflète qui a le droit d’exister politiquement et pour quel projet.

Et sans surprise, ça se reflète dans le discours public autour du vote. Quand une ville comme Saint-Denis vote massivement pour un candidat LFI noir, c’est du "séparatisme".

Mais quand des gens plus aisés font pareil à Nice pour un candidat que même Nathalie Saint-Cricq qualifie de fasco, c’est la "démocratie".

La différence ? Le premier dérange l’ordre établi. Le second, le renforce.

Alors on va le redire encore une fois : le "communautarisme", c’est un mot-valise pour éviter de parler de racisme et de classe.

Les quartiers populaires ne sont pas "communautarisés" : ils sont abandonnés.

Les CSP+ n'ont pas l'exclusivité du "mérite" : en revanche ils et elles sont bien plus nombreux·ses à avoir hériter.

Le "communautarisme", c'est un outil politique qui sert à criminaliser les solidarités des dominés, tout en naturalisant celles des dominants.

Désolé, c'est un peu redondant mais la pause est finie. Pas le temps de recommander des lectures mais s'il y a des motivé·es pour le faire, allez-y en réponse(s), je boosterai.

Ok alors maintenant que j'ai fait manger les gouyats, un tour par la bibliothèque :

J'ai "Le Communautarisme en France", de Fabrice Dhume-Sonzogni. De mémoire, ça retrace bien l'historique et comment le terme est rapatrié d'une critique des communautés américaines et réadapté à la lutte contre les cités dans les années 2000, notamment par Sarkozy et consorts.

Et le second qui parle bien de communautarisme, je trouve, est "Politique de l'extrême-centre", de Alain Deneault, qui explique comment le terme a été utilisé par un alliance des élites de droite et de gauche (réunies par le néolibéralisme) pour créer des ennemis imaginaires bien pratiques pour masquer son incapacité à résoudre les crises sociales.
@borisschapira oui, toutefois je nuancerais : le communautarisme c'est simplement les autres, ça marche aussi pour dénoncer les juifs ou les protestants, fussent-ils CSP+.
@borisschapira aujourd'hui (je ne sais plus où), j'ai vu le mot "m'hérite" pour décrire celà.
Genre: Ils ont beaucoup de m'hérite...
PH7831 (@[email protected])

@[email protected] Ah ! Je connais ce que ta BD décrit ! Ça s'appelle le m'hérite !

Mastodon Chapril
@borisschapira @plonivel
Sans oublier que les plus " communautaristes" sont les très riches, qui ne vivent qu'entre eux.
@borisschapira Euhhh ça dépend beaucoup de quel privé (typiquement en Bretagne c'est faux sur le côté fermé et marqué socialement).
Et on peut dire la même chose des gros lycées type Henri IV ou plus bassement des lycées publics à option type section internationale. Ça fait aussi du communautarisme social et c'est totalement public
@borisschapira Et dans ma petite ville pas prestigieuse je vois des parents expliquer pourquoi ils vont demander une dérogation d'affectation pour la maternelle de leur môme. Dans le public. Parce que c'est sympa d'habiter un quartier où l'immobilier n'est pas cher mais faudrait pas aller à l'école des pauvres tout de même